Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

mais bien au funeste présage de votre mécréance. La première explication est, de loin, la plus répandue, la plus explicite et la plus célèbre.

Thâbit al-Bunânî rapporte : « L’on disait jadis : les heures de souffrance effacent les heures de péchés. »

À ce sujet, deux avis sont émis :

  1. Pour les adultes, l’épreuve constitue un châtiment, tandis que, pour les enfants, elle se transforme en rétribution méritoire.
  2. Il s’agit d’un châtiment général : il atteint les adultes dans leurs propres personnes, et atteint les enfants par ricochet, à travers leurs père et mère.

« Et Il pardonne une grande part » : c’est-à-dire qu’Il efface nombre de péchés pour lesquels aucune peine légale n’est appliquée ; tel est le sens voulu par al-Ḥasan.

On a également dit : il s’agit d’innombrables pécheurs envers lesquels Il diffère le châtiment.

« Et vous ne pourrez jamais réduire Allah à l’impuissance sur terre » : autrement dit, vous ne Le dépasserez pas et ne Lui échapperez point.

« Et, en dehors d’Allah, vous ne trouverez ni protecteur ni secoureur » : cela a déjà été exposé à plusieurs reprises.

[Sourate ash-Shûrâ, 42 : 32-33]
« Parmi Ses signes, les vaisseaux voguant sur la mer, pareils à des montagnes (32). S’Il veut, Il apaise le vent et ils demeurent alors immobiles à sa surface. Il y a en cela des signes pour tout serviteur extrêmement patient et reconnaissant (33). »

Parole du Très-Haut :
« Parmi Ses signes figurent les vaisseaux (al-jawârî) sur la mer, semblables à des montagnes. » C’est-à-dire : parmi les marques attestant Sa puissance, les navires qui sillonnent la mer, tant leur taille est imposante qu’on les prend pour des monts.

« Al-aʿlâm » désigne les montagnes. Le singulier de « al-jawârî » est « jâriyah ». Allah — Très-haut — dit : « Lorsque les eaux débordèrent, Nous vous fîmes porter dans le vaisseau » (al-Ḥâqqah : 11). On l’appelle « jâriyah » parce qu’il « court » sur l’eau.

Le mot « jâriyah » désigne aussi la jeune femme, ainsi nommée parce que « coule » en elle l’eau (la vitalité) de la jeunesse.

Mujâhid a dit : « al-aʿlâm » signifie les palais, le singulier étant « ʿalam », comme le rapporte ath-Thaʿlabî ; al-Mâwardî rapporte de lui qu’il entendait plutôt les montagnes.

Al-Khalîl a déclaré : « Tout ce qui, chez les Arabes, s’élève au-dessus du sol est un ʿalam. »

Al-Khan­sâ’ pleurant son frère Sakhr déclama :
Certes, Sakhr, par sa vaillance, guide les conducteurs, (A)
On le dirait mont dressé, la flamme au faîte luit en ardeurs. (A)

« S’Il veut, Il apaise les vents » : ainsi l’ont lu les gens de Médine, « ar-riyâḥ » au pluriel.

« Alors ils demeurent immobiles à sa surface » : c’est-à-dire que les navires restent figés sur la mer et n’avancent plus. L’eau, lorsqu’elle se « rakada », se calme ; il en est de même du vent, du navire ou du soleil lorsqu’il atteint le zénith. Tout ce qui reste fixe en un lieu est dit « râkid ». Et « rakada… »

بِشُؤْمِ كُفْرِكُمْ. وَالْأَوَّلُ أَكْثَرُ وَأَظْهَرُ وَأَشْهَرُ. وَقَالَ ثَابِتٌ الْبُنَانِيُّ: إِنَّهُ كَانَ يُقَالُ سَاعَاتُ الْأَذَى يُذْهِبْنَ سَاعَاتِ الْخَطَايَا. ثُمَّ فِيهَا قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّهَا خَاصَّةٌ فِي الْبَالِغِينَ أَنْ تَكُونَ عُقُوبَةً لَهُمْ، وَفِي الْأَطْفَالِ أَنْ تَكُونَ مَثُوبَةً لَهُمْ. الثَّانِي- أَنَّهَا عُقُوبَةٌ عَامَّةٌ لِلْبَالِغِينَ فِي أَنْفُسِهِمْ والأطفال في غيرهم من والد ووالدة. " وَيَعْفُوا عَنْ كَثِيرٍ" أَيْ عَنْ كَثِيرٍ مِنَ الْمَعَاصِي أَلَّا يَكُونَ عَلَيْهَا حُدُودٌ، وَهُوَ مُقْتَضَى قَوْلِ الْحَسَنِ. وَقِيلَ: أَيْ يَعْفُو عَنْ كَثِيرٍ مِنَ الْعُصَاةِ أَلَّا يَعْجَلَ عَلَيْهِمْ بِالْعُقُوبَةِ. " وَما أَنْتُمْ بِمُعْجِزِينَ فِي الْأَرْضِ" أَيْ بِفَائِتِينَ اللَّهَ، أَيْ لَنْ تُعْجِزُوهُ وَلَنْ تَفُوتُوهُ " وَما لَكُمْ مِنْ دُونِ اللَّهِ مِنْ وَلِيٍّ وَلا نَصِيرٍ" تَقَدَّمَ في غير موضع «١» . [سورة الشورى (٤٢) : الآيات ٣٢ الى ٣٣] وَمِنْ آياتِهِ الْجَوارِ فِي الْبَحْرِ كَالْأَعْلامِ (٣٢) إِنْ يَشَأْ يُسْكِنِ الرِّيحَ فَيَظْلَلْنَ رَواكِدَ عَلى ظَهْرِهِ إِنَّ فِي ذلِكَ لَآياتٍ لِكُلِّ صَبَّارٍ شَكُورٍ (٣٣) قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَمِنْ آياتِهِ الْجَوارِ فِي الْبَحْرِ كَالْأَعْلامِ" أَيْ وَمِنْ عَلَامَاتِهِ الدَّالَّةِ عَلَى قُدْرَتِهِ السُّفُنُ الْجَارِيَةُ فِي الْبَحْرِ كَأَنَّهَا مِنْ عِظَمِهَا أَعْلَامٌ. وَالْأَعْلَامُ: الْجِبَالُ، وَوَاحِدُ الْجَوَارِي جَارِيَةٌ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " إِنَّا لَمَّا طَغَى الْماءُ حَمَلْناكُمْ فِي الْجارِيَةِ" «٢» [الحاقة: ١١] . سُمِّيَتْ جَارِيَةً لِأَنَّهَا تَجْرِي فِي الْمَاءِ. وَالْجَارِيَةُ: هِيَ الْمَرْأَةُ الشَّابَّةُ، سُمِّيَتْ بِذَلِكَ لِأَنَّهَا يَجْرِي فِيهَا مَاءُ الشَّبَابِ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: الْأَعْلَامُ الْقُصُورُ، وَاحِدُهَا عَلَمٌ، ذَكَرَهُ الثَّعْلَبِيُّ. وَذَكَرَ الْمَاوَرْدِيُّ عَنْهُ أَنَّهَا الْجِبَالُ. وَقَالَ الْخَلِيلُ: كُلُّ شَيْءٍ مُرْتَفِعٍ عِنْدَ الْعَرَبِ فَهُوَ عَلَمٌ. قَالَتِ الْخَنْسَاءُ تَرْثِي أَخَاهَا صَخْرًا: وَإِنَّ صَخْرًا لَتَأْتَمُّ الْهُدَاةُ بِهِ ... كَأَنَّهُ عَلَمٌ فِي رَأْسِهِ نَارُ " إِنْ يَشَأْ يسكن الرياح" كَذَا قَرَأَهُ أَهْلُ الْمَدِينَةِ " الرِّيَاحَ" بِالْجَمْعِ. " فَيَظْلَلْنَ رَواكِدَ عَلى ظَهْرِهِ" أَيْ فَتَبْقَى السُّفُنُ سَوَاكِنَ عَلَى ظَهْرِ الْبَحْرِ لَا تَجْرِي. رَكَدَ الْمَاءُ رُكُودًا سَكَنَ. وَكَذَلِكَ الرِّيحُ وَالسَّفِينَةُ، وَالشَّمْسُ إِذَا قَامَ قَائِمُ الظَّهِيرَةِ. وَكُلُّ ثَابِتٍ فِي مَكَانٍ فهو راكد. وركد
(١). راجع ج ٢ ص ٦٩ طبعه ثانية. (٢). آية ١١ [سورة الحاقة]

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