Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La balance s’est rétablie ; la troupe s’est immobilisée, elle s’est apaisée.

Les « marâkid » sont les endroits où l’homme — ou tout autre — demeure immobile.

Qatâdah a récité : « fa-yaẓlilna » en plaçant une kasrah sur la première lâm, considérant qu’il s’agit d’un dialecte, à l’instar de ḍalaltu, aḍillu¹. Il l’a également récitée avec une fatha sur la lâm, forme la plus répandue.

« En cela il y a certes des signes » : c’est-à-dire des indices et des preuves ; « pour tout serviteur extrêmement patient et reconnaissant » : patient dans l’épreuve, reconnaissant dans le bien-être.

Qutrub a dit : « Quel excellent serviteur que celui qui est patient et reconnaissant ; lorsqu’il reçoit, il remercie, et lorsqu’il est éprouvé, il endure. »

ʿAwn b. ʿAbd Allâh a déclaré : « Que de comblés ne remercient pas ; que d’éprouvés ne patientent pas. »

[Sourate ash-Shûrâ (42), versets 34-35]
« Ou bien Il les anéantit pour ce qu’ils ont acquis, tout en pardonnant beaucoup » (34) ; « et afin que ceux qui contestent Nos signes sachent qu’ils n’ont aucune échappatoire » (35).

Parole du Très-Haut :
« Ou Il les anéantit pour ce qu’ils ont acquis » : autrement dit, s’Il le veut, Il change le vent en tempêtes et fait périr les navires, c’est-à-dire qu’Il les fait sombrer à cause des péchés de leurs occupants. D’aucuns ont dit : Il fait périr les passagers des navires.

« Et Il pardonne beaucoup » : Il épargne un grand nombre d’entre eux, si bien qu’Il ne les noie pas avec le navire — rapporté par al-Mâwardî. D’autres ont dit : « Il pardonne beaucoup », c’est-à-dire qu’Il passe sur de nombreux péchés, et Allâh les sauve ainsi de la perdition.

Al-Qushayrî a commenté : la lecture la plus répandue est « wa-yaʿfu » avec le jazm (sukûn) ; elle présente cependant une difficulté, car le sens serait : « S’Il veut, Il calme le vent, les navires demeurent immobiles puis Il les détruit pour les péchés de leurs passagers » ; il ne convient donc pas de coordonner « yaʿfu » à cette condition, car le sens deviendrait : « S’Il veut, Il pardonne », ce qui n’est pas l’intention. L’intention est plutôt d’informer du pardon sans condition de volonté ; il s’agit donc d’une conjonction au verbe jazmé quant à la forme, non quant au sens. Certains ont récité « wa-yaʿfu » au nominatif ; cette lecture est correcte quant au sens.

« Et afin que ceux qui disputent Nos signes sachent qu’ils n’ont aucune issue » : il s’agit des mécréants ; lorsqu’ils se trouvent au milieu de la mer, que les vents les assaillent de toutes parts ou que les navires restent immobiles, ils réalisent qu’ils n’ont de refuge qu’en Allâh et qu’aucune force ne peut les protéger si Allâh veut les faire périr ; ils Lui vouent alors un culte exclusif. Ce sens a déjà été exposé en divers passages, et l’exposé relatif à la navigation maritime figure dans la sourate « Al-Baqarah » et ailleurs, rendant inutile toute répétition. Nāfiʿ et Ibn ʿĀmir ont lu

الْمِيزَانُ اسْتَوَى. وَرَكَدَ الْقَوْمُ هَدَءُوا. وَالْمَرَاكِدُ: الْمَوَاضِعُ الَّتِي يَرْكُدُ فِيهَا الْإِنْسَانُ وَغَيْرُهُ. وَقَرَأَ قَتَادَةُ " فَيَظْلِلْنَ" بِكَسْرِ اللَّامِ الْأُولَى عَلَى أَنْ يَكُونَ لُغَةً، مِثْلُ ضَلَلْتُ «١» أَضِلُّ. وَفَتَحَ اللَّامَ وَهِيَ اللُّغَةُ الْمَشْهُورَةُ. " إِنَّ فِي ذلِكَ لَآياتٍ" أَيْ دَلَالَاتٍ وَعَلَامَاتٍ " لِكُلِّ صَبَّارٍ شَكُورٍ" أَيْ صَبَّارٍ عَلَى الْبَلْوَى شَكُورٍ عَلَى النَّعْمَاءِ. قَالَ قُطْرُبٌ: نِعْمَ الْعَبْدُ الصَّبَّارُ الشَّكُورُ، الَّذِي إِذَا أُعْطِيَ شَكَرَ وَإِذَا ابْتُلِيَ صَبَرَ. قَالَ عَوْنُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ: فَكَمْ مِنْ مُنْعَمٍ عَلَيْهِ غَيْرِ شاكر، وكم من مبتلى غير صابر. [سورة الشورى (٤٢) : الآيات ٣٤ الى ٣٥] أَوْ يُوبِقْهُنَّ بِما كَسَبُوا وَيَعْفُ عَنْ كَثِيرٍ (٣٤) وَيَعْلَمَ الَّذِينَ يُجادِلُونَ فِي آياتِنا مَا لَهُمْ مِنْ مَحِيصٍ (٣٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: " أَوْ يُوبِقْهُنَّ بِما كَسَبُوا" أَيْ وَإِنْ يَشَأْ يَجْعَلْ الرِّيَاحَ عَوَاصِفَ فَيُوبِقِ السُّفُنَ، أَيْ يُغْرِقْهُنَّ بِذُنُوبِ أَهْلِهَا. وَقِيلَ: يُوبِقْ أَهْلَ السُّفُنِ. " وَيَعْفُ عَنْ كَثِيرٍ" مِنْ أَهْلِهَا فَلَا يُغْرِقُهُمْ مَعَهَا، حَكَاهُ الْمَاوَرْدِيُّ. وَقِيلَ: " وَيَعْفُ عَنْ كَثِيرٍ" أَيْ وَيَتَجَاوَزُ عَنْ كَثِيرٍ مِنَ الذنوب فينجيهم الله من الهلاك. قال القشري: وَالْقِرَاءَةُ الْفَاشِيَةُ " وَيَعْفُ" بِالْجَزْمِ، وَفِيهَا إِشْكَالٌ، لِأَنَّ الْمَعْنَى: إِنْ يَشَأْ يُسْكِنُ الرِّيحَ فَتَبْقَى تِلْكَ السُّفُنُ رَوَاكِدَ وَيُهْلِكُهَا بِذُنُوبِ أَهْلِهَا، فَلَا يَحْسُنُ عَطْفُ " يَعْفُ" عَلَى هَذَا، لِأَنَّهُ يَصِيرُ «٢» الْمَعْنَى: إِنْ يَشَأْ يَعْفُ، وَلَيْسَ الْمَعْنَى ذَلِكَ بَلِ الْمَعْنَى الْإِخْبَارُ عَنِ الْعَفْوِ مِنْ غَيْرِ شَرْطِ الْمَشِيئَةِ، فَهُوَ إِذًا عَطْفٌ عَلَى الْمَجْزُومِ مِنْ حَيْثُ اللَّفْظُ لَا مِنْ حَيْثُ الْمَعْنَى. وَقَدْ قرأ قوم " وَيَعْفُ" بِالرَّفْعِ، وَهِيَ جَيِّدَةٌ فِي الْمَعْنَى. " وَيَعْلَمَ الَّذِينَ يُجادِلُونَ فِي آياتِنا مَا لَهُمْ مِنْ مَحِيصٍ" يَعْنِي الْكُفَّارَ، أَيْ إِذَا تَوَسَّطُوا الْبَحْرَ وَغَشِيَتْهُمُ الرِّيَاحُ مِنْ كُلِّ مَكَانٍ أَوْ بَقِيَتِ السُّفُنُ رَوَاكِدَ عَلِمُوا أَنَّهُ لَا مَلْجَأَ لَهُمْ سِوَى اللَّهِ، وَلَا دَافِعَ لَهُمْ إِنْ أَرَادَ اللَّهُ إِهْلَاكَهُمْ فَيُخْلِصُونَ لَهُ الْعِبَادَةَ. وَقَدْ مَضَى هَذَا الْمَعْنَى فِي غَيْرِ مَوْضِعٍ «٣» ، وَمَضَى الْقَوْلُ فِي رُكُوبِ الْبَحْرِ فِي " الْبَقَرَةِ" «٤» وَغَيْرِهَا بِمَا يُغْنِي عن إعادته. وقرا نافع وابن عامر
(١). في الأصول:" ظللت أظل" بالظاء المعجمة. والتصويب عن الكشاف. (٢). في ح: لأنه إن يشأ يعف. (٣). راجع ج ٨ ص ٣٢٥ وج ١٣ ص ٣ (٢٢٣) (٤). راجع ج ٢ ص ١٩٥ طبعه ثانية.

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