La parole du Très-Haut :
« Endure donc ; certes, la promesse d’Allah est Vérité. »
C’est-à-dire : Endure, ô Muhammad, les vexations des polythéistes, comme l’ont endurées ceux qui t’ont précédé. Quant à « la promesse d’Allah est Vérité », il s’agit de Sa promesse de t’assister et de te donner la suprématie, tout comme Il donna la victoire à Mûsâ et aux Fils d’Israël.
Al-Kalbî a dit : ce verset a été abrogé par le « verset du sabre ».
« Et implore pardon pour ta faute. »
On a dit : pour la faute de ta communauté ; le premier terme de l’annexion a été omis et le second mis à sa place. D’autres ont dit : pour ta propre faute, selon l’opinion de ceux qui admettent la possibilité de fautes vénielle chez les prophètes. Quant à ceux qui la nient, ils affirment qu’il s’agit d’un acte cultuel prescrit au Prophète – sur lui la paix – consistant à invoquer, comme dans la parole du Très-Haut : « Accorde-nous ce que Tu nous as promis » (Âl ʿImrân, 3 : 194). Le bénéfice en est l’élévation des degrés et le fait que cette invocation devienne une sunna pour ceux qui viendront après lui. On a également dit : implore le pardon d’Allah pour une faute commise avant la Prophétie.
« Et célèbre la louange de ton Seigneur, au soir et à l’aube. »
Selon Al-Hasan et Qatâdah, il s’agit de la prière du Fajr et de la prière du ʿAsr. D’autres ont dit : il s’agit d’une prière qui se pratiquait à La Mecque avant que les cinq prières obligatoires ne soient instituées : deux rakʿa à l’aube et deux rakʿa au crépuscule – cela est également rapporté d’Al-Hasan par Al-Mâwardî – et ferait partie de ce qui a été abrogé ; Allah est Plus Savant.
Sa parole :
« …par la louange de ton Seigneur »
signifie : par la reconnaissance et la glorification qui Lui sont dues. Il a aussi été dit : « Et célèbre la gloire de ton Seigneur par Sa louange » – c’est-à-dire persévère dans le tasbîḥ, dans la prière et en dehors, afin d’être occupé par cela plutôt que de t’impatienter du secours.
La parole du Très-Haut :
« Certes, ceux qui disputent au sujet des signes d’Allah… »
– c’est-à-dire qui polémiquent –
« …sans qu’aucune autorité ne leur soit parvenue »
– c’est-à-dire sans preuve –
« …il n’est dans leurs poitrines que superbe ; mais ils ne l’atteindront pas. »
Al-Zajjâj a dit : le sens en est : « Il n’y a dans leurs poitrines qu’orgueil ; ils n’atteindront pas l’objet qu’ils visent », en sous-entendant un terme élidé. D’autres ont dit : le sens est : « Ils n’atteindront pas l’orgueil », sans élision. En effet, ces gens pensaient que, s’ils suivaient le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et de paix — leur rang diminuerait et que leurs conditions se détérioreraient, et qu’ils ne s’élèveraient qu’en refusant de le suivre ; Allah, Glorieux et Majestueux, les informa qu’ils n’atteindraient pas l’élévation qu’ils espéraient par leur démenti. Les visés sont les polythéistes. D’autres ont dit : il s’agit des Juifs ; dans ce cas, le verset est médinois, comme il a été mentionné au début de la sourate.