Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On lui demanda :
« Ô Messager d’Allah, qu’est-ce qui t’attriste ? »
Il répondit :
« Il m’a été annoncé que des calamités frapperont ma communauté : affaissement du sol, jets meurtriers, un feu qui les regroupera, un vent qui les projètera dans la mer, ainsi que des signes successifs et ininterrompus liés à la descente de ʿÎsâ et à la sortie du Dajjâl. Allah est plus savant. »

Il fut aussi dit : cela concerne le Prophète – paix et salut sur lui – ; ainsi,
« al-Ḥâʾ » désigne son Bassin auquel on viendra s’abreuver,
« al-Mîm » son royaume étendu,
« al-ʿAyn » sa puissance attestée,
« as-Sîn » sa splendeur manifeste,
« al-Qâf » sa station au Maqâm Maḥmûd et la proximité honorifique que lui accordera le Roi Adoré.

Ibn ʿAbbâs dit : « Il n’existe pas un prophète détenteur d’un Livre sans qu’il lui ait été révélé : “Ḥâ Mîm ʿAyn Sîn Qâf”. C’est pour cela qu’Il a dit : “Il révèle à toi comme Il a révélé à ceux qui t’ont précédé.” » Al-Mahdawî rapporte encore qu’il est venu dans la tradition que « Ḥâ Mîm ʿAyn Sîn Qâf » signifie : « J’ai révélé [ainsi] aux prophètes d’antan. »

Ibn Muḥayṣin, Ibn Kathîr et Mujâhid ont lu « يُوحى » (yuḥā) – ḥâʼ ouverte – à la forme passive ; cette lecture est également attribuée à Ibn ʿUmar. Le groupe prépositionnel tient alors lieu de sujet. Il est aussi permis d’estimer que le sujet sous-entendu de la forme passive est implicite : « Le Coran contenu dans cette sourate t’est révélé », tandis que le Nom « Allah » serait sujet d’un verbe élidé ; l’intention serait : « Allah te le révèle. » On trouve la même construction dans la lecture d’Ibn ʿÂmir et Abû Bakr : « يُسَبِّحُ لَهُ فِيها بِالْغُدُوِّ وَالْآصالِ رِجالٌ »², c’est-à-dire : « Des hommes Le glorifient. »

Sîbawayh a cité le vers suivant :
« Qu’un humble pleure Yazîd pour un litige,
et qu’un ébouriffé, que les malheurs ont jeté çà et là, [le pleure aussi]. »³
Puis il expliqua : « Me voici, ô Yazîd », précisant ainsi qui devait le pleurer ; le sens est donc : « Un implorant le pleure. »
On peut encore considérer que le terme est sujet d’une phrase dont le prédicat est omis, comme s’il avait dit : « Allah le révèle » ; ou, en sous-entendant un sujet : « Le Révélateur, c’est Allah » ; ou bien prendre le terme comme sujet et la locution « al-ʿAzîz al-Ḥakîm » comme prédicat.

Les autres lecteurs ont récité « يُوحِى إِلَيْكَ » (yūḥī ilayk) avec la ḥâʼ sous-cassée, en considérant le Nom [Allah] comme sujet.

« À Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la terre, et Il est le Très-Haut, le Très-Grand » – passage déjà commenté en plusieurs endroits⁴.

فَقِيلَ لَهُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، مَا أَحْزَنَكَ؟ قَالَ: (أُخْبِرْتُ بِبَلَايَا تَنْزِلُ بِأُمَّتِي مِنْ خَسْفٍ وَقَذْفٍ وَنَارٍ تَحْشُرُهُمْ وَرِيحٍ تَقْذِفُهُمْ فِي الْبَحْرِ وَآيَاتٍ مُتَتَابِعَاتٍ مُتَّصِلَاتٍ بِنُزُولِ عِيسَى وَخُرُوجِ الدَّجَّالِ (. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقِيلَ: هَذَا فِي شَأْنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَ " الْحَاءُ" حَوْضُهُ الْمَوْرُودُ، وَ " الْمِيمُ" مُلْكُهُ الْمَمْدُودُ، وَ " الْعَيْنُ" عِزُّهُ الْمَوْجُودُ، وَ " السِّينُ" سَنَاهُ الْمَشْهُودُ، وَ " الْقَافُ" قِيَامُهُ فِي الْمَقَامِ الْمَحْمُودِ، وَقُرْبُهُ فِي الْكَرَامَةِ» مِنَ الْمَلِكِ الْمَعْبُودِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: لَيْسَ مِنْ نَبِيٍّ صَاحِبِ كِتَابٍ إِلَّا وَقَدْ أُوحِيَ إِلَيْهِ: " حم. عسق" ، فَلِذَلِكَ قَالَ: " يُوحِي إِلَيْكَ وَإِلَى الَّذِينَ مِنْ قَبْلِكَ" الْمَهْدَوِيُّ: وَقَدْ جَاءَ فِي الْخَبَرِ أَنَّ ( " حم. عسق" مَعْنَاهُ أَوْحَيْتُ إِلَى الْأَنْبِيَاءِ الْمُتَقَدِّمِينَ). وَقَرَأَ ابْنُ مُحَيْصِنٍ وَابْنُ كَثِيرٍ وَمُجَاهِدٌ " يُوحَى" (بِفَتْحِ الْحَاءِ) عَلَى مَا لَمْ يُسَمَّ فَاعِلُهُ، وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عُمَرَ. فَيَكُونُ الْجَارُّ وَالْمَجْرُورُ فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ لِقِيَامِهِ مَقَامَ الْفَاعِلِ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ اسْمُ مَا لَمْ يُسَمَّ فَاعِلُهُ مُضْمَرًا، أَيْ يُوحَى إِلَيْكَ الْقُرْآنُ الَّذِي تَضَمَّنَتْهُ هَذِهِ السُّورَةُ، وَيَكُونُ اسْمُ اللَّهِ مَرْفُوعًا بِإِضْمَارِ فِعْلٍ، التَّقْدِيرُ: يُوحِيهِ اللَّهُ إِلَيْكَ، كَقِرَاءَةِ ابْنِ عَامِرٍ وَأَبِي بَكْرٍ " يُسَبِّحُ لَهُ فِيها بِالْغُدُوِّ وَالْآصالِ «٢» رِجالٌ" [النور: ٣٧ - ٣٦] أي يسبحه رجال. وأنشد سيبويه: لِيُبْكَ يَزِيدُ ضَارِعٌ بِخُصُومَةٍ ... وَأَشْعَثُ مِمَّنْ طَوَّحَتْهُ الطوائح «٣» فقال: لبيك يَزِيدُ، ثُمَّ بَيَّنَ مَنْ يَنْبَغِي أَنْ يَبْكِيَهُ، فَالْمَعْنَى يَبْكِيهِ ضَارِعٌ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ مُبْتَدَأً وَالْخَبَرُ مَحْذُوفٌ، كَأَنَّهُ قَالَ: اللَّهُ يُوحِيهِ. أَوْ عَلَى تَقْدِيرِ إِضْمَارِ مُبْتَدَإٍ أَيِ الْمُوحِي اللَّهُ. أَوْ يَكُونُ مُبْتَدَأً وَالْخَبَرُ " الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ" . وَقَرَأَ الْبَاقُونَ " يُوحِي إِلَيْكَ" بِكَسْرِ الْحَاءِ، وَرَفْعِ الِاسْمِ عَلَى أَنَّهُ الْفَاعِلُ. " لَهُ مَا فِي السَّماواتِ وَما فِي الْأَرْضِ وَهُوَ الْعَلِيُّ الْعَظِيمُ" تَقَدَّمَ في غير موضع «٤» .
(١). في نسخة من الأصل:" وقربه يوم القيامة من الملك ... ". (٢). راجع ج ١٢ ص ٢٧٥ (٣). رواية البيت كما في كتاب سيبويه وخزانة الأدب: لبيك يَزِيدُ ضَارِعٌ لِخُصُومَةٍ ... وَمُخْتَبِطٌ مِمَّا تُطِيحُ الطَّوَائِحُ وهذا البيت نسبه سيبويه للحارث بن نهيك. ونسبه صاحب خزانة الأدب لنهشل بن حري في مرثية يزيد. (راجع الشاهد الخامس والأربعين). (٤). راجع ج ٢ ص ٦٩ طبعه ثانية. وج ٣ ص ٢٧٨. [ ..... ]

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