Parole du Très-Haut :
« Certes, ceux qui ont mécru au Rappel lorsqu’il leur est parvenu… »
Le « Rappel » désigne ici le Coran, selon l’avis unanime, parce qu’il renferme la mention de toutes les prescriptions nécessaires. Le prédicat est élidé ; son sens implicite est : « ils sont voués à périr » ou « ils seront châtiés ».
D’aucuns ont dit que le prédicat est la parole divine : « Ceux-là seront interpellés d’un lieu lointain » (Fussilat, 44).
La phrase : « Il ne t’est dit… » s’intercale, puis le discours revient au Rappel en ces termes : « Et si Nous en avions fait un Coran en langue étrangère… », pour reprendre ensuite : « Ceux-là seront interpellés… » (Fussilat, 44). La première interprétation est celle qu’il convient d’adopter ; al-Naḥḥâs a dit : « Tel est, à ma connaissance, l’avis de l’ensemble des grammairiens. »
« Et c’est assurément un Livre ‘Azīz » : c’est-à-dire honoré auprès d’Allāh, a dit Ibn ʿAbbās ; selon lui encore : honoré de la part d’Allāh. Il a également été dit : noble auprès d’Allāh.
D’autres ont dit : « ‘Azīz » signifie qu’Allāh l’a rendu inviolable, de sorte qu’aucune fausseté ne peut s’y infiltrer. Il a aussi été dit : il doit être exalté, vénéré et l’on ne doit pas s’y adonner à des futilités.
On a encore dit : « ‘Azīz » veut dire qu’il est préservé de Satan, qui ne saurait le falsifier, a rapporté as-Suddī. Muqātil a dit : il est protégé contre Satan et contre tout faux. As-Suddī a aussi déclaré : il est incréé, nul ne lui est comparable. Ibn ʿAbbās a ajouté : « ‘Azīz » signifie qu’il est hors de portée des hommes ; ils ne pourront jamais en produire l’équivalent.
« Le faux ne l’atteint ni par devant ni par derrière » : rien, parmi ce qu’Allāh a révélé auparavant, ne le contredit, et rien ne descendra après lui pour l’annuler ou l’abroger, a expliqué al-Kalbī.
As-Suddī et Qatādah ont dit : « Le faux ne l’atteint pas », c’est-à-dire Satan, « ni par devant ni par derrière » : il n’a pas la capacité d’y changer quoi que ce soit, ni d’y ajouter, ni d’en retrancher.
Saʿīd ibn Jubayr a dit : le démenti ne l’atteint ni par devant ni par derrière.
Ibn Jurayj a dit : « Le faux ne l’atteint pas » ni dans ce qu’il relate du passé, ni dans ce qu’il annonce de l’avenir.
Selon Ibn ʿAbbās : « par devant lui » – de la part d’Allāh Très-Haut ; « ni par derrière lui » – il vise Jibrīl, que la paix soit sur lui, et également Muḥammad, paix et bénédictions d’Allāh sur lui.
« [Il s’agit] d’une Révélation émanant d’un Sage, Digne de louange. »
Ibn ʿAbbās a dit : « Ḥakīm » dans Sa création, « Ḥamīd » à leur égard.
Qatādah a dit : « Ḥakīm » dans Son commandement, « Ḥamīd » envers Ses créatures.
Parole du Très-Haut :
« On ne te dit… »
c’est-à-dire, de propos blessants et de démenti,
« … que ce qui fut déjà dit aux messagers avant toi. »
Allāh console ainsi Son Prophète et l’apaise.
« Ton Seigneur est certes Détenteur de pardon » – pour toi et pour tes compagnons –
« et Détenteur d’un châtiment douloureux » – qu’Il destine à tes ennemis, un châtiment affligeant.
On a également dit : le sens est : on ne te dit, au sujet de la sincérité du culte voué à Allāh seul, que ce qui fut déjà révélé à ceux qui t’ont précédé ; il n’y a pas de divergence entre les législations en ce qui a trait à l’Unicité, comme dans Sa parole