Ils prirent alors la fuite et se rendirent auprès d’Idrîs – qui est l’aïeul paternel de Noé, paix sur eux deux – et le supplièrent d’invoquer en leur faveur ; les anges proclamèrent, quant à eux, la gloire de leur Seigneur en Le louant et implorèrent le pardon pour les fils d’Adam.
Abû al-Hasan Ibn al-Hassâr dit : « Certains ignorants ont imaginé que ce verset fut révélé à propos de Hârût et Mârût et qu’il aurait été abrogé par le verset qui figure dans Sûrat al-Mu’min. Ils n’ont pas compris que les porteurs du Trône sont, de façon spécifique, chargés d’implorer le pardon pour les croyants, tandis qu’Allah possède d’autres anges qui sollicitent le pardon pour ceux qui se trouvent sur la terre. »
Al-Mâwardî rapporte : « À propos de la demande de pardon des anges en leur faveur, deux opinions ont été émises. La première : qu’il s’agit de la rémission des péchés et des fautes, avis apparent de Muqâtil. La seconde : qu’ils sollicitent pour eux la subsistance et l’abondance, comme l’a affirmé al-Kalbî. »
Je dis : Cette seconde opinion est la plus manifeste, car la terre englobe aussi bien le mécréant que le croyant ; selon l’avis de Muqâtil, le mécréant n’y serait pas inclus.
Il a été rapporté, dans ce chapitre, une tradition transmise par ‘Âṣim al-Aḥwal d’après Abû ‘Uthmân, d’après Salmân – qu’Allah l’agrée – qui dit :
« Lorsque le serviteur se rappelle Allah dans l’aisance et que l’adversité s’abat sur lui, les anges disent : “Voix familière d’un fils d’Adam faible : il se rappelait Allah, le Très-Haut, dans l’aisance, puis l’épreuve l’a atteint.” Ils implorent alors le pardon pour lui.
Mais s’il ne se rappelait pas Allah dans l’aisance et que l’adversité l’atteint, les anges disent : “Voix méconnue provenant d’un fils d’Adam ; il ne se rappelait pas Allah dans l’aisance, et voilà que l’épreuve l’a saisi.” Ils ne demandent donc pas pardon pour lui. »
Cela montre que le verset concerne celui qui se souvient d’Allah – Exalté soit-Il – tant dans l’aisance que dans l’adversité ; il est donc réservé à certains habitants de la terre parmi les croyants. Allah sait mieux.
Il se peut qu’ils entendent, par « demande de pardon », la sollicitation de la longanimité et du pardon évoqués dans la parole du Très-Haut : « Certes, Allah retient les cieux et la terre pour qu’ils ne disparaissent… » – jusqu’à Sa parole : « Il est certes Plein de douceur, Pardonneur » (Fâtir, 41) – ainsi que dans Sa parole : « Ton Seigneur est certes Détenteur de pardon pour les gens malgré leurs injustices » (ar-Raʿd, 6). L’intention est qu’Il fasse preuve de clémence envers eux sans se hâter de les châtier ; dès lors, le sens est général, a dit az-Zamakhsharî.
Mutarrif a dit : « Nous avons constaté que les serviteurs d’Allah les plus bienveillants envers les serviteurs d’Allah sont les anges, et que les plus perfides envers les serviteurs d’Allah sont les démons. » Ce point a déjà été mentionné.
Au sujet de Sa parole – Exalté soit-Il : « N’est-ce pas qu’Allah est, Lui, le Pardonneur, le Très-Miséricordieux », certains savants ont déclaré : Il inspire la crainte et manifeste Sa majesté au début, puis Il fait preuve de douceur et annonce la bonne nouvelle à la fin.
« Quant à ceux qui se sont donné, en dehors de Lui, des protecteurs, Allah veille sur eux, et tu n’es pas chargé de répondre de leurs actes. » (Sourate Ash-Shûrâ, 42 : 6)