Deuxièmement – Les exégètes ont divergé quant à la cause de sa révélation.
Ibn ʿAbbâs dit :
« Lorsque le Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — arriva à Médine, il lui survint des charges et des droits qu’il ne pouvait couvrir avec ce qu’il possédait. Les Anṣâr dirent alors : “Cet homme, Allah vous a guidés par lui, et il est le fils de votre oncle paternel ; il doit supporter des charges et des droits qu’il ne peut couvrir avec ce qu’il a en main. Rassemblons-lui donc quelque chose.” Ils le firent, puis le lui apportèrent, et le verset fut révélé. »
Al-Ḥasan a dit :
« Le verset fut révélé lorsque les Anṣâr et les Muhâjirûn rivalisèrent de prestige : les Anṣâr dirent : “C’est nous qui avons agi”, tandis que les Muhâjirûn se glorifièrent de leur parenté avec le Messager d’Allah — paix et salut sur lui. »
Miqsam rapporte d’Ibn ʿAbbâs : Le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — entendit un propos ; il monta alors en chaire et dit aux Anṣâr :
« N’étiez-vous pas humiliés, et Allah vous a honorés par moi ? N’étiez-vous pas égarés, et Allah vous a guidés par moi ? N’étiez-vous pas apeurés, et Allah vous a rassurés par moi ? Ne me répondrez-vous donc pas ? »
Ils dirent : « Par quoi te répondrons-nous ? » Il dit :
« Dites : “N’est-ce pas que ton peuple t’a expulsé et nous t’avons donné refuge ? N’est-ce pas que ton peuple t’a traité de menteur et nous t’avons tenu pour véridique…” » — et il leur énuméra ainsi [ses bienfaits].
Ils se mirent alors à genoux et dirent : « Nos personnes et nos biens sont à toi. »
Puis fut révélé : « Dis : Je ne vous demande pour cela aucun salaire, si ce n’est l’affection envers les proches. »
Qatâdah a dit :
« Les polythéistes dirent : “Peut-être que Muḥammad cherche un salaire dans ce qu’il entreprend.” Ce verset fut alors révélé afin de les exhorter à l’aimer, lui, ainsi que ses proches. »
Aṯ-Thaʿlabî a dit :
« Cela est plus conforme au verset, car la sourate est mecquoise. »
Parole d’Allah — Très-Haut :
« Et quiconque acquiert une bonne action… » c’est-à-dire : l’acquiert. L’origine du terme qarf est le fait de gagner ; on dit : « Un tel yaqrif pour sa famille », c’est-à-dire : il subvient à leurs besoins. Al-iqtirâf signifie l’acquisition, et il est tiré de leur expression : « un homme qirfah » lorsqu’il est ingénieux et plein de ressources. Ce terme a déjà été traité dans al-Anʿâm¹.
Ibn ʿAbbâs a dit au sujet de « Et quiconque acquiert une bonne action » : « Il s’agit de l’affection pour la Famille de Muḥammad — paix et salut sur lui. »
« Nous lui augmenterons le bien qui y est attaché », c’est-à-dire : Nous multiplierons sa bonne action par dix, et davantage.
« Certes, Allah est Pardonneur, Reconnaissant. »
Qatâdah a dit : « Pardonneur des péchés, Reconnaissant des bonnes actions. »
As-Suddi a dit : « Pardonneur des péchés de la Famille de Muḥammad — sur lui la paix —, Reconnaissant de leurs bonnes actions. »
[Coran, sourate ash-Shûrâ (42), verset 24]
« Ou bien disent-ils : “Il a forgé un mensonge contre Allah ?” Si Allah le voulait, Il scellerait ton cœur ; Allah efface le faux et fait triompher la vérité par Ses paroles. Il est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que recèlent les poitrines. » (24)
¹ Voir le commentaire de ce terme dans la sourate al-Anʿâm.