Nous les avons ainsi rendus dépendants les uns des autres : le pauvre du riche, afin de tirer profit de lui, et le riche du pauvre, afin de recourir à son assistance ; dès lors, les uns ont paré aux yeux des autres la désobéissance.
Quant à Sa parole : « et ce qui est derrière eux », elle ne vient pas se coordonner à « ce qui est devant eux » ; le sens est plutôt : « et Nous leur avons fait oublier ce qui est derrière eux », l’élision du verbe étant sous-entendue dans l’expression.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Ce qui est devant eux » désigne leur négation des réalités de l’Au-delà ; « et ce qui est derrière eux » renvoie à la procrastination et à l’attrait de ce monde.
Az-Zajjâj a déclaré : « Ce qui est devant eux » est ce qu’ils ont déjà accompli ; « et ce qui est derrière eux » est ce qu’ils se sont résolus à accomplir. L’opinion de Mujâhid a déjà été citée.
Il a encore été dit : « Ils auront, pour eux, l’équivalent des péchés déjà commis ; et “ce qui est derrière eux” correspond à ce qui sera œuvré après eux. »
« Et la Parole s’est réalisée contre eux, au sein de communautés » : c’est-à-dire qu’il leur est devenu obligatoire de subir le même châtiment que les nations qui, avant eux, avaient mécru comme ils ont mécru.
On a également avancé que la préposition « fî » (dans) vaut ici pour « maʿa » (avec) ; le sens serait alors : ils sont inclus, avec les nations mécréantes qui les ont précédés, dans ce dans quoi celles-ci sont tombées.
Une autre explication veut que l’expression « fî umamin » signifie « parmi des nations ». Le poète dit en ce sens :
« Si la meilleure faveur t’a été refusée,
Sache qu’à d’autres aussi elle fut refusée. »
Il entend : tu te trouves parmi d’autres ; je ne suis pas, pour cela, un cas unique.
Sur le plan syntaxique, « fî umamin » est à l’accusatif, employé comme circonstanciel (ḥâl) rattaché au pronom de « ʿalayhim » : la Parole s’est donc réalisée contre eux, alors qu’ils se trouvaient au nombre des nations.
« Ils étaient bel et bien des perdants » : perdants de leurs œuvres dans ce monde, perdants d’eux-mêmes et de leurs familles au Jour de la Résurrection.
[Coran, s. Fussilat (41), v. 26-29]
26. Les mécréants dirent : « N’écoutez pas ce Coran ; faites du vacarme pendant sa récitation, peut-être l’emporterez-vous. »
27. Nous ferons certes goûter aux mécréants un châtiment sévère, et Nous les rétribuerons selon le pire de ce qu’ils œuvraient.
28. Tel est le salaire des ennemis d’Allah : le Feu ; ils y auront la demeure éternelle, rétribution pour avoir renié Nos signes.
29. Et les mécréants diront : « Seigneur, montre-nous ceux qui nous ont égarés, parmi les djinns et les hommes ; nous les placerons sous nos pieds, afin qu’ils soient parmi les plus vils. »