Parole du Très-Haut :
« Certes, ceux qui dévient à propos de Nos signes ne Nous sont pas cachés. Celui qu’on précipitera dans le Feu vaut-il mieux, ou bien celui qui viendra en sécurité, le Jour de la Résurrection ? Œuvrez donc comme il vous plaira ; en vérité, Il voit parfaitement ce que vous faites.
Quant à ceux qui ont mécru au Rappel lorsqu’il leur est parvenu… c’est pourtant un Livre puissant ;
le faux ne l’atteint ni par devant ni par derrière : une Révélation émanant d’un Sage, Digne de louange.
Il ne t’est dit que ce qui a déjà été dit aux messagers avant toi. Ton Seigneur est, certes, Détenteur de pardon, et Détenteur d’un châtiment douloureux. »
Parole du Très-Haut : « Certes, ceux qui dévient à propos de Nos signes », c’est-à-dire qu’ils s’écartent de la vérité en ce qui concerne Nos preuves.
Le terme « ilḥâd » désigne l’inclinaison et la déviation. De lui dérive le mot « laḥd » (fosse latérale) de la tombe, parce qu’on la creuse obliquement, sur l’un de ses côtés.
On dit : « Untel a pratiqué l’ilḥâd dans la religion d’Allâh », c’est-à-dire qu’il s’en est détourné et écarté. On dit aussi « laḥada » : c’est une variante linguistique.
Ce verset vise ceux qui ont déclaré : « N’écoutez pas ce Coran et faites du vacarme lorsque vous l’entendez », c’est-à-dire ceux qui ont dévié à propos de Ses versets et se sont détournés de la vérité en affirmant : le Coran ne vient pas d’Allâh, ou bien il est poésie, ou sorcellerie ; les « signes » sont donc ici les versets coraniques.
Mujâhid a dit : « Ils dévient à propos de Nos signes », c’est-à-dire, lorsqu’on récite le Coran, ils sifflent, battent des mains, tiennent des propos futiles et chantent.
Ibn ʿAbbâs a dit : cela consiste à altérer la parole et à la placer là où elle n’a pas sa place.
Qatâdah a dit : « Ils dévient à propos de Nos signes », c’est-à-dire qu’ils mentent au sujet de Nos signes.
As-Suddi a dit : ils contestent et s’opposent.
Ibn Zayd a dit : ils associent (des divinités) et mentent. Tous ces sens se rapprochent les uns des autres.
Muqâtil a dit : ce verset fut révélé au sujet d’Abû Jahl.
D’autres ont dit : les « signes » désignent les miracles ; cependant l’interprétation revient à la première, car le Coran est lui-même un miracle.
« Est-ce donc celui qu’on jettera dans le Feu » – sur son visage – et c’est Abû Jahl selon Ibn ʿAbbâs et d’autres,
« vaut-il mieux, ou celui qui viendra en sécurité le Jour de la Résurrection ? »
Il a été dit : il s’agit du Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – (rapporté de Muqâtil).
D’autres ont dit : ʿAmmâr ibn Yâsir.
D’autres : Hamza.
D’autres : ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb.
D’autres : Abû Salamah ibn ʿAbd al-Asad al-Makhzûmî.
D’autres encore disent : les croyants, de façon générale.
Une opinion veut que le verset soit d’ordre général : celui qu’on jettera dans le Feu est le mécréant, tandis que celui qui viendra en sécurité le Jour de la Résurrection est le croyant, ainsi l’a dit Ibn Baḥr.
« Œuvrez donc comme il vous plaira » : un ordre exprimant la menace ; c’est-à-dire : maintenant que vous savez que ces deux catégories ne sont pas égales, vous ne pourrez échapper à la rétribution.
« Il voit parfaitement ce que vous faites » : une mise en garde, assortie de menace et de promesse de châtiment.