dans ce bas-monde ; et Allah est trop Clément pour châtier de nouveau après avoir pardonné.
Al-Ḥasan rapporte : lorsque ce verset fut révélé, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — déclara : « Il n’est pas de frémissement de veine, ni d’égratignure d’épine, ni de faux pas sur une pierre sans qu’il ne soit dû à un péché ; or ce qu’Allah en pardonne est plus considérable encore. »
Al-Ḥasan dit encore : Nous nous rendîmes auprès de ʿImrân b. Ḥuṣayn. Un homme lui dit : « Je dois absolument t’interroger au sujet de la douleur que je vois te faire souffrir. » ʿImrân répondit : « Mon frère, ne le fais pas ! Par Allah, j’aime cette souffrance, et celui qui l’aime est la personne la plus aimée d’Allah. Allah — Très-Haut — a dit : « Et tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis, et Il pardonne une grande part. » Ceci relève de ce qu’ont acquis mes mains, tandis que le pardon de mon Seigneur pour ce qui reste est bien plus vaste. »¹
Murrah al-Hamdânî raconte : Je vis sur le dos de la main de Shurayḥ une plaie et je lui demandai : « Ô Abû Umayyah, qu’est-ce donc ? » Il répondit : « C’est dû à ce que vos mains ont acquis, et Il pardonne une grande part. »
Ibn ʿAwn dit : Lorsque la dette submergea Muḥammad b. Sîrîn, il en fut accablé et déclara : « Je connais l’origine de cette affliction : elle provient d’un péché que j’ai commis il y a quarante ans. »
Aḥmad b. Abî al-Ḥawârî² rapporte qu’on demanda à Abû Sulaymân ad-Dârânî : « Comment se fait-il que les gens sensés cessent de blâmer ceux qui leur ont fait du tort ? » Il répondit : « Parce qu’ils savent qu’Allah — Exalté soit-Il — ne les éprouve qu’à cause de leurs propres péchés. Allah — Très-Haut — a dit : « Et tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis, et Il pardonne une grande part. »
ʿIkrimah dit : Aucune calamité, si grande soit-elle, n’atteint un serviteur sans être la conséquence d’un péché qu’Allah ne lui aurait pas pardonné autrement que par elle, ou afin qu’il accède à un rang auquel il ne serait pas parvenu sans elle.
Il est rapporté qu’un homme dit à Moïse : « Ô Moïse, demande à Allah pour moi un besoin qu’Il connaît mieux que quiconque et qu’Il exaucera. » Moïse s’exécuta. Lorsqu’il redescendit, il trouva l’homme que la bête fauve avait mis en pièces et tué. Moïse dit : « Ô mon Seigneur, qu’en est-il de cet homme ? » Allah — béni et exalté — lui répondit : « Ô Moïse, il M’a demandé un rang que Je savais qu’il n’atteindrait pas par ses œuvres ; Je l’ai donc touché de ce que tu vois afin d’en faire pour lui le moyen d’atteindre ce rang. » Chaque fois qu’Abû Sulaymân ad-Dârânî évoquait ce récit, il s’exclamait : « Gloire à Celui qui pouvait lui accorder ce rang sans aucune épreuve ! Pourtant Il fait ce qu’Il veut. »
J’ai dit : Un verset exprimant la même idée est la parole du Très-Haut : « Quiconque commet un mal en sera rétribué » (an-Nisâ’ : 123), et nous en avons déjà parlé.³
Nos savants ont dit : Cela vaut pour les croyants ; quant au mécréant, son châtiment est différé jusqu’à l’au-delà.
Il a aussi été avancé que ce discours s’adresse aux mécréants ; lorsqu’un malheur les frappait, ils disaient : « C’est le mauvais présage de Muḥammad. » Allah les réfuta et dit plutôt que cela