« Il a été permis à ceux qu’on combat parce qu’ils ont subi une injustice, et Allah est certes capable de les secourir ; ceux qui ont été expulsés… » — l’ensemble des versets.
On a dit également : il s’agit d’une disposition générale concernant l’iniquité de tout oppresseur, qu’il soit mécréant ou autre ; c’est-à-dire que, lorsqu’ils subissent l’injustice d’un injuste, ils ne se soumettent pas à son oppression. Ceci fait allusion à l’injonction d’ordonner le bien, d’interdire le blâmable et d’appliquer les peines légales.
Ibn al-ʿArabî a dit : Allah a évoqué la riposte à l’oppression dans un contexte de louange, et Il a cité le pardon de la faute, ailleurs, dans un autre contexte de louange. Il se pourrait donc que l’un des deux textes abroge l’autre, et il se pourrait que cela renvoie à deux situations distinctes.
La première est que l’oppresseur affiche ouvertement sa perversité, se montre effronté en public, nuisant aux petits comme aux grands ; dans ce cas, le châtier est préférable.
À propos d’un tel cas, Ibrâhîm an-Nakhaʿî a dit : « Ils détestaient s’avilir eux-mêmes, de peur que les dépravés n’osent s’en prendre à eux. »
La seconde est qu’il s’agisse d’un faux pas, ou que cela provienne de quelqu’un qui reconnaît sa faute et implore le pardon ; ici, le pardon est préférable, et c’est à ce propos qu’a été révélé : « Et que vous pardonniez est plus proche de la piété » (Al-Baqarah, 237), ainsi que Sa parole : « Quiconque en fait don, cela constitue pour lui une expiation » (Al-Mâʾidah, 45), et Sa parole : « Qu’ils pardonnent et fassent grâce. N’aimez-vous pas qu’Allah vous pardonne ? » (An-Nûr, 22).
Je dis : cela est pertinent. C’est également ce qu’a rapporté Al-Kiyâ at-Tabarî dans ses Ahkâm ; il a dit : la parole du Très-Haut : « Et ceux qui, lorsqu’une injustice les atteint, se défendent » indique, dans son sens apparent, que la riposte est, ici, préférable. Ne vois-tu pas qu’Il l’a associée à l’obéissance à Allah, exalté soit-Il, et à l’accomplissement de la prière ? Cela s’accorde avec ce qu’a rapporté Ibrâhîm an-Nakhaʿî : ils réprouvaient que les croyants s’avilissent eux-mêmes au point que les pervers osent s’en prendre à eux. Cela concerne celui qui transgresse et persiste dans son injustice, tandis que le pardon est prescrit lorsque l’auteur de l’offense se repent et renonce [à son tort].
Puis, immédiatement après ce verset, Il dit : « Et quiconque se défend après avoir subi une injustice, ceux-là n’encourent aucun blâme. » Cela implique l’autorisation de se venger, non son obligation. Il a ensuite conclu par : « Mais celui qui patiente et pardonne : voilà bien là une résolution parmi les plus fermes. » Ceci concerne le pardon accordé à celui qui ne persévère pas dans l’iniquité ; quant à celui qui s’obstine dans l’oppression et l’injustice, il est préférable de se défendre contre lui, comme l’indique le verset précédent.
On a encore dit : c’est-à-dire que, lorsqu’ils sont atteints par l’injustice, ils se portent mutuellement secours jusqu’à l’écarter et la repousser ; tel est l’avis d’Ibn Bahr. Le propos se rattache ainsi à la généralité, comme nous l’avons exposé.