Les imâms fermes et dignes de confiance ont rapporté, de l’ascète équitable, du dépositaire de la terre, du dépositaire du ciel, de la part du Seigneur – exaltée soit Sa Majesté :
« Ô Mes serviteurs ! Je Me suis interdit l’injustice à Moi-même et Je l’ai rendue illicite entre vous ; ne vous lésez donc pas les uns les autres. » Fin du ḥadîth.
Il est, de plus, le Sage, le Propriétaire ; or nul n’a à contester ce que fait le propriétaire dans son domaine, car Il dispose de Sa royauté comme Il l’entend.
[Ṣûrat Fuṣṣilat (41) : versets 47-48]
« Vers Lui est renvoyée la science de l’Heure ; aucun fruit ne sort de son enveloppe, nulle femelle ne porte ni n’accouche, sans que cela ne soit connu de Lui. Et le Jour où Il les appellera : “Où sont donc Mes associés ?”, ils diront : “Nous T’en informons : il n’est parmi nous aucun témoin.” (47) Et ce qu’ils invoquaient auparavant les délaissera et ils se convaincront qu’ils n’ont aucune échappatoire. » (48)
Sa parole – Exalté soit-Il : « Vers Lui est renvoyée la science de l’Heure » signifie : le moment précis de sa survenue.
En effet, ils dirent : « Ô Muḥammad, si tu es Prophète, informe-nous quand aura lieu l’Heure. » Alors fut révélé : « Et aucun fruit ne sort… »
Le terme « min » est ici pléonastique ; autrement dit : aucun fruit ne sort.
« De ses enveloppes » : de ses gaines. Les akmâm sont les enveloppes du fruit ; le singulier est kummah, terme désignant tout contenant d’un bien ou autre. C’est pourquoi l’écorce de la spathe – la kufurrâ qui se fend pour laisser paraître le fruit – est appelée kummah.
Ibn ʿAbbâs a dit : « La kummah est la kufurrâ avant qu’elle ne se fende ; lorsqu’elle se fend, ce n’est plus une kummah. » Un complément d’explications viendra à ce sujet dans Sûrat al-Raḥmân (1).
Nāfiʿ, Ibn ʿĀmir et Ḥafṣ ont lu « thamarāt » (pluriel) ; les autres ont lu « thamaratin » (singulier) avec un sens collectif, comme dans Sa parole : « et nulle femelle ne porte », où l’on vise également le pluriel.
Il dit donc : « Vers Lui est renvoyée la science de l’Heure » tout comme Lui appartient la connaissance des fruits et des naissances.
« Et le Jour où Il les appellera » : c’est-à-dire qu’Allah s’adressera aux polythéistes :
« Où sont Mes associés » que vous prétendiez, ici-bas, être des divinités intercesseurs ?
« Ils diront » : il s’agit des idoles.
D’autres disent : les polythéistes ; il se peut qu’il vise les deux à la fois, l’adorateur et l’adoré.
« Âdhan-nâka » : nous T’avons fait entendre, nous T’avons informé.
On dit : Âdhana, yuʾdhin : lorsqu’on informe. Ainsi le poète (2) :
« Asmâ’ nous a annoncé sa rupture…
Tel hôte, à force de séjourner, finit par lasser. »