d’un œil à la vue défaillante.
Yûnus dit : le « min » a ici la valeur de la préposition « bi », c’est-à-dire : « ils regardent d’un regard furtif », autrement dit : un regard affaibli par l’humiliation et la crainte ; c’est également l’opinion rapportée d’al-Akhfash.
Ibn ʿAbbâs a dit : « d’un regard flétri et humble ».
On a encore avancé qu’ils redoutent de la fixer de toute la force de leurs yeux, à cause de ce qu’ils voient des différentes formes du châtiment.
« Et ceux qui ont cru dirent : “Les perdants, certes, sont ceux qui, au Jour de la Résurrection, ont perdu leur propre personne et leurs familles.” »
Autrement dit : les croyants, dans le Paradis, lorsqu’ils voient ce qui est advenu aux mécréants, déclarent que la véritable perte est celle à laquelle sont arrivés ces derniers ; car ils ont perdu leurs propres personnes, étant dans un supplice éternel, et ils ont perdu leurs familles : si ces dernières sont dans le Feu, elles ne leur sont d’aucune utilité ; et si elles sont au Paradis, un voile infranchissable a été dressé entre eux et elles.
On a dit aussi : la perte de la famille signifie que, s’ils avaient cru, ils auraient eu pour proches, au Paradis, des houris aux grands yeux.
Dans les Sunan d’Ibn Mâjah, d’après Abû Hurayrah, qu’Allâh l’agrée, le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – a dit :
« Il n’est aucun d’entre vous qui ne possède deux demeures : une demeure au Paradis et une demeure dans le Feu. Lorsque l’homme meurt et entre dans le Feu¹, les gens du Paradis héritent de sa demeure ; telle est la parole du Très-Haut : ﴾Ceux-là sont les héritiers﴿ [al-Muʾminûn : 10]. » – Ce hadith a déjà été cité².
Dans le Musnad de ad-Dârimî, d’après Abû Umâmah, le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – a dit :
« Il n’est personne qu’Allâh fasse entrer au Paradis sans qu’Il ne le marie à soixante-douze épouses parmi les houris aux grands yeux et à soixante-dix autres provenant de l’héritage qu’il recevra des gens du Feu ; pas une d’entre elles ne possède un sexe qui ne soit exquis, et lui aura un membre viril qui ne fléchit point. »
Hishâm b. Khâlid a expliqué : « … provenant de son héritage des gens du Feu », c’est-à-dire des hommes qui ont été introduits dans le Feu ; les gens du Paradis héritèrent de leurs épouses, tout comme l’épouse de Pharaon fut héritée.
« Qu’on le sache ! Les injustes seront, certes, dans un châtiment permanent », c’est-à-dire éternel, sans interruption. Cette phrase peut être considérée comme faisant partie de la parole des croyants, ou bien comme un nouveau propos émanant d’Allâh, exalté soit-Il.
[ Sûrat ash-Shûrâ (42) : 46 ]
« Et ils n’auront point d’alliés pour les secourir, en dehors d’Allâh, et quiconque Allâh égare ne trouvera pour lui aucune voie. »
Parole du Très-Haut : « Ils n’auront pas d’alliés », c’est-à-dire d’appuis et de protecteurs, « qui les secourent en dehors d’Allâh », c’est-à-dire contre Son châtiment. « Et quiconque Allâh égare, il n’aura aucune voie », c’est-à-dire aucune route qui le mène à la Vérité dans ce monde, ni au Paradis dans l’Au-delà, car la voie du salut lui a été fermée.
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¹ C’est-à-dire s’il fait partie des damnés.
² Voir la mention précédente de ce hadith.