Parole d’Allah — exalté soit-Il : « Et qui profère parole plus belle que celui qui appelle vers Allah et accomplit une œuvre vertueuse ? »
Ceci constitue un blâme à l’encontre de ceux qui se sont recommandés mutuellement la futilité à propos du Coran.
Le sens en est : quelle parole pourrait être plus excellente que le Coran, et qui aurait un propos plus beau que celui qui appelle à Allah et à Son obéissance — à savoir Muhammad, paix et bénédictions d’Allah sur lui.
Ibn Sîrîn, as-Suddî, Ibn Zayd et al-Hasan ont dit : « Il s’agit du Messager d’Allah ﷺ. »
Al-Hasan, lorsqu’il récitait ce verset, disait : « Voici le Messager d’Allah, voici l’Aimé d’Allah, voici l’Allié d’Allah, voici l’Élu d’Allah, voici le Privilégié d’Allah ; par Allah, il est l’être de la terre le plus aimé d’Allah. Il a répondu à l’appel de son Seigneur et a appelé les gens à ce à quoi lui-même a répondu. »
‘Âʾishah — qu’Allah l’agrée —, ʿIkrimah, Qays ibn Abî Ḥâzim et Mujâhid ont dit : « Le verset a été révélé au sujet des muezzins. »
Fudayl ibn Rufaydah rapporte : « J’étais le muezzin des compagnons de ʿAbdullâh ibn Masʿûd. ʿÂṣim ibn Hubayrah me dit : “Lorsque tu as proclamé : ‘Allâhu Akbar, Allâhu Akbar, lâ ilâha illâ Allâh’, ajoute : ‘… et je suis du nombre des musulmans’, puis il récita ce verset.” »
Ibn al-ʿArabî a dit : « La première opinion est la plus correcte, car le verset est mecquois tandis que l’adhân est médinois ; celui-ci n’entre donc dans la portée du verset que par son sens général, non parce qu’il en aurait été la cible lors de la révélation. »
Relèvent également de ce verset Abû Bakr as-Ṣiddîq lorsqu’il s’écria au sujet du Prophète ﷺ, que l’impie étranglait alors : « Tuerez-vous un homme parce qu’il dit : “Mon Seigneur est Allah” ? » (Ghâfir, 28).
Le verset englobe ainsi toute parole belle dans laquelle sont évoqués l’Unicité (at-tawḥîd) et la foi.
Je dis : il existe une troisième opinion — la meilleure.
Al-Hasan a dit : « Ce verset est d’application générale pour toute personne qui appelle vers Allah. »
De même, Qays ibn Abî Ḥâzim a déclaré : « Il fut révélé au sujet de chaque croyant. »
Il a ajouté : le sens de « et accomplit une œuvre vertueuse » est la prière entre l’adhân et l’iqâmah ; tel fut aussi l’avis d’Abû Umâmah, qui a dit : « Il accomplit deux rakʿa entre l’appel initial et l’iqâmah. »
ʿIkrimah a dit : « Il prie et jeûne. »
Al-Kalbî a dit : « Il s’acquitte des obligations prescrites. »
Je (l’auteur) dis : cette dernière explication est la plus pertinente, pourvu qu’elle s’accompagne de l’évitement des interdits et d’un grand nombre d’œuvres recommandées. Allah est Plus Savant.
« … et il dit : “Je suis certes du nombre des musulmans.” »
Ibn al-ʿArabî commente : « Ce qui précède atteste déjà de l’islam ; toutefois, l’appel — qu’il se fasse par la parole ou par l’épée — peut avoir pour motif la conviction ou l’argument, et l’action peut relever de l’ostentation ou de la sincérité. Il est donc indispensable d’énoncer explicitement la croyance vouée à Allah dans tout cela, et que l’œuvre soit accomplie pour Sa Face. »
Question : Puisqu’Allah — exalté soit-Il — a dit : « … et il dit : “Je suis certes du nombre des musulmans” » sans y adjoindre la condition « si Allah le veut », il y a là une réfutation de celui qui déclare : « Je suis musulman, si Allah le veut. »