ainsi que ta lune et tes étoiles ; fais courir tes vents et tes nuées.
Puis Il dit à la terre : « Fends tes fleuves, fais sortir tes arbres et tes fruits, que vous le vouliez ou non, toutes deux. »
Elles dirent : « Nous venons de plein gré. »
Le propos comporte une ellipse : « Nous venons à Ton commandement, volontairement. »
On a également dit : le sens de cet ordre est l’assujettissement, c’est-à-dire : « Soyez ! » et elles furent, comme Il — Très-haut — l’a dit : « Notre seule parole, quand Nous voulons une chose, est de lui dire : “Sois !”, et elle est. » (An-Naḥl, 40)
Selon cette interprétation, Il proféra cet ordre avant leur création ; selon la première opinion, après leur création, et c’est l’avis majoritaire.
À propos de la parole qu’Il — exalté soit-Il — leur adressa, deux explications existent : la première y voit une parole proprement dite qu’Il prononça ; la seconde considère qu’il s’est agi d’une puissance émanant de Lui, manifestée à elles, qui tint lieu de parole pour réaliser ce qui était voulu — ainsi le rapporte al-Māwardī.
Quant à leur réponse : « Nous venons de plein gré », elle s’entend elle aussi de deux manières : la première consiste à y voir la simple manifestation de leur obéissance ; leur soumission vaut alors parole. De là ce vers du poète au mètre rajaz :
« L’abreuvoir s’est rempli et a dit : “Cela me suffit…
Doucement, tout doucement, j’ai comblé mon ventre !” »,
autrement dit : le trop-plein s’y est manifesté.
La majorité des savants, cependant, affirme qu’Allah a créé la parole en elles ; elles parlèrent donc comme Il — Très-haut — le voulut. Abû Naṣr as-Saksakî a dit : « C’est l’emplacement de la Kaʿba, sur terre, qui prit la parole, ainsi que la partie du ciel qui lui fait face ; Allah — exalté soit-Il — y plaça son Sanctuaire sacré. »
Il est dit « ṭâʿîn » (masculin pluriel) et non « ṭâʿiyatayn » (dual féminin) ni « ṭâʿiyât » (féminin pluriel), parce qu’il s’agit des cieux et des terres, et qu’il entend, par-là, inclure également ceux qui s’y trouvent.
On a encore expliqué que, les ayant décrites par la parole et la réponse — attributs des êtres doués de raison —, le Texte les a traitées, dans le pronom, comme des êtres raisonnables, comme dans : « Je les ai vus prosternés devant moi » (Yûsuf, 4), ainsi qu’il a déjà été exposé.
Un ḥadîth rapporte que Mûsâ — sur lui la prière et la paix — dit : « Seigneur, si les cieux et la terre, lorsque Tu leur as dit : “Venez, de gré ou de force”, T’avaient désobéi, qu’aurais-Tu fait d’eux ? » Il répondit : « J’aurais ordonné à une de Mes créatures de les engloutir. » — « Seigneur, où se trouve donc cette créature ? » — « Dans une prairie parmi Mes prairies. » — « Seigneur, et où est cette prairie ? » — « C’est une science parmi Mes sciences. » Ce récit est mentionné par ath-Thaʿlabî.
Ibn ʿAbbâs, Mujâhid, Saʿîd b. Jubayr et ʿIkrima ont récité « âtayâ » (avec allongement et fatḥa). De même l’expression « âtaynâ ṭâʿîn » peut se comprendre ainsi : « Donnez, toutes deux, l’obéissance qui vient de vous-mêmes » ; « Elles dirent : Nous l’avons donnée, volontaires », les deux compléments d’objet étant alors sous-entendus. Il est également permis — et même préférable — de voir dans « âtaynâ » un verbe de la forme fâʿalnâ, avec la suppression d’un seul complément.
Quant à celui qui lit « ataynâ », le sens est : « Nous sommes venues avec ce qui est en nous », ainsi qu’on l’a déjà expliqué ailleurs. Et louange à Allah.