Et le sens est : « Unifiez-Moi et adorez-Moi ; J’agréerai votre adoration et Je vous pardonnerai. »
On a dit encore : il s’agit du rappel (dhikr), de l’invocation (duʿâ’) et de la demande.
Anas rapporte que le Prophète — qu’Allah lui accorde bénédiction et paix — a dit : « Que chacun d’entre vous sollicite son Seigneur pour l’ensemble de ses besoins, jusqu’à Lui demander la courroie de sa sandale quand elle se rompt. »
Il est également dit que l’invocation consiste à délaisser les péchés.
Qatâda rapporte que Kaʿb al-Aḥbâr a déclaré : « Cette communauté a reçu trois faveurs qu’aucune communauté avant elle n’avait reçues, hormis un Prophète. Lorsqu’un Prophète était envoyé, on lui disait : “Tu es témoin contre ta communauté”, tandis qu’Allah a dit à cette communauté : « … afin que vous soyez témoins contre les gens » (al-Baqarah 2 : 143).
« Il était dit au Prophète : “Nulle gêne n’est imposée à toi en religion”, alors qu’Il a dit à cette communauté : « Il n’a point placé sur vous, dans la religion, de gêne » (al-Ḥaǧǧ 22 : 78).
« Il était dit au Prophète : “Invoque-Moi, Je t’exaucerai”, alors qu’Il a dit à cette communauté : « Invoquez-Moi, Je vous exaucerai. » »
Je dis : pareille parole ne peut relever de la simple opinion ; elle est rapportée avec élévation de chaîne (marfûʿ). Layth la transmet de Shahr b. Ḥawshab, d’après ʿUbâdah b. aṣ-Ṣâmit, lequel a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah lui accorde bénédiction et paix — dire :
« Ma communauté a reçu trois choses qui n’avaient été accordées que aux Prophètes. Lorsque Dieu Très-Haut envoyait un Prophète, Il lui disait : “Invoque-Moi, Je t’exaucerai”, et Il a dit à cette communauté : “Invoquez-Moi, Je vous exaucerai.” Lorsque Dieu envoyait un Prophète, Il lui disait : “Je n’ai point placé de gêne sur toi en religion”, et Il a dit à cette communauté : “Il n’a point placé sur vous, dans la religion, de gêne” (al-Ḥaǧǧ 22 : 78). Lorsque Dieu envoyait un Prophète, Il faisait de lui un témoin contre son peuple, et Il a fait de cette communauté des témoins contre les gens. »
Al-Tirmidhî al-Ḥakîm a mentionné ce hadith dans Nawâdir al-Uṣûl.
Khalid ar-Rabʿî disait : « Il est étonnant que cette communauté à qui il a été dit : “Invoquez-Moi, Je vous exaucerai” : Il leur a ordonné l’invocation et leur a promis l’exaucement, sans qu’aucune condition ne sépare les deux. »
On lui demanda : « Par exemple ? » Il répondit : « Par Sa parole, exalté soit-Il : « Et annonce la bonne nouvelle à ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres » (al-Baqarah 2 : 25) ; il y a ici une condition. Et Sa parole : « Annonce la bonne nouvelle à ceux qui croient qu’ils auront une position de vérité » (Yûnus 10 : 2) ; là, il n’y a pas la condition de l’action. De même, Sa parole : « Invoquez Allah en Lui vouant un culte exclusif » (Ghâfir 40 : 14) : il y a là une condition, tandis que Sa parole : « Invoquez-Moi, Je vous exaucerai » ne comporte aucune condition. »
Les communautés précédentes avaient l’habitude de se tourner vers leurs prophètes pour leurs besoins, jusqu’à ce que les prophètes le demandent pour elles.
On a également dit que la question relève du rapport entre l’absolu et le conditionné, ainsi qu’il a été expliqué plus haut dans al-Baqarah (1).
C’est-à-dire : « Je vous exaucerai, si Je le veux », comme dans Sa parole : « … puis Il écarte ce pour quoi vous L’appelez, s’Il le veut » (al-Anʿâm 6 : 41).
Quant à l’exaucement, il se peut qu’il porte sur autre chose que l’objet même de la demande, selon le hadith d’Abû Saʿîd al-Khudrî mentionné précédemment.