Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Et Nous ne saurions être devancés »
[Sourate al-Wâqiʿah, v. 60]
C’est-à-dire : vaincus. Il a été dit à ce propos : « ʿalā », c’est-à-dire « Il a prévalu ».(1)

Cette interprétation est corroborée par sa parole, ﷺ, rapportée dans le ḥadith :
« Lorsque le liquide de l’homme devance celui de la femme, ils engendrent un garçon ; et lorsque le liquide de la femme devance celui de l’homme, ils engendrent une fille. »

Le qâḍî Abû Bakr ibn al-ʿArabî a bâti, à partir de ces aḥâdîth, la construction suivante :
« Il y a, pour les deux fluides, quatre états :

  1. le liquide de l’homme sort en premier ;
  2. le liquide de la femme sort en premier ;
  3. le liquide de l’homme sort en premier et il est plus abondant ;
  4. le liquide de la femme sort en premier et il est plus abondant.

Le classement se complète encore par le cas où le liquide de l’homme sort le premier puis celui de la femme après lui, mais en quantité supérieure, et inversement. Ainsi :
– Si le liquide de l’homme sort en premier et qu’il est le plus abondant, l’enfant est un garçon du fait de la priorité, et il ressemble à ses oncles paternels en raison de l’abondance.
– Si le liquide de la femme sort en premier et qu’il est le plus abondant, l’enfant est une fille du fait de la priorité, et il ressemble à ses oncles maternels en raison de la prédominance.
– Si le liquide de l’homme sort en premier, puis celui de la femme après lui et qu’il est plus abondant, l’enfant est un garçon par priorité, et il ressemble à ses oncles maternels par la prédominance du liquide de la femme.
– Si le liquide de la femme précède, mais que celui de l’homme, lorsqu’il sort, l’emporte sur le sien, l’enfant est une fille par priorité du liquide de la femme, et il ressemble à ses oncles paternels par la prédominance du liquide de l’homme. »

Il conclut :
« Lorsque ces catégories sont ordonnées ainsi, la parole se tient, et toute opposition entre les aḥâdîth disparaît. Gloire donc au Créateur, l’Omniscient. »

Troisièmement –
Nos savants disent : la création se poursuivit, homme et femme, jusqu’à ce que, durant la première jāhiliyyah, apparût le khunthâ (l’intersexué). On le présenta alors au patriarche et doyen des Arabes, le très âgé ʿÂmir ibn al-Ẓarib ; il ne sut que statuer et reporta la question. Lorsque la nuit tomba, l’affaire le troubla : il changea de place, son lit devint inconfortable, il se tourna et se retourna, les pensées venaient et s’en allaient.

Sa servante, étonnée de son état, lui dit : « Qu’as-tu ? » Il répondit : « Je veille à propos d’une affaire sur laquelle je ne sais que décider. » – « Quelle affaire ? », demanda-t-elle. – « Un être qui possède à la fois un sexe masculin et un sexe féminin : comment doit-il être traité dans la succession ? »

La servante dit : « Attribue-lui l’héritage d’après l’endroit d’où il urine. » Il retint sa parole, puis, au matin, l’exposa aux gens, qui l’acceptèrent avec satisfaction. L’Islâm entérina cette règle ; elle ne fut cependant appliquée qu’à l’époque de ʿAlî – qu’Allâh l’agrée –, lequel trancha la question.

Les spécialistes des partages successoraux ont rapporté, d’après al-Kalbî, d’après Abû Ṣāliḥ, d’après Ibn ʿAbbâs, que le Prophète ﷺ fut interrogé au sujet d’un nouveau-né doté à la fois d’un sexe masculin et d’un sexe féminin : « De quel côté doit-il hériter ? » Il répondit : « Du côté par lequel il urine. » Il a également été rapporté…

(1) Note de l’éditeur arabe.

" وَما نَحْنُ بِمَسْبُوقِينَ" [الواقعة: ٦٠] أَيْ بِمَغْلُوبِينَ قِيلَ «١» عَلَيْهِ: عَلَا. وَيُؤَيِّدُ هَذَا التَّأْوِيلُ قَوْلُهُ فِي الْحَدِيثِ: (إِذَا سَبَقَ مَاءُ الرَّجُلِ مَاءَ الْمَرْأَةِ أَذْكَرَا وَإِذَا سَبَقَ مَاءُ المرأة ماء الرجل أنثى) . وَقَدْ بَنَى الْقَاضِي أَبُو بَكْرِ بْنُ الْعَرَبِيِّ عَلَى هَذِهِ الْأَحَادِيثِ بِنَاءً فَقَالَ: إِنَّ لِلْمَاءَيْنِ أَرْبَعَةَ أَحْوَالٍ: الْأَوَّلُ أَنْ يَخْرُجَ مَاءُ الرَّجُلِ أَوَّلًا، الثَّانِي أَنْ يَخْرُجَ مَاءُ الْمَرْأَةِ أَوَّلًا، الثَّالِثُ أَنْ يَخْرُجَ مَاءُ الرَّجُلِ أَوَّلًا وَيَكُونُ أَكْثَرَ، الرَّابِعُ أَنْ يَخْرُجَ مَاءُ الْمَرْأَةِ أَوَّلًا وَيَكُونُ أَكْثَرَ. وَيَتِمُّ التَّقْسِيمُ بِأَنْ يَخْرُجَ مَاءُ الرَّجُلِ أَوَّلًا ثُمَّ يَخْرُجُ مَاءُ الْمَرْأَةِ بَعْدَهُ وَيَكُونُ أَكْثَرَ أَوْ بِالْعَكْسِ، فَإِذَا خَرَجَ مَاءُ الرَّجُلِ أَوَّلًا وَكَانَ أَكْثَرَ جَاءَ الْوَلَدُ ذَكَرًا بِحُكْمِ السَّبْقِ وَأَشْبَهَ الْوَلَدُ أَعْمَامَهُ بِحُكْمِ الْكَثْرَةِ. وَإِنْ خَرَجَ مَاءُ الْمَرْأَةِ أَوَّلًا وَكَانَ أَكْثَرَ جَاءَ الْوَلَدُ أُنْثَى بِحُكْمِ السَّبْقِ وَأَشْبَهَ أَخْوَالَهُ بِحُكْمِ الْغَلَبَةِ. وَإِنْ خَرَجَ مَاءُ الرَّجُلِ أَوَّلًا لَكِنْ لَمَّا خَرَجَ مَاءُ الْمَرْأَةِ بَعْدَهُ كَانَ أَكْثَرَ كَانَ الْوَلَدُ ذَكَرًا بِحُكْمِ السَّبْقِ وَأَشْبَهَ أَخْوَالَهُ بِحُكْمِ غَلَبَةِ مَاءِ الْمَرْأَةِ. وَإِنْ سَبَقَ مَاءُ الْمَرْأَةِ لَكِنْ لَمَّا خَرَجَ مَاءُ الرَّجُلِ كَانَ أَعْلَى مِنْ مَاءِ الْمَرْأَةِ كَانَ الْوَلَدُ أُنْثَى بِحُكْمِ سَبْقِ مَاءِ الْمَرْأَةِ وَأَشْبَهَ أَعْمَامَهُ بِحُكْمِ غَلَبَةِ مَاءِ الرَّجُلِ. قَالَ: وَبِانْتِظَامِ هَذِهِ الْأَقْسَامِ يَسْتَتِبُّ الْكَلَامُ وَيَرْتَفِعُ التَّعَارُضُ عَنِ الْأَحَادِيثِ، فَسُبْحَانَ الْخَالِقِ الْعَلِيمِ. الثَّالِثَةُ- قَالَ عُلَمَاؤُنَا: كَانَتِ الْخِلْقَةُ مُسْتَمِرَّةً ذَكَرًا وَأُنْثَى إِلَى أَنْ وَقَعَ فِي الْجَاهِلِيَّةِ الْأُولَى الْخُنْثَى فَأُتِيَ بِهِ فَرِيضَ الْعَرَبِ وَمُعَمِّرَهَا «٢» عَامِرَ بْنَ الظَّرِبِ فَلَمْ يَدْرِ مَا يَقُولُ فِيهِ وَأَرْجَأَهُمْ عَنْهُ، فَلَمَّا جَنَّ عَلَيْهِ اللَّيْلُ تَنَكَّرَ مَوْضِعَهُ، وَأَقَضَّ عَلَيْهِ مَضْجَعَهُ، وجعل يتقلى وَيَتَقَلَّبُ، وَتَجِيءُ بِهِ الْأَفْكَارُ وَتَذْهَبُ، إِلَى أَنْ أَنْكَرَتْ خَادِمُهُ حَالَهُ فَقَالَتْ: مَا بِكَ؟ قَالَ لَهَا: سَهِرْتُ لِأَمْرٍ قَصَدْتُ بِهِ فَلَمْ أَدْرِ مَا أَقُولُ فِيهِ؟ فَقَالَتْ مَا هُوَ؟ قَالَ لَهَا: رَجُلٌ لَهُ ذَكَرٌ وَفَرْجٌ كَيْفَ يَكُونُ حَالُهُ فِي الْمِيرَاثِ؟ قَالَتْ لَهُ الْأَمَةُ: وَرِّثْهُ مِنْ حَيْثُ يَبُولُ، فَعَقَلَهَا وَأَصْبَحَ فَعَرَضَهَا عَلَيْهِمْ وَانْقَلَبُوا بِهَا رَاضِينَ. وَجَاءَ الْإِسْلَامُ عَلَى ذَلِكَ فَلَمْ تَنْزِلْ إِلَّا فِي عَهْدِ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فَقَضَى فِيهَا. وَقَدْ رَوَى الْفَرْضِيُّونَ عَنِ الْكَلْبِيُّ عَنْ أَبِي صَالِحٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ سُئِلَ عَنْ مَوْلُودٍ لَهُ قُبُلٌ وَذَكَرٌ مِنْ أَيْنَ يُوَرَّثُ؟ قَالَ: مِنْ حَيْثُ يَبُولُ. وروي
(١). في ل هـ: قيل غلبه. (٢). في ابن العربي:" ومعتمدها". ويقال أنه عاش ثلاثمائة عام.

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