Deuxièmement –
Parole du Très-Haut :
« La rétribution d’une mauvaise action est une mauvaise action de même nature. »
Les savants ont dit : Allah a divisé les croyants en deux catégories. Une catégorie pardonne à l’oppresseur ; c’est par eux qu’Il a commencé en disant : « … et lorsqu’ils se mettent en colère, ils pardonnent » (Ash-Shûrâ, 37). L’autre catégorie se défend contre celui qui leur a fait tort.
Il a ensuite précisé la limite de cette riposte par Sa parole : « La rétribution d’une mauvaise action est une mauvaise action équivalente », de sorte que l’on se défend de l’injuste sans transgresser.
Muqâtil et Hishâm b. Ḥujayr ont dit : cela concerne le blessé qui exerce le talion sur son agresseur, sans aller plus loin par des insultes ou des invectives ; c’est aussi l’avis d’Ach-Shâfiʿî, d’Abû Ḥanîfah et de Sufyân.
Sufyân rapporta qu’Ibn Shubrumah disait : « Il n’y a personne à La Mecque qui égale Hishâm. »
Ach-Shâfiʿî a interprété ce verset en ce sens qu’il est permis à la personne lésée de prélever, à l’insu de celui qui l’a trompée, l’équivalent de ce dont elle a été lésée dans ses biens. Il s’est appuyé, pour cela, sur la parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — adressée à Hind, l’épouse d’Abû Sufyân : « Prends de son bien ce qui te suffit, à toi et à tes enfants. » Il lui permit ainsi de le faire sans son autorisation. Cette question a déjà été exposée en détail dans la sourate Al-Baqarah (1).
Ibn Abî Najîḥ a dit : cela se rapporte à la réciprocité dans les blessures. Si l’on dit : « Qu’Allah l’avilisse » ou « Qu’Allah le maudisse », il est permis de répondre par une formule identique ; en revanche, on ne répond pas à une accusation de fornication par une accusation semblable, ni au mensonge par le mensonge.
As-Suddi a dit : Allah n’a loué que celui qui se défend de l’agresseur sans dépasser la mesure du tort subi, contrairement aux excès que pratiquaient les Arabes. La rétribution est qualifiée de « mauvaise action » parce qu’elle correspond à la mauvaise action initiale : le premier a nui dans les biens ou le corps, et le talion le fait souffrir de la même manière. Tout cela a déjà été exposé dans Al-Baqarah (2).
Troisièmement –
Parole du Très-Haut :
« Mais quiconque pardonne et rétablit l’harmonie… »
Ibn ʿAbbâs a dit : quiconque renonce au talion et se réconcilie avec l’oppresseur par le pardon, « sa récompense incombe à Allah », c’est-à-dire qu’Allah le récompensera pour cela.
Muqâtil a ajouté : le pardon fait partie des œuvres vertueuses. Ce sujet a déjà été traité de façon suffisante dans Âl ʿImrân (3). Louange à Allah.
Abû Nuʿaym al-Ḥâfiẓ a rapporté d’après ʿAlî b. al-Ḥusayn — qu’Allah les agrée — qu’il a dit :
« Au Jour de la Résurrection, un héraut proclamera : “Où sont les gens du mérite ?” Des hommes se lèveront et l’on dira : “Partez vers le Paradis.” Les anges viendront à leur rencontre et diront : “Vers où allez-vous ?” Ils répondront : “Vers le Paradis.” Les anges diront : “Avant même le jugement ?” Ils répondront : “Oui.” Les anges demanderont : “Qui êtes-vous ?” Ils répondront : “Nous sommes les gens du mérite.” Les anges diront : “Quel était votre mérite ?” Ils répondront : “Quand on faisait preuve d’ignorance à notre égard, nous faisions preuve de clémence…”»