Et ‘Alî – qu’Allah l’agrée – reconnaissait les troubles grâce à ces lettres.
Arṭâ’ah ibn al-Mundhir rapporta :
Un homme demanda à Ibn ‘Abbâs, en présence de Hudhayfah ibn al-Yamân : « Informe-moi de l’exégèse de la Parole du Très-Haut : “Ḥâ Mîm. ‘Ayn Sîn Qâf.” » Ibn ‘Abbâs se détourna de lui ; l’homme réitéra sa demande à trois reprises, et il persista à ne pas répondre. Hudhayfah ibn al-Yamân dit alors : « Je vais t’en instruire ; je sais pourquoi il l’a laissée de côté. Ce passage fut révélé au sujet d’un homme de sa famille nommé ‘Abd al-Ilâh – ou ‘Abd Allâh. Il s’établira sur l’un des fleuves de l’Orient et y bâtira deux cités qu’un bras du fleuve séparera. Lorsque Allah voudra la disparition de leur royauté et l’extinction de leur puissance, Il dépêchera, de nuit, un feu sur l’une d’elles : au matin, elle sera noire, obscure, entièrement consumée, comme si elle n’avait jamais existé. Sa ville sœur sera saisie d’étonnement : « Comment a-t-elle été renversée ! » Et il ne s’écoulera pas plus que la blancheur du jour avant que tous les tyrans arrogants ne s’y rassemblent ; alors Allah la fera engloutir, elle et eux, tous ensemble.
Tel est le sens de Sa parole : « Ḥâ Mîm. ‘Ayn Sîn Qâf » : un ferme décret¹ parmi les décrets d’Allah, une épreuve et un arrêt. « Ḥâ Mîm » : ḥumma ; « ‘Ayn » : justice de Sa part ; « Sîn » : cela adviendra ; « Qâf » : cela s’abattra sur ces deux cités.
Un exposé analogue se trouve dans le ḥadîth rapporté par Jarîr ibn ‘Abd Allâh al-Bajalî : « J’ai entendu le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – dire : “Une ville sera bâtie entre le Tigre, le Dujayl, Qutrubbul² et le Sarâh ; les tyrans de la terre s’y rassembleront, et les trésors y afflueront ; puis elle sera engloutie – dans une autre version : avec ses habitants – et son effacement de la terre sera plus rapide qu’un pieu solidement fiché dans un sol meuble.” »
Ibn ‘Abbâs récitait : « Ḥâ Mîm. Sîn Qâf », sans mentionner le ‘Ayn ; ainsi le lit-on dans le muṣḥaf de ‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd, comme le rapporte al-Ṭabarî.
Nâfi‘ rapporta d’Ibn ‘Abbâs : « Ḥâ » désigne Son Indulgence³, « Mîm » Sa Majesté, « ‘Ayn » Sa Science, « Sîn » Sa Splendeur, et « Qâf » Sa Puissance – Allah a juré par ces lettres.
Selon Muḥammad ibn Ka‘b, Allah a juré par Son Indulgence, Sa Majesté, Sa Elevation, Sa Splendeur et Sa Puissance qu’Il ne châtierait pas celui qui se réfugie, le cœur sincère, dans la parole : « Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah ».
Ja‘far ibn Muḥammad et Sa‘îd ibn Jubayr ont dit : « Ḥâ » provient de ar-Raḥmân, « Mîm » de al-Majîd, « ‘Ayn » de al-‘Alîm, « Sîn » de al-Quddûs, et « Qâf » de al-Qâhir.
Mujâhid a dit : il s’agit des lettres-initiales des sourates.
‘Abd Allâh ibn Buraydah a dit : c’est le nom de la montagne qui entoure le monde.
Al-Qushayrî – selon la formulation d’al-Tha‘labî – mentionna que, lorsque ce verset fut révélé, on décelait la tristesse sur le visage du Prophète – paix et salut sur lui.