Exempt de tout besoin, préservé de toute atteinte – ainsi qu’Il Se nomme Lui-même : « Le Très-Saint, le Pacifique » –, Allâh créa Âdam à partir de la terre, puis Il créa Ḥawwâ’ à partir d’Âdam, et Il fit surgir la génération issue d’eux deux, ordonnée par l’acte d’union charnelle ; elle provient de la conception, se développe dans l’embryon et apparaît à la naissance.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Si le liquide de l’homme devance celui de la femme, l’enfant sera un garçon ; et si le liquide de la femme devance celui de l’homme, l’enfant sera une fille » [1].
Il est rapporté également dans le Ṣaḥîḥ :
« Si le liquide de l’homme domine celui de la femme, l’enfant ressemblera à ses oncles paternels ; et si le liquide de la femme domine celui de l’homme, l’enfant ressemblera à ses oncles maternels. »
Je dis : tel est le sens du ḥadith d’‘Âʾisha – et non sa formulation exacte – que Muslim a rapporté d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr, selon lequel une femme demanda au Messager d’Allâh ﷺ : « La femme doit-elle se laver (ghusl) lorsqu’elle fait un rêve érotique et qu’elle voit du liquide ? » – Il répondit : « Oui. » ‘Âʾisha lui dit alors : « Que tes mains se couvrent de poussière et que tu périsses ! » [2] Le Messager d’Allâh ﷺ dit alors : « Laisse-la donc ! Et d’où viendrait la ressemblance, sinon de cela ? Si son liquide domine celui de l’homme, l’enfant ressemblera à ses oncles maternels ; et si le liquide de l’homme domine le sien, il ressemblera à ses oncles paternels. »
Nos savants disent : d’après ce ḥadith, la domination (al-‘ulū) entraîne la ressemblance.
Il est également rapporté, dans le ḥadith de Thawbân transmis par Muslim, que le Prophète ﷺ dit à un Juif :
« Le liquide de l’homme est blanc, et celui de la femme jaunâtre. Lorsqu’ils se rencontrent, si le sperme de l’homme prévaut sur celui de la femme, par la permission d’Allâh, l’enfant sera un garçon ; et si celui de la femme prévaut sur celui de l’homme, par la permission d’Allâh, l’enfant sera une fille… » (fin du ḥadith).
Dans ce ḥadith également, la prédominance est considérée comme déterminant la masculinité ou la féminité. D’après l’implication des deux ḥadiths, il s’ensuivrait donc que, si le sperme de l’homme domine, ressemblance aux oncles paternels et masculinité vont de pair ; et inversement, si le sperme de la femme domine, ressemblance aux oncles maternels et féminité vont ensemble, puisque les deux effets relèvent d’une seule et même cause. Or la réalité observée contredit cela : nous constatons en effet la ressemblance aux oncles maternels avec un garçon, et la ressemblance aux oncles paternels avec une fille. Il faut donc interpréter l’un des deux ḥadiths.
Le ḥadith qui doit être interprété est celui de Thawbân ; on dira alors : le terme « dominer » (al-‘ulū) signifie ici « précéder le liquide dans l’utérus ». En effet, la domination a pour sens la prééminence, comme dans l’expression : « Un tel m’a devancé et je l’ai devancé », c’est-à-dire : « je l’ai surpassé » ; de même dans la Parole d’Allâh – Très-Haut – :