Sourate ash-Shûrâ (42)
Versets 30-31
« Et tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos propres mains ont acquis, et Il pardonne une grande part.
Et vous ne pouvez réduire (Allah) à l’impuissance sur la terre ; vous n’avez, en dehors d’Allah, ni allié ni secoureur. »
Parole du Très-Haut :
« Et tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis… »
Nâfi‘ et Ibn ʿÂmir ont lu « bi-mā kasabat » – sans la particule fa. Les autres récitants lisent « fa-bi-mā » avec le fa, lecture qu’Abû ʿUbayd et Abû Ḥâtim ont retenue, la présence d’une lettre supplémentaire accroissant la graphie et le mérite.
Al-Mahdawî dit : si l’on considère que « mâ » est un relatif, la suppression ou le maintien du fa sont permis, le maintien étant préférable. Si l’on y voit la particule conditionnelle, la suppression n’est pas autorisée selon Sîbawayh ; al-Akhfash l’autorisa cependant, arguant de la parole divine : « Et si vous leur obéissez, vous serez assurément associateurs » (al-Anʿâm : 121).
Al-Ḥasan dit : ici, le terme « al-muṣîbah » désigne les peines légales (al-ḥudûd) appliquées en rétribution des désobéissances.
Ad-Ḍaḥḥâk rapporte : « Aucun homme n’apprend le Coran puis ne l’oublie si ce n’est à cause d’un péché. » Il cita ensuite la parole d’Allah : « Et tout malheur qui vous atteint… », avant d’ajouter : « Et quel malheur est plus grand que l’oubli du Coran ? » — propos transmis par Ibn al-Mubârak d’après ʿAbd al-ʿAzîz b. Abî Rawwâd.
Abû ʿUbayd commente : cela vise celui qui délaisse (le Coran). Quant à celui qui s’y emploie assidûment, soucieux de le conserver, mais qu’un oubli involontaire domine, il n’est pas concerné par cette menace. La preuve en est que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — oubliait parfois un passage du Coran jusqu’à ce qu’on le lui rappelle. ʿÂʾishah rapporte qu’il entendit un homme réciter dans la mosquée et déclara : « Qu’Allah lui fasse miséricorde ; il vient de me rappeler des versets que j’avais été fait oublier dans telle et telle sourate. »
On a aussi dit que « mâ » signifie « ce qui », le sens étant : « Ce qui vous a atteints auparavant l’a été à cause de ce qu’avaient acquis vos mains. »
ʿAlî — qu’Allah l’agrée — affirma : « Voici le verset le plus porteur d’espérance du Livre d’Allah. S’Il expie mes péchés par les calamités et qu’Il pardonne une grande part, que reste-t-il après Son expiation et Son pardon ? » Le même sens est rapporté de lui, élevé (marfûʿ) jusqu’au Prophète — paix et bénédictions sur lui.
ʿAlî b. Abî Ṭâlib — qu’Allah l’agrée — dit encore : « Ne vais-je pas vous informer du meilleur verset du Livre d’Allah ? Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — nous l’a cité : “Et tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis…” (Ô ʿAlî, tout ce qui vous atteint comme maladie, sanction ou épreuve en ce bas-monde provient de ce que vos mains ont acquis. Or Allah est trop généreux pour vous infliger une seconde punition dans l’Au-delà pour ce qu’Il vous a déjà pardonné…).»