« Il t’a certes été révélé, ainsi qu’à ceux qui t’ont précédé : “Si tu associes (à Allah), ton œuvre sera assurément réduite à néant.” »
C’est-à-dire : tu ne les as appelés qu’à ce à quoi invitent l’ensemble des prophètes ; il n’y a donc aucune raison qu’ils te renient. – D’aucuns ont dit qu’il s’agit ici d’une interrogation : « Qu’est-ce donc qui t’est dit ? » – « … sinon ce qui a déjà été dit aux messagers avant toi. »
Il a également été avancé que l’énoncé « En vérité, ton Seigneur… » constitue un discours indépendant, tout ce qui précède formant déjà une proposition complète lorsque le prédicat est sous-entendu. D’autres ont estimé qu’il se rattache à « ce qui t’est dit » : « Ton Seigneur est certes Détenteur de pardon et Détenteur d’un châtiment douloureux », c’est-à-dire que tu n’es chargé que d’avertir et d’annoncer la bonne nouvelle.
[Sourate Fussilat, 41 : 44]
« Et si Nous en avions fait un Coran en langue étrangère, ils auraient dit : “Pourquoi ses versets n’ont-ils pas été détaillés ? Est-ce donc un [discours] étranger et [un Messager] arabe ?” Dis : “Il est, pour ceux qui croient, guidée et guérison.” Quant à ceux qui ne croient pas, il y a dans leurs oreilles une surdité, et il est pour eux une obscurité. Ceux-là seront interpellés d’un lieu lointain. » (v. 44)
Au sujet de cette parole du Très-Haut – « Et si Nous en avions fait un Coran en langue étrangère… » – il y a trois questions.
Premièrement : Sa parole « Et si Nous en avions fait un Coran en langue étrangère » – c’est-à-dire dans une langue autre que celle des Arabes – « ils auraient dit : “Pourquoi ses versets n’ont-ils pas été explicités ?” », c’est-à-dire exposés dans notre langue, car nous sommes Arabes et ne comprenons pas la langue étrangère. Il l’a donc révélé dans leur idiome afin que se confirme ainsi le sens de l’inimitabilité ; eux, en effet, sont les plus experts en matière d’éloquence, en vers comme en prose. S’ils sont incapables de lui opposer quoi que ce soit, cela constitue l’une des preuves les plus manifestes qu’il vient d’Allah. S’il avait été révélé dans la langue des non-Arabes, ils auraient dit : « Nous ne connaissons rien à cette langue. »
Deuxièmement : Cela établi, le verset prouve que le Coran est arabe, qu’il a été révélé dans la langue des Arabes, qu’il n’est pas étranger ; et que, s’il est transféré de cette langue à une autre, il n’est plus le Coran.
Troisièmement : Sa parole « Est-ce donc un [discours] étranger et [un Messager] arabe ? » Abû Bakr, Ḥamzah et al-Kisâʾî l’ont récitée avec deux hamzas allégées : « a-aʿjamiyyun wa ʿarabiyyun ». Le ʿajamî est celui qui n’appartient pas aux Arabes, qu’il soit éloquent ou non, tandis que l’aʿjamî est celui qui ne s’exprime pas clairement, qu’il soit Arabe ou non-Arabe. « Aʿjam » est l’antonyme de « faṣîḥ » : c’est celui qui ne formule pas distinctement sa parole. On applique également « aʿjam » à l’animal dépourvu de langage, d’où l’expression : « La prière du jour est ʿajmâʾ », c’est-à-dire l’on n’y élève pas la voix dans la récitation. L’attribution au terme « aʿjam » est donc plus appuyée, car l’homme ʿajamî – c’est-à-dire non Arabe – peut se trouver