Seizième partie
[Exégèse de la sourate ash-Shûrâ]
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
La sourate ash-Shûrâ est mecquoise, selon al-Ḥasan, ‘Ikrimah, ‘Aṭâ’ et Jâbir. Ibn ‘Abbâs et Qatâdah ont soutenu : « À l’exception de quatre versets qui furent révélés à Médine : ﴾Dis : Je ne vous demande pour cela aucun salaire, si ce n’est l’affection due aux proches﴿ (v. 23) – jusqu’à la fin du passage. » La sourate compte cinquante-trois versets.
Sourate ash-Shûrâ (42) – versets 1 à 4
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
- Hâ Mîm
- ‘Ayn Sîn Qâf
- Ainsi te révèle – comme Il révéla à ceux qui t’ont précédé – Allah, le Puissant, le Sage.
- À Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la terre ; et c’est Lui, le Très-Haut, le Très-Grand.
Au sujet de la Parole du Très-Haut : « Hâ Mîm. ‘Ayn Sîn Qâf », ‘Abd al-Mu’min rapporte : « J’ai interrogé al-Ḥusayn ibn al-Faḍl : “Pourquoi a-t-on détaché ‘Hâ Mîm’ de ‘ ‘Ayn Sîn Qâf’, alors que ‘Kâf Hâ Yâ ‘Ayn Ṣâd’, ‘Alif Lâm Râ’ et ‘Alif Lâm Mîm Ṣâd’ n’ont pas été séparés ?” Il répondit : “Parce que ‘Hâ Mîm. ‘Ayn Sîn Qâf’ se situe parmi des sourates dont l’initiale est ‘Hâ Mîm’ ; elle suit donc le modèle de ses homologues qui la précèdent et qui la suivent, si bien que ‘Hâ Mîm’ tient lieu de sujet et ‘ ‘Ayn Sîn Qâf’ de prédicat. De plus, l’expression a été comptée comme deux versets, alors que ses sœurs, transcrites d’un seul tenant, ne constituent chacune qu’un seul verset.” »
On a encore dit : toutes les lettres détachées expriment une même signification, en ce qu’elles sont le fondement de l’expression et la base de la parole ; c’est ce qu’a mentionné al-Jurjânî.
« Hâ Mîm. ‘Ayn Sîn Qâf » a été écrit séparément, tandis que « Kâf Hâ Yâ ‘Ayn Ṣâd » l’a été de façon continue, parce que l’on a expliqué : « Hâ Mîm » signifie : « Qu’advienne inéluctablement ce qui doit advenir. » Ils ont ainsi distingué ce dans quoi l’on suppose un verbe de ce dans quoi aucun verbe n’est supposé. Toutefois, si l’on avait séparé la seconde formule et attaché la première, cela serait également admissible, rapporte al-Qushayrî.
Dans la récitation d’Ibn Mas‘ûd et d’Ibn ‘Abbâs on lit : « Hâ Mîm. Sîn Qâf ». Ibn ‘Abbâs dit :