Parole du Très-Haut :
« La bonne action n’est point comparable à la mauvaise. »
Al-Farrâ’ a dit : la particule « lā » est ici de pure liaison, autrement dit : « La bonne action n’est point comparable à la mauvaise. » Il a cité ce vers :
« Jamais le Messager d’Allah n’eût agréé leur attitude …
— ni les deux excellents, Abû Bakr et pas davantage ‘Umar. »
Il vise par là Abû Bakr et ‘Umar ; autrement dit : ce à quoi tu t’attaches, le tawḥîd, ne saurait être mis sur le même plan que ce à quoi s’attachent les polythéistes, à savoir le shirk.
Ibn ‘Abbâs a dit : la bonne action, c’est « Lâ ilâha illâ Allah » ; la mauvaise, c’est le polythéisme.
On a également dit : la bonne action est l’obéissance, la mauvaise le polythéisme ; ce qui revient au même que l’explication précédente.
On a encore dit : la bonne action est la mansuétude, la mauvaise la dureté.
Et l’on a dit : la bonne action est le pardon, la mauvaise la vengeance.
Ad-Ḍaḥḥâk a dit : la bonne action, c’est la science ; la mauvaise, l’obscénité.
‘Alî ibn Abî Tâlib — qu’Allah l’agrée — a déclaré : la bonne action, c’est l’amour de la Famille du Messager ; la mauvaise, c’est leur inimitié.
Parole du Très-Haut :
« Repousse [le mal] par ce qui est meilleur. »
Ce commandement a été abrogé par le Verset de l’Épée, mais il en subsiste ce qui est recommandé : la bonne compagnie, la patience et l’indulgence.
Ibn ‘Abbâs a dit : repousse l’ignorance de celui qui se montre ignorant envers toi par ta longanimité.
Il a également rapporté : lorsqu’un homme injurie un autre, celui-ci répond : « Si tu dis vrai, qu’Allah me pardonne ; mais si tu mens, qu’Allah te pardonne. »
Un récit rapporte qu’Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq — qu’Allah l’agrée — adressa ces mêmes paroles à un homme qui l’avait offensé.
Mujâhid a dit : « par ce qui est meilleur » signifie offrir le salut de paix lorsqu’il rencontre son adversaire ; ‘Atâ’ a tenu le même propos. Un troisième avis, cité par le Qâḍî Abû Bakr Ibn al-‘Arabî dans Al-Aḥkâm, y voit la poignée de main.
Dans la Tradition : « Serrez-vous la main ; la rancœur disparaîtra. »
Mâlik n’approuvait pas la pratique de la poignée de main. Il en discuta avec Sufyân qui lui dit : « Le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — serra la main de Ja‘far lorsqu’il revint d’Abyssinie. » Mâlik répondit : « C’était un cas particulier. » Sufyân rétorqua : « Rien de ce que le Messager d’Allah a réservé à lui-même ne nous est interdit ; ce qu’il a rendu général nous concerne également. La poignée de main est bien établie ; il n’y a donc aucun motif pour la rejeter. »
Qatâdah rapporte : je demandai à Anas : « La poignée de main existait-elle entre les Compagnons du Messager d’Allah ? » Il répondit : « Oui. » Ce hadith est authentique.
Dans la Tradition : « Parachever l’affection, c’est prendre la main [de son frère]. »
Et, dans un hadith rapporté par Muḥammad ibn Isḥâq — un Imâm éminent —, d’après Az-Zuhrî, d’après ‘Urwah, d’après ‘Â’ishah — qu’Allah l’agrée — :
« Zayd ibn Ḥârithah arriva à Médine alors que le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — se trouvait dans ma demeure. Il frappa à la porte ; le Messager d’Allah se leva vers lui, dévêtu, entraînant son vêtement — par Allah, je ne l’avais jamais vu nu ni avant ni après —, et il l’enlaça puis l’embrassa. »