Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

des affaires, en se limitant aux strictes nécessités de l’existence matérielle, à l’accomplissement des fonctions vitales et à la préservation de la vie. La situation demeura ainsi jusqu’à (l’époque de) Noé ; Allah l’envoya alors avec l’interdiction d’épouser les mères, les filles et les sœurs, lui prescrivit les obligations et lui exposa les règles de bienséance dans les religions. Cet ordre n’a cessé, depuis lors, de se renforcer par les Messagers, se soutenant mutuellement ¹ par les Prophètes – qu’Allah répande sur eux Ses prières – l’un après l’autre, législation après législation, jusqu’à ce qu’Allah le scellât par la meilleure des religions, la nôtre, sur la langue du plus noble des Envoyés, notre Prophète Muḥammad – qu’Allah prie sur lui et le salue.

Ainsi, le sens est : « Nous t’avons recommandé, ô Muḥammad, ainsi qu’à Noé, une seule et même religion », c’est-à-dire les fondements sur lesquels aucune législation ne diverge : l’unicité d’Allah (at-tawḥīd), la prière, la zakat, le jeûne, le pèlerinage, le rapprochement d’Allah par les œuvres vertueuses, la recherche de Sa proximité par tout ce qui ramène le cœur et les membres vers Lui, la véracité, la fidélité aux engagements, l’acquittement des dépôts, le maintien des liens de parenté, l’interdiction de la mécréance, du meurtre, de la fornication, de tout tort causé aux créatures sous quelque forme que ce soit, l’interdiction de toute agression envers les animaux, quelle qu’en soit la manière, l’évitement des bassesses et de tout ce qui entame la dignité. Tout cela constitue une législation unique, une religion unifiée, qui n’a pas varié sur les langues des Prophètes, même si leur nombre diffère.

C’est ce qu’indique la parole du Très-Haut : « … afin que vous établissiez la religion et que vous ne vous divisiez pas à son sujet ». Autrement dit : faites-la tenir debout ; Il la veut permanente, continue, préservée, stable, sans divergence ni trouble. Parmi les créatures, certains s’en acquittèrent, d’autres ont rompu ; et celui qui rompt ne rompt qu’à son propre détriment ² (Al-Fatḥ, 10).

Les législations ont, au-delà de ces fondements, différé dans leurs détails, selon ce qu’Allah a voulu, conformément à l’intérêt et à la sagesse qui exigeaient qu’elles soient instaurées, à chaque époque, pour les nations. – Et Allah sait mieux.

Mujāhid a dit : « Allah n’a jamais envoyé un Prophète sans qu’Il ne lui ait recommandé l’accomplissement de la prière, l’acquittement de la zakat et la reconnaissance de l’obéissance due à Allah ; telle est la religion qu’Il leur a prescrite. » Al-Wālibī le rapporte d’Ibn ʿAbbās, et c’est aussi l’avis d’al-Kalbī.

Qatādah a dit : « C’est-à-dire : déclarer licite ce qu’Allah a rendu licite et illicite ce qu’Il a rendu illicite. »

Al-Ḥakam a dit : « L’interdiction d’épouser les mères, les sœurs et les filles. »

Ce qu’a exposé le Qāḍī englobe toutes ces opinions et y ajoute encore. Il a mentionné en particulier Noé, Ibrāhīm, Mūsā et ʿĪsā parce qu’ils sont les détenteurs des grandes législations.

Parole du Très-Haut : « Il est lourd pour les polythéistes… » c’est-à-dire : cela leur paraît considérable – « … ce à quoi tu les appelles » : l’unicité d’Allah et l’abandon des idoles.

Qatādah a dit : « Cela est pesant pour les polythéistes ; la déclaration qu’il n’est de divinité qu’Allah leur est particulièrement pénible, et Iblīs ainsi que ses soldats en sont oppressés, tandis qu’Allah, le Puissant et Majestueux, n’a voulu que la secourir, l’exalter et la faire triompher sur quiconque… »

الْأُمُورِ وَاقْتِصَارًا عَلَى ضَرُورَاتِ الْمَعَاشِ، وَأَخْذًا بِوَظَائِفِ الْحَيَاةِ وَالْبَقَاءِ، وَاسْتَقَرَّ الْمَدَى إِلَى نُوحٍ فَبَعَثَهُ اللَّهُ بِتَحْرِيمِ الْأُمَّهَاتِ وَالْبَنَاتِ وَالْأَخَوَاتِ، وَوَظَّفَ عَلَيْهِ الْوَاجِبَاتِ وَأَوْضَحَ لَهُ الْآدَابَ فِي الدِّيَانَاتِ، وَلَمْ يزل ذلك يتأكد بالرسل يتناصر «١» بِالْأَنْبِيَاءِ- صَلَوَاتُ اللَّهِ عَلَيْهِمْ- وَاحِدًا بَعْدَ وَاحِدٍ وَشَرِيعَةً إِثْرَ شَرِيعَةٍ، حَتَّى خَتَمَهَا اللَّهُ بِخَيْرِ الْمِلَلِ مِلَّتِنَا عَلَى لِسَانِ أَكْرَمِ الرُّسُلِ نَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَكَانَ الْمَعْنَى أَوْصَيْنَاكَ يَا مُحَمَّدُ وَنُوحًا دِينًا وَاحِدًا، يَعْنِي فِي الْأُصُولِ الَّتِي لَا تَخْتَلِفُ فِيهَا الشَّرِيعَةُ، وَهِيَ التَّوْحِيدُ وَالصَّلَاةُ وَالزَّكَاةُ وَالصِّيَامُ وَالْحَجُّ، وَالتَّقَرُّبُ إِلَى اللَّهِ بِصَالِحِ الْأَعْمَالِ، وَالزُّلَفِ إِلَيْهِ بِمَا يَرُدُّ الْقَلْبَ وَالْجَارِحَةَ إِلَيْهِ، وَالصِّدْقِ وَالْوَفَاءِ بِالْعَهْدِ، وَأَدَاءِ الْأَمَانَةِ وَصِلَةِ الرَّحِمِ، وَتَحْرِيمِ الْكُفْرِ وَالْقَتْلِ والزنى والاذاية لِلْخَلْقِ كَيْفَمَا تَصَرَّفَتْ، وَالِاعْتِدَاءِ عَلَى الْحَيَوَانِ كَيْفَمَا دار، واقتحام الدناءات وما يعود بخرم المروءات، فَهَذَا كُلُّهُ مَشْرُوعٌ دِينًا وَاحِدًا وَمِلَّةً مُتَّحِدَةً، لَمْ تَخْتَلِفْ عَلَى أَلْسِنَةِ الْأَنْبِيَاءِ وَإِنِ اخْتَلَفَتْ أَعْدَادُهُمْ، وَذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى: " أَنْ أَقِيمُوا الدِّينَ وَلا تَتَفَرَّقُوا فِيهِ" أَيِ اجْعَلُوهُ قَائِمًا، يُرِيدُ دَائِمًا مُسْتَمِرًّا مَحْفُوظًا مُسْتَقِرًّا مِنْ غَيْرِ خِلَافٍ فِيهِ وَلَا اضْطِرَابٍ، فَمِنَ الْخَلْقِ مَنْ وَفَّى بذلك ومنهم من نكث، ومن نكث فإنما ينكث على نفسه «٢» [الفتح: ١٠] . وَاخْتَلَفَتِ الشَّرَائِعُ وَرَاءَ هَذَا فِي مَعَانٍ حَسْبَمَا أَرَادَهُ اللَّهُ مِمَّا اقْتَضَتِ الْمَصْلَحَةُ وَأَوْجَبَتِ الْحِكْمَةُ وَضْعَهُ فِي الْأَزْمِنَةِ عَلَى الْأُمَمِ ". وَاللَّهُ أَعْلَمُ. قَالَ مُجَاهِدٌ: لَمْ يَبْعَثِ اللَّهُ نَبِيًّا قَطُّ إِلَّا وَصَّاهُ بِإِقَامَةِ الصَّلَاةِ وَإِيتَاءِ الزَّكَاةِ وَالْإِقْرَارِ لِلَّهِ بِالطَّاعَةِ، فَذَلِكَ دِينُهُ الَّذِي شَرَعَ لَهُمْ، وَقَالَهُ الْوَالِبِيُّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، وَهُوَ قَوْلُ الْكَلْبِيِّ. وَقَالَ قَتَادَةُ: يَعْنِي تَحْلِيلَ الْحَلَالِ وَتَحْرِيمَ الْحَرَامِ. وَقَالَ الْحَكَمُ: تَحْرِيمُ الْأُمَّهَاتِ وَالْأَخَوَاتِ وَالْبَنَاتِ. وَمَا ذَكَرَهُ الْقَاضِي يَجْمَعُ هَذِهِ الْأَقْوَالَ وَيَزِيدُ عَلَيْهَا. وَخَصَّ نُوحًا وَإِبْرَاهِيمَ وَمُوسَى وَعِيسَى بِالذِّكْرِ لِأَنَّهُمْ أَرْبَابُ الشَّرَائِعِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " كَبُرَ عَلَى الْمُشْرِكِينَ " أَيْ عَظُمَ عَلَيْهِمْ." مَا تَدْعُوهُمْ إِلَيْهِ" مِنَ التَّوْحِيدِ وَرَفْضِ الْأَوْثَانِ. قَالَ قَتَادَةُ: كَبُرَ عَلَى الْمُشْرِكِينَ فَاشْتَدَّ عَلَيْهِمْ شَهَادَةُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَضَاقَ بِهَا إِبْلِيسُ وَجُنُودُهُ، فَأَبَى اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ إِلَّا أَنْ يَنْصُرَهَا ويعليها ويظهرها على من
(١). في ابن العربي:" ويتناشر". (٢). راجع ص ٢٨٦ من هذا الجزء.

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