Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Deuxièmement — Nos savants ont dit :
Les actes du Seigneur — qu’Il soit exalté — ne sont jamais dépourvus d’intérêt, même s’il n’appartient pas à Allah de rechercher l’utilité. Il se peut qu’Il sache, au sujet de l’état d’un serviteur, que s’Il étendait pour lui la subsistance, cela le conduirait à la corruption ; Il lui retire donc (l’attrait de) ce bas-monde, par miséricorde pour lui. L’exiguïté des moyens n’est donc pas une humiliation, pas plus que l’aisance n’est un mérite. Il a certes gratifié certains gens, sachant qu’ils l’emploieraient à la perversité ; et s’Il avait agi envers eux autrement qu’Il ne l’a fait, ils auraient été plus proches de la droiture. En définitive, l’affaire, dans sa globalité, est confiée à Sa volonté¹, et l’on ne saurait tenir la doctrine de l’« istislâḥ » (recherche du meilleur intérêt) pour chacune des actions du Très-Haut.

Anas rapporte du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui —, dans ce qu’il relate de son Seigneur — Béni et Exalté — qu’Il a dit :

« Quiconque s’en prend à un allié à Moi a, en vérité, proclamé la guerre contre Moi ; Je suis la plus rapide des choses à secourir Mes alliés, et Je Me mets en colère pour eux comme le lion furieux se met en colère. Je ne Me suis jamais hésité au sujet d’une chose que Je veux accomplir comme Je M’hésite à saisir l’âme de Mon serviteur croyant : il déteste la mort et Moi Je déteste lui porter préjudice, néanmoins il y est inéluctablement voué. Mon serviteur croyant ne s’approche de Moi par rien de plus aimé de Moi que l’accomplissement de ce que J’ai rendu obligatoire pour lui. Et Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les actes surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime ; et lorsque Je l’aime, Je deviens pour lui ouïe, vue, langue, main et soutien. S’il Me demande, Je lui accorde ; s’il M’invoque, Je lui réponds. Parmi Mes serviteurs croyants, certains Me sollicitent telle porte d’adoration, mais Je sais que, si Je la leur accordais, l’orgueil les saisirait et les corromprait. Parmi Mes serviteurs croyants, il en est que seule la richesse rétablit ; si Je les appauvrissais, la pauvreté les pervertirait. Parmi Mes serviteurs croyants, il en est que seule la pauvreté rétablit ; si Je les rendais riches, la richesse les pervertirait. Je gère, certes, l’affaire de Mes serviteurs, connaissant le tréfonds de leurs cœurs, car Je suis, en vérité, Omniscient, Parfaitement Informé. »

Puis Anas dit : « Ô Allah, je suis l’un de Tes serviteurs croyants que seule l’aisance rend meilleurs ; ne me rends donc pas pauvre, par Ta miséricorde. »

[Sourate ash-Shûrâ (42), verset 28]
« Et c’est Lui qui fait descendre la pluie bienfaisante après qu’ils ont désespéré, et Il déploie Sa miséricorde ; et Il est le Protecteur, le Digne de louange. » (28)

Ibn Kathîr, Ibn Muḥaysin, Ḥumayd, Mujāhid, Abû ʿAmr, Yaʿqūb, Ibn Waththâb, al-Aʿmash, Ḥamzah et al-Kisâʾî lisent « yunzilu » (يُنْزِلُ) sans gémination ; les autres lecteurs prononcent avec gémination. Ibn Waththâb, al-Aʿmash et d’autres lisent également « qaniṭū » (قَنِطُوا) avec la nūn kasra ; tout cela a déjà été mentionné.²

Le terme al-ghayth désigne la pluie ; on l’appelle ainsi parce qu’elle apporte le secours.

الثَّانِيَةُ- قَالَ عُلَمَاؤُنَا: أَفْعَالُ الرَّبِّ سُبْحَانَهُ لَا تَخْلُو عَنْ مَصَالِحَ وَإِنْ لَمْ يَجِبْ عَلَى اللَّهِ الِاسْتِصْلَاحُ، فَقَدْ يَعْلَمُ مِنْ حَالِ عَبْدٍ أَنَّهُ لَوْ بَسَطَ عَلَيْهِ قَادَهُ ذَلِكَ إِلَى الْفَسَادِ فَيَزْوِي عَنْهُ الدُّنْيَا، مَصْلَحَةً لَهُ. فَلَيْسَ ضيق الرزق هوانا ولا سعة فَضِيلَةً، وَقَدْ أَعْطَى أَقْوَامًا مَعَ عِلْمِهِ أَنَّهُمْ يَسْتَعْمِلُونَهُ فِي الْفَسَادِ، وَلَوْ فَعَلَ بِهِمْ خِلَافَ مَا فَعَلَ لَكَانُوا أَقْرَبَ إِلَى الصَّلَاحِ. وَالْأَمْرُ عَلَى الْجُمْلَةِ مُفَوَّضٌ إِلَى «١» مَشِيئَتِهِ، وَلَا يُمْكِنُ الْتِزَامُ مَذْهَبِ الِاسْتِصْلَاحِ فِي كُلِّ فِعْلٍ مِنْ أَفْعَالِ اللَّهِ تَعَالَى. وَرَوَى أَنَسٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِيمَا يَرْوِيهِ عَنْ رَبِّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى قَالَ: (مَنْ أَهَانَ لِي وَلِيًّا فَقَدْ بَارَزَنِي بِالْمُحَارَبَةِ وَإِنِّي لَأَسْرَعُ شَيْءٍ إِلَى نُصْرَةِ أَوْلِيَائِي وَإِنِّي لَأَغْضَبُ لَهُمْ كَمَا يَغْضَبُ اللَّيْثُ الْحَرِدُ. وَمَا تَرَدَّدْتُ فِي شَيْءٍ أَنَا فَاعِلُهُ تَرَدُّدِي فِي قَبْضِ رُوحِ عَبْدِي الْمُؤْمِنِ يَكْرَهُ الْمَوْتَ وَأَنَا أَكْرَهُ إِسَاءَتَهُ وَلَا بُدَّ لَهُ مِنْهُ. وَمَا تَقَرَّبَ إِلَيَّ عَبْدِي الْمُؤْمِنُ بِمِثْلِ أَدَاءِ مَا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ. وَمَا يَزَالُ عَبْدِي الْمُؤْمِنُ يَتَقَرَّبُ إِلَيَّ بِالنَّوَافِلِ حَتَّى أُحِبَّهُ فَإِذَا أَحْبَبْتُهُ كُنْتُ لَهُ سَمْعًا وَبَصَرًا وَلِسَانًا وَيَدًا وَمُؤَيِّدًا فَإِنْ سَأَلَنِي أَعْطَيْتُهُ وَإِنْ دَعَانِي أَجَبْتُهُ. وَإِنَّ مِنْ عِبَادِي الْمُؤْمِنِينَ مَنْ يَسْأَلُنِي الْبَابَ مِنَ الْعِبَادَةِ وَإِنِّي عَلِيمٌ أَنْ لَوْ أَعْطَيْتُهُ إِيَّاهُ لَدَخَلَهُ الْعُجْبُ فَأَفْسَدَهُ. وَإِنَّ مِنْ عِبَادِي الْمُؤْمِنِينَ مَنْ لَا يُصْلِحُهُ إِلَّا الْغِنَى وَلَوْ أَفْقَرْتُهُ لَأَفْسَدَهُ الْفَقْرُ. وَإِنَّ مِنْ عِبَادِي الْمُؤْمِنِينَ مَنْ لَا يُصْلِحُهُ إِلَّا الْفَقْرُ وَلَوْ أَغْنَيْتُهُ لَأَفْسَدَهُ الْغِنَى. وَإِنِّي لِأُدَبِّرُ عِبَادِي لِعِلْمِي بِقُلُوبِهِمْ فَإِنِّي عَلِيمٌ خَبِيرٌ (. ثُمَّ قَالَ أَنَسٌ: اللَّهُمَّ إِنِّي مِنْ عِبَادِكَ الْمُؤْمِنِينَ الَّذِينَ لَا يُصْلِحُهُمْ إِلَّا الْغِنَى، فَلَا تُفْقِرْنِي بِرَحْمَتِكَ. [[سورة الشورى (٤٢): آية ٢٨]] وَهُوَ الَّذِي يُنَزِّلُ الْغَيْثَ مِنْ بَعْدِ مَا قَنَطُوا وَيَنْشُرُ رَحْمَتَهُ وَهُوَ الْوَلِيُّ الْحَمِيدُ (٢٨) قَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَحُمَيْدٌ وَمُجَاهِدٌ وَأَبُو عمرو ويعقوب وابن وثاب والأعمش وحمزه وَالْكِسَائِيُّ " يُنْزِلُ" مُخَفَّفًا. الْبَاقُونَ بِالتَّشْدِيدِ. وَقَرَأَ ابْنُ وَثَّابٍ أَيْضًا وَالْأَعْمَشُ وَغَيْرُهُمَا " قَنِطُوا" بِكَسْرِ النُّونِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ جَمِيعُ هَذَا «٢» . وَالْغَيْثُ الْمَطَرُ، وَسُمِّيَ الغيث غيثا لأنه يغيث
(١). في ح: والأمر على الجملة إلى مسببه (٢). راجع ج: ١ ص ٣٦، ٦٧ وج ١٤ ص ٣٤

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