Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« wa-yaʿlam(u) »
Certains (parmi les lecteurs) le récitent au nominatif, tandis que les autres le récitent à l’accusatif.

La lecture au nominatif s’explique par une reprise indépendante après la proposition conditionnelle et sa réponse, à l’instar de la Parole du Très-Haut dans la sourate at-Tawbah :
« … Il les humilie
et vous accorde la victoire sur eux »
(9 : 14),
puis Il dit :
« et Allah accueille le repentir de qui Il veut »
(9 : 15),
autre verbe lu, lui aussi, au nominatif.

On trouve un procédé semblable dans la langue courante :
« Si tu viens à moi, je te comblerai, et ʿAbd-Allâh partira »,
ou encore si l’on considère le verbe comme le prédicat d’un sujet implicite.

La lecture à l’accusatif relève, elle, de la licence dite aṣ-ṣarf ; ainsi, dans la Parole d’Allah :
« Allah n’a pas encore distingué ceux d’entre vous qui combattent ni reconnu les endurants »
(Âl ʿImrân, 3 : 142),
on est passé de l’état apocopé à l’état accusatif pour alléger la prononciation et éviter la succession d’apocopés.

Le poète an-Nâbighah l’illustre dans ces vers :
A « Si périt Abou Qâbous, alors survient le drame,
A Le printemps des humains s’enfuit, tout comme le mois sacré – même drame.
B Puis l’on s’accroche, plus tard, à la queue d’une vie sans flamme,
B Dos lourd, sans bosse aucune, sans honneur ni rame. »

Tel est le sens du propos d’al-Farrâ’ : « Si l’on mettait “wa-yaʿlam” à l’apocopé, ce serait également correct. »

Az-Zajjāj dit : le verbe est à l’accusatif du fait de la suppression de la particule “an”, car il est précédé d’un verbe apocopé ; on dit en arabe : « Ce que tu fais, je le fais pareillement et je t’honore (wa-ukrimuka) », et, si l’on veut, « wa-ukrimk » au jasm. Dans certains exemplaires du Muṣḥaf on lit « wa-li-yaʿlam », ce qui montre que l’accusatif signifie : « afin qu’Il sache ».

Abû ʿAlî et al-Mubarrad expliquent que l’accusatif résulte de l’ellipse de “an”, le premier verbe étant traité comme un nom verbal : « qu’il y ait de Sa part pardon et qu’Il sache » ; le passage au nominal entraîne l’ellipse de “an”, comme dans la phrase : « Si tu viens et que tu me donnes, je t’honorerai », où l’on met « tu me donnes » à l’accusatif – c’est-à-dire : « s’il y a de ta part venue et don ».

Le terme « min maḥîṣ » signifie « aucune fuite, aucune échappatoire », selon Qutrub ; as-Suddî précise : « aucun refuge », dérivé de leur expression : « le chameau ḥâṣa d’un bond quand on le lance ». De là l’idiome : « Un tel yaḥîṣu ʿan al-ḥaqq », c’est-à-dire : il se détourne de la vérité.

[Sourate ash-Shûrâ, 42 : 36]
« Tout ce qui vous a été donné n’est que jouissance éphémère de la vie d’ici-bas ; mais ce qui est auprès d’Allah est meilleur et plus durable pour ceux qui ont cru et qui placent leur confiance en leur Seigneur. »

" وَيَعْلَمَ" بِالرَّفْعِ، الْبَاقُونَ بِالنَّصْبِ. فَالرَّفْعُ عَلَى الِاسْتِئْنَافِ بَعْدَ الشَّرْطِ وَالْجَزَاءِ، كَقَوْلِهِ فِي سُورَةِ التَّوْبَةِ: " وَيُخْزِهِمْ «١» وَيَنْصُرْكُمْ عَلَيْهِمْ" [التوبة: ١٤] ثُمَّ قَالَ: " وَيَتُوبُ اللَّهُ عَلى مَنْ يَشاءُ" [التوبة: ١٥] رَفْعًا. وَنَظِيرُهُ فِي الْكَلَامِ: إِنْ تَأْتِنِي آتِكَ وَيَنْطَلِقُ عَبْدُ اللَّهِ. أَوْ عَلَى أَنَّهُ خَبَرُ ابْتِدَاءٍ مَحْذُوفٍ. وَالنَّصْبُ عَلَى الصَّرْفِ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: " وَلَمَّا يَعْلَمِ اللَّهُ الَّذِينَ جاهَدُوا مِنْكُمْ وَيَعْلَمَ الصَّابِرِينَ" «٢» [آل عمران: ١٤٢] صُرِفَ مِنْ حَالِ الْجَزْمِ إِلَى النَّصْبِ اسْتِخْفَافًا كَرَاهِيَةً لِتَوَالِي الْجَزْمِ، كَقَوْلِ النَّابِغَةِ: فَإِنْ يَهْلِكْ أَبُو قَابُوسَ يَهْلِكْ ... رَبِيعُ النَّاسِ وَالشَّهْرُ الْحَرَامُ «٣» وَيُمْسِكُ بَعْدَهُ بِذِنَابِ عَيْشٍ ... أَجَبَّ الظَّهْرِ لَيْسَ لَهُ سَنَامُ «٤» وَهَذَا مَعْنَى قَوْلِ الْفَرَّاءِ، قَالَ: وَلَوْ جَزَمَ " وَيَعْلَمَ" جَازَ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: نُصِبَ عَلَى إِضْمَارِ " أَنْ" لِأَنَّ قَبْلَهَا جَزْمًا، تَقُولُ: مَا تَصْنَعُ أَصْنَعُ مِثْلَهُ وَأُكْرِمُكَ. وَإِنْ شِئْتَ قُلْتَ: وَأُكْرِمْكَ بِالْجَزْمِ. وَفِي بَعْضِ الْمَصَاحِفِ " وَلِيَعْلَمَ" . وَهَذَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّ النَّصْبَ بِمَعْنَى: وَلِيَعْلَمَ أَوْ لِأَنْ يَعْلَمُ. وَقَالَ أَبُو عَلِيٍّ وَالْمُبَرِّدُ: النَّصْبُ بِإِضْمَارِ " أَنْ" عَلَى أَنْ يَجْعَلَ الْأَوَّلَ فِي تَقْدِيرِ الْمَصْدَرِ، أَيْ وَيَكُونُ مِنْهُ عَفْوٌ وَأَنْ يَعْلَمَ، فَلَمَّا حَمَلَهُ. عَلَى الِاسْمِ أَضْمَرَ أَنْ، كَمَا تَقُولُ: إِنْ تَأْتِنِي وَتُعْطِينِي أُكْرِمُكَ، فَتَنْصِبُ تُعْطِينِي، أَيْ إِنْ يَكُنْ مِنْكَ إِتْيَانٌ وَأَنْ تُعْطِيَنِي. وَمَعْنَى " مِنْ مَحِيصٍ" أَيْ مِنْ فِرَارٍ وَمَهْرَبٍ، قَالَهُ قُطْرُبٌ. السُّدِّيُّ: مِنْ مَلْجَأٍ وَهُوَ مَأْخُوذٌ مِنْ قَوْلِهِمْ: حَاصَ بِهِ الْبَعِيرُ حَيْصَةً إِذَا رَمَى بِهِ. وَمِنْهُ قَوْلُهُمْ: فُلَانٌ يحيص عن الحق أي يميل عنه. [[سورة الشورى (٤٢) : آية ٣٦]] فَما أُوتِيتُمْ مِنْ شَيْءٍ فَمَتاعُ الْحَياةِ الدُّنْيا وَما عِنْدَ اللَّهِ خَيْرٌ وَأَبْقى لِلَّذِينَ آمَنُوا وَعَلى رَبِّهِمْ يَتَوَكَّلُونَ (٣٦)
(١). آية (١٤) (٢). آية ١٤٢ سورة آل عمران. (٣). أبو قابوس: كنيته النعمان بن المنذر، يريد أنه كان كالربيع في الخصب لمجتديه، وكالشهر الحرام لجاره، أي لا يوصل إلى من أجاره. والمعنى: إن يمت النعمان يذهب خير الدنيا لأنها كانت تعمر به وبجوده وعدله ونفعه للناس، ومن كان في ذمته وسلطانه فهو آمن على نفسه محقون الدم كما يأمن الناس في الشهر الحرام على أموالهم ودمائهم. (٤). ذناب كل شي: عقبه ومؤخره. واجب الظهر مقطوع السنام. يقول: إن مات بقينا في طرف عيش قد مضى صدره ومعظمه وختره، وقد بقي منه ذنبه. [ ..... ]

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