Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La Parole du Très-Haut :
« Quant aux ‘Âd, ils s’enflèrent d’orgueil sur la terre »
à l’égard des serviteurs d’Allah – Hûd et ceux qui crurent avec lui –
« sans droit, et ils dirent : “Qui donc est plus puissant que nous ?” ».

Ils furent trompés par la vigueur de leurs corps, lorsque Hûd les menaça du châtiment. Ils dirent alors : « Nous saurons repousser le châtiment grâce à notre force. » En effet, ils possédaient des corps élancés et une stature imposante. Il a déjà été rapporté, dans la sourate Al-Aʿrâf[1] d’après Ibn ʿAbbâs, que le plus grand d’entre eux mesurait cent coudées et le plus petit soixante.

Allah – exalté soit-Il – leur répondit :
« Ne voient-ils donc pas qu’Allah, Celui qui les a créés, est plus fort qu’eux »
– et plus Puissant – ; la créature ne détient de force que par la puissance qu’Allah lui accorde, et Allah est assurément plus capable qu’elle.

« Et ils reniaient Nos signes »,
c’est-à-dire qu’ils mécroyaient à Nos miracles.

La Parole du Très-Haut :
« Nous déchaînâmes sur eux un vent mugissant (ṣarṣar) »
explique la foudre (ṣâʿiqa) qu’Il leur envoya : un vent glacial, d’un froid intense, assourdissant et violent.

On dit : son étymologie est ṣarar, dérivé de ṣirr, qui signifie le froid[2] ; la consonne médiane (r) a été remplacée par la consonne initiale du verbe, comme dans kabkabû (dérivé de kabbabû) ou tajafjafa (dérivé de tajaffafa).

Abû ʿUbayda : « ṣarṣar » signifie un vent violent et impétueux.
ʿIkrima et Saʿîd b. Jubayr : un vent d’un froid pénétrant.

Qutrub récita ces vers d’al-Ḥuṭayʾa :
(A) « Ils rassasient quand surgit la rafale glaciale,
(A) Et portent secours lorsqu’on leur réclame l’amende légale. »
Il expliqua que « istaudû » signifie : lorsqu’on leur demande la diya (indemnité de sang).

Mujâhid : un vent brûlant et suffocant.
Maʿmar rapporte de Qatâda – et ʿAtâ’ dit de même – qu’il s’agit d’un vent glacial, car « ṣarṣar » dérive de ṣirr, le froid, comme dans le vers :
(B) « Elle a pour excuse la pointe affilée de la lance,
(B) Dressée un jour de vent cinglant et de froid intense. »

As-Suddî : un vent d’un bruit terrifiant – de là le verbe ṣarra : le calame ou la porte « grince ».

On dit encore : un dirham ṣarriyy ou ṣirriyy est une pièce qui résonne lorsqu’on la fait tinter.

Ibn as-Sikkît : « ṣarṣar » peut provenir de ṣirr (le froid), de ṣarîr (le grincement de la porte) ou de ṣarra (le cri perçant). Ainsi dans la Parole : « Son épouse survint dans un cri (ṣarra) » (Adh-Dhâriyât, 29).

Ṣarṣar est également le nom d’un fleuve en Irak.

« … durant des jours néfastes »,
c’est-à-dire funestes,

قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَأَمَّا عادٌ فَاسْتَكْبَرُوا فِي الْأَرْضِ" عَلَى عِبَادِ اللَّهِ هُودٍ وَمَنْ آمَنَ مَعَهُ " بِغَيْرِ الْحَقِّ وَقالُوا مَنْ أَشَدُّ مِنَّا قُوَّةً" اغْتَرُّوا بِأَجْسَامِهِمْ حِينَ تَهَدَّدَهُمْ بِالْعَذَابِ، وَقَالُوا: نَحْنُ نَقْدِرُ عَلَى دَفْعِ الْعَذَابِ عَنْ أَنْفُسِنَا بِفَضْلِ قُوَّتِنَا. وَذَلِكَ أَنَّهُمْ كَانُوا ذَوِي أَجْسَامٍ طِوَالٍ وَخَلْقٍ عَظِيمٍ. وَقَدْ مَضَى فِي [الْأَعْرَافِ «١» ] عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: أَنَّ أَطْوَلَهُمْ كَانَ مِائَةَ ذِرَاعٍ وَأَقْصَرَهُمْ كَانَ سِتِّينَ ذِرَاعًا. فَقَالَ اللَّهُ تَعَالَى رَدًّا عَلَيْهِمْ: " أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّ اللَّهَ الَّذِي خَلَقَهُمْ هُوَ أَشَدُّ مِنْهُمْ قُوَّةً" وَقُدْرَةً، وَإِنَّمَا يَقْدِرُ الْعَبْدُ بِإِقْدَارِ اللَّهِ، فَاللَّهُ أَقْدَرُ إِذًا. " وَكانُوا بِآياتِنا يَجْحَدُونَ" أَيْ بِمُعْجِزَاتِنَا يَكْفُرُونَ. قَوْلُهُ تَعَالَى، " فَأَرْسَلْنا عَلَيْهِمْ رِيحاً صَرْصَراً" هَذَا تَفْسِيرُ الصَّاعِقَةِ الَّتِي أَرْسَلَهَا عَلَيْهِمْ، أَيْ رِيحًا بَارِدَةً شَدِيدَةَ الْبَرْدِ وَشَدِيدَةَ الصَّوْتِ وَالْهُبُوبِ. وَيُقَالُ: أَصْلُهَا صَرَرٌ مِنَ الصِّرِّ وَهُوَ الْبَرْدُ «٢» فَأَبْدَلُوا مَكَانَ الرَّاءِ الْوُسْطَى فَاءَ الْفِعْلِ، كَقَوْلِهِمْ كَبْكَبُوا أَصْلُهُ كَبَّبُوا، وَتَجَفْجَفَ الثَّوْبُ أَصْلُهُ تَجَفَّفَ. أَبُو عُبَيْدَةَ: مَعْنَى صَرْصَرٍ: شَدِيدَةٌ عَاصِفَةٌ. عِكْرِمَةُ وَسَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: شَدِيدُ الْبَرْدِ. وَأَنْشَدَ قُطْرُبٌ قَوْلَ الْحُطَيْئَةِ: الْمُطْعِمُونَ إِذَا هَبَّتْ بِصَرْصَرَةٍ ... - وَالْحَامِلُونَ إِذَا اسْتُودُوا عَلَى النَّاسِ اسْتُودُوا: إِذَا سُئِلُوا الدِّيَةَ. مُجَاهِدٌ: الشَّدِيدَةُ السَّمُومِ. وَرَوَى مَعْمَرٌ عَنْ قَتَادَةَ قَالَ: بَارِدَةٌ. وَقَالَهُ عَطَاءٌ، لِأَنَّ " صَرْصَرًا" مَأْخُوذٌ مِنْ صِرٍّ وَالصِّرُّ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ الْبَرَدُ» كَمَا قال: لها عذر كقرون النسا ... - ء رُكِّبْنَ فِي يَوْمِ رِيحٍ وَصِرْ وَقَالَ السُّدِّيُّ: الشَّدِيدَةُ الصَّوْتِ. وَمِنْهُ صَرَّ الْقَلَمُ وَالْبَابُ يَصِرُّ صَرِيرًا أَيْ صَوَّتَ. وَيُقَالُ: دِرْهَمٌ صَرِّيٌّ وَصِرِّيٌّ لِلَّذِي لَهُ صَوْتٌ إِذَا نُقِدَ. قَالَ ابْنُ السِّكِّيتِ: صَرْصَرٌ يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ مِنَ الصِّرِّ وَهُوَ الْبَرْدُ، وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ مِنْ صَرِيرِ الْبَابِ، وَمِنَ الصَّرَّةِ وَهِيَ الصَّيْحَةُ. وَمِنْهُ " فَأَقْبَلَتِ امْرَأَتُهُ فِي صَرَّةٍ" [الذاريات: ٢٩] . وَصَرْصَرٌ اسْمُ نَهَرٍ بِالْعِرَاقِ. " فِي أَيَّامٍ نَحِساتٍ" أي مشئومات،
(١). راجع ج ٧ ص ٢٣٦ طبعه أولى أو ثانية. (٢). الزيادة من اللسان عن ابن السكيت لأن هذا الكلام له. (٣). هو امرؤ القيس يصف فرسه.

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