Sourate ash-Shûrâ (42), verset 15
« C’est donc à cela que tu appelles ; demeure ferme comme il t’a été ordonné ; ne suis pas leurs passions. Dis : « J’ai foi en ce qu’Allah a fait descendre comme Livre, et j’ai reçu l’ordre d’être équitable entre vous. Allah est notre Seigneur et votre Seigneur ; à nous nos œuvres, et à vous vos œuvres ; il n’y a plus de controverse entre nous et vous. Allah nous réunira, et vers Lui est le retour. » (15)
Parole du Très-Haut : « C’est donc à cela que tu appelles et demeure ferme. »
Lorsque fut admis que le doute pouvait émaner des Juifs et des Chrétiens, ou encore des Quraychites, il lui fut dit : « C’est donc à cela que tu appelles », c’est-à-dire : maintenant que tu as reconnu leur doute, appelle-les à Allah, c’est-à-dire à cette religion qu’Allah a prescrite aux Prophètes et leur a enjointe. Ainsi la particule lâm prend ici le sens de « vers », comme dans Sa parole : « Parce que ton Seigneur l’a inspirée » (1) [az-Zalzalah : 5], c’est-à-dire : « à elle ». Le terme « dhalika » vaut pour « hâdhâ », comme cela a été signalé au début de la sourate al-Baqarah (2). Le sens est donc : « Appelle en raison de ce Coran. »
On a dit encore : la phrase comporte un antéposition et un post-position ; le sens serait : « Il est lourd pour les polythéistes, ce à quoi tu les invites ; c’est donc à cela que tu appelles. »
D’aucuns ont soutenu que la lâm doit être prise dans son usage premier ; le sens est alors : « À cause de ce qui vient d’être mentionné, appelle et demeure ferme. »
Ibn ʿAbbâs a dit : « Appelle les créatures au Coran. »
« Demeure ferme » est un ordre qui s’adresse à lui – que la prière et la paix soient sur lui.
Qatâdah dit : « Demeure ferme sur l’ordre d’Allah. »
Sufyân dit : « Demeure ferme sur le Coran. »
Ad-Dahhâk dit : « Demeure ferme dans la transmission du Message. »
« Et ne suis pas leurs passions » : c’est-à-dire : ne prête pas attention à l’opposition de ceux qui te contredisent.
« Dis : “J’ai foi en ce qu’Allah a fait descendre comme Livre, et j’ai reçu l’ordre d’être équitable entre vous.” »
Autrement dit : j’ai reçu l’ordre d’être équitable, comme dans Sa parole : « Et j’ai reçu l’ordre de me soumettre au Seigneur des mondes » (3) [Ghâfir : 66].
On a dit aussi : il s’agit de la lâm de finalité ; le sens est : « afin que je sois équitable. »
Ibn ʿAbbâs et Abû l-ʿÂliyah ont dit : « Afin que j’égalise entre vous dans la religion, en croyant à tout Livre et à tout Messager. »
D’autres ont dit : « Afin que j’agisse avec équité dans toutes les situations » ; et l’on a dit : il s’agit ici de l’équité dans les jugements ; d’aucuns ont dit : dans la transmission.
« Allah est notre Seigneur et votre Seigneur ; à nous nos œuvres, et à vous vos œuvres ; il n’y a plus de controverse entre nous et vous. »
Ibn ʿAbbâs et Mujâhid ont dit : cet énoncé s’adresse aux Juifs, c’est-à-dire : à nous notre religion, et à vous la vôtre. Puis, ajoutèrent-ils, il fut abrogé par la parole : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier » (4) [at-Tawbah : 29].
Mujâhid dit : le sens de « il n’y a plus de controverse entre nous et vous » est : il n’y a plus de dispute entre nous.
D’autres ont soutenu qu’il n’est pas abrogé.