Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

sinon le Feu ; et, de ce bas monde, il n’obtiendra que la subsistance que Nous lui avons déjà répartie : il la recevra inévitablement, qu’il donne ou non la préférence (au monde).

Juwaybir rapporta, d’après ad-Ḍaḥḥāk, d’après Ibn ʿAbbâs :

« Quant à Sa parole — Puissant et Majestueux — :
“Quiconque recherche le labour de l’Au-delà”,
c’est quiconque, parmi les vertueux, désire par son œuvre pieuse la récompense de l’Au-delà ;

“Nous accroîtrons pour lui son labour”,
c’est-à-dire ses bonnes actions ;

“et quiconque recherche le labour ici-bas”,
c’est quiconque, parmi les pervers, vise par son acte apparemment bon la vie d’ici-bas ;

“Nous lui en accorderons quelque part”. »

Puis il ajouta : « Cela aurait été abrogé dans Sûrat “Subḥân” —
“Quiconque désire la vie immédiate, Nous hâtons pour lui, dans celle-ci, ce que Nous voulons, pour qui Nous voulons”
(al-Isrâ’, 18). »

La rectitude veut toutefois que cela ne constitue pas une abrogation : il s’agit d’une information, et toute chose advient par la Volonté d’Allah — Exalté soit-Il.

Ne vois-tu pas qu’il a été authentiquement rapporté du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — qu’il a dit :
« Que nul d’entre vous ne dise : “Ô Allah, pardonne-moi si Tu le veux ; ô Allah, fais-moi miséricorde si Tu le veux.” »

Qatâdah a tenu l’opinion déjà citée, démontrant ainsi qu’il n’y a pas d’abrogation. Nous avons expliqué, dans la sûrah Hûd, que l’affaire relève du rapport entre l’absolu et le restreint, et que l’abrogation ne touche pas aux informations. Et Allah est Celui dont on implore l’aide.

Question juridique
Cette âyah invalide la position d’Abû Ḥanîfah lorsqu’il affirme que celui qui effectue les ablutions pour se rafraîchir en est quitte de l’ablution obligatoire : l’ablution prescrite relève du labour de l’Au-delà, tandis que le rafraîchissement relève du labour d’ici-bas ; l’un ne se substitue donc pas à l’autre, et son intention ne lui suffit pas, selon l’apparence de ce verset. Cela a été déclaré par Ibn al-ʿArabî.

[ Sûrat ach-Shûrâ (42) : verset 21 ]
« Ont-ils donc des associés qui leur auraient légiféré, en matière de religion, ce qu’Allah n’a point autorisé ? Si la Parole décisive n’avait pas déjà été prononcée, il aurait été statué entre eux. Et certes, les injustes auront un châtiment douloureux. » (21)

Parole du Très-Haut : « Ont-ils donc des associés ? » — c’est-à-dire : ont-ils des divinités ? La lettre mîm est un suffixe de liaison, et l’interrogation exprime le blâme.

Ce passage se rattache à Sa parole : « Il vous a prescrit, en matière de religion, ce qu’Il avait recommandé à Noé » (Shûrâ : 13),
et à Sa parole : « Allah est Celui qui a fait descendre le Livre avec la vérité, et la Balance » (Shûrâ : 17).

Ils ne croyaient pas en cela : auraient-ils donc des dieux qui leur ont légiféré le polythéisme qu’Allah n’a point autorisé ? Or, puisqu’une telle chose est impossible, vu qu’Allah n’a jamais prescrit l’association, d’où donc tiennent-ils leur religion ?

« Et si la Parole décisive… »

إِلَّا النَّارَ وَلَمْ يُصِبْ مِنَ الدُّنْيَا إِلَّا رِزْقًا قَدْ قَسَمْنَاهُ لَهُ لَا بُدَّ أَنْ كَانَ يُؤْتَاهُ مَعَ إِيثَارٍ أَوْ غَيْرِ إِيثَارٍ (. وَرَوَى جُوَيْبِرٌ عَنِ الضَّحَّاكِ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: وَقَوْلُهُ عَزَّ وَجَلَّ: " مَنْ كانَ يُرِيدُ حَرْثَ الْآخِرَةِ" مَنْ كَانَ مِنَ الْأَبْرَارِ يُرِيدُ بِعَمَلِهِ الصَّالِحِ ثَوَابَ الْآخِرَةِ " نَزِدْ لَهُ فِي حَرْثِهِ" أَيْ فِي حَسَنَاتِهِ. " وَمَنْ كانَ يُرِيدُ حَرْثَ الدُّنْيا" أَيْ مَنْ كَانَ مِنَ الْفُجَّارِ يُرِيدُ بِعَمَلِهِ الْحَسَنِ الدُّنْيَا " نُؤْتِهِ مِنْها" ثُمَّ نسخ ذلك فِي سُبْحَانَ: " مَنْ كانَ يُرِيدُ الْعاجِلَةَ عَجَّلْنا لَهُ فِيها ما نَشاءُ لِمَنْ نُرِيدُ" [الاسراء. ١٨] . وَالصَّوَابُ أَنَّ هَذَا لَيْسَ بِنَسْخٍ، لِأَنَّ هَذَا خَبَرٌ وَالْأَشْيَاءُ كُلُّهَا بِإِرَادَةِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ. أَلَا تَرَى أَنَّهُ قَدْ صَحَّ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ: (لَا يَقُلْ أَحَدُكُمُ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي إِنْ شِئْتَ اللَّهُمَّ ارْحَمْنِي إِنْ شِئْتَ) . وَقَدْ قَالَ قَتَادَةُ مَا تَقَدَّمَ ذِكْرُهُ، وَهُوَ يُبَيِّنُ لَكَ أَنْ لَا نَسْخَ. وَقَدْ ذَكَرْنَا فِي " هُودٍ" أَنَّ هَذَا مِنْ بَابِ الْمُطْلَقِ وَالْمُقَيَّدِ، وَأَنَّ النَّسْخَ لَا يَدْخُلُ فِي الْأَخْبَارِ «١» . وَاللَّهُ الْمُسْتَعَانُ. مَسْأَلَةٌ: هَذِهِ الْآيَةُ تُبْطِلُ مَذْهَبَ أَبِي حَنِيفَةَ فِي قَوْلِهِ: إِنَّهُ مَنْ تَوَضَّأَ تَبَرُّدًا أَنَّهُ يُجْزِيهِ عَنْ فَرِيضَةِ الْوُضُوءِ الْمُوَظَّفِ عَلَيْهِ، فَإِنَّ فَرِيضَةَ الْوُضُوءِ مِنْ حَرْثِ الْآخِرَةِ وَالتَّبَرُّدَ مِنْ حَرْثِ الدُّنْيَا، فَلَا يَدْخُلُ أَحَدُهُمَا عَلَى الْآخَرِ، وَلَا تُجْزِي نِيَّتُهُ عَنْهُ بِظَاهِرِ هَذِهِ الْآيَةِ، قَالَهُ ابن العربي. [[سورة الشورى (٤٢) : آية ٢١]] أَمْ لَهُمْ شُرَكاءُ شَرَعُوا لَهُمْ مِنَ الدِّينِ ما لَمْ يَأْذَنْ بِهِ اللَّهُ وَلَوْلا كَلِمَةُ الْفَصْلِ لَقُضِيَ بَيْنَهُمْ وَإِنَّ الظَّالِمِينَ لَهُمْ عَذابٌ أَلِيمٌ (٢١) قَوْلُهُ تَعَالَى: " أَمْ لَهُمْ شُرَكاءُ" أَيْ أَلَهُمْ! وَالْمِيمُ صِلَةٌ وَالْهَمْزَةُ لِلتَّقْرِيعِ. وَهَذَا مُتَّصِلٌ بِقَوْلِهِ: " شَرَعَ لَكُمْ مِنَ الدِّينِ مَا وَصَّى بِهِ نُوحاً" [الشورى: ١٣] ، وَقَوْلُهُ تَعَالَى: " اللَّهُ الَّذِي أَنْزَلَ الْكِتابَ بِالْحَقِّ وَالْمِيزانَ" [الشورى: ١٧] كَانُوا لَا يُؤْمِنُونَ بِهِ، فَهَلْ لَهُمْ آلِهَةٌ شَرَعُوا لَهُمُ الشِّرْكَ الَّذِي لَمْ يَأْذَنْ بِهِ اللَّهُ! وَإِذَا اسْتَحَالَ هَذَا فَاللَّهُ لَمْ يَشْرَعِ الشرك، فمن أين يدينون به. " وَلَوْلا كَلِمَةُ الْفَصْلِ" يوم
(١). راجع ج ٩ ص ١٤

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