Il veut dire : « et tout feu. »
Dans la récitation d’Ibn Masʿûd : « sur le cœur de tout orgueilleux » ; cette lecture relève de l’explication et de l’annexion (iḍâfa).
Abû ʿAmr, Ibn Muḥayṣin et Ibn Dhakwân – d’après les lecteurs du Shâm – ont lu « qalbin » (avec tanwîn), prenant « mutakabbir » pour adjectif du cœur ; le cœur représente ainsi l’être tout entier, car c’est lui qui s’enfle d’orgueil et les autres membres le suivent. C’est à ce propos que le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – a dit :
« Il est, dans le corps, un morceau de chair ; s’il est sain, tout le corps est sain ; et s’il est corrompu, tout le corps est corrompu : c’est le cœur. »
On peut également supposer une suppression de l’élément annexant : autrement dit : « sur tout détenteur d’un cœur orgueilleux », l’attribut qualifiant alors le possesseur du cœur.
Sourate Ghâfir (40), versets 36-37 :
« Pharaon dit : “Ô Hâmân, bâtis-moi une tour ; peut-être atteindrai-je les voies, les voies des cieux, et j’apercevrai le Dieu de Moïse – mais je le tiens certainement pour menteur.” Ainsi la mauvaise action de Pharaon lui fut enjolivée et il fut détourné du chemin ; et la ruse de Pharaon n’aboutit qu’à la ruine. »
Sa parole – Exalté soit-Il :
« Pharaon dit : Ô Hâmân, construis-moi un édifice élevé. »
Lorsque le Croyant de la famille de Pharaon eut parlé et que Pharaon craignit que ces paroles ne s’implantassent dans le cœur du peuple, il fit mine d’examiner ce que Moïse avait apporté comme affirmation de l’Unicité : si cela se révélait véridique, il ne le leur cacherait pas ; sinon, il les affermirait dans leur religion. Il ordonna donc à son ministre Hâmân de bâtir la tour ; nous avons déjà mentionné ce récit dans la Sourate al-Qaṣaṣ¹.
« Peut-être atteindrai-je les voies… les voies des cieux » – « les voies des cieux » est un substitut (badal) du premier terme. Selon Qatâda, az-Zuhrî, as-Suddî et al-Akhfash, les « voies du ciel » sont ses portes ; le poète a chanté :
« Quiconque craint les causes de la mort les subira,
fût-ce qu’il vise les voies du ciel au moyen d’une échelle. »²
Abû Ṣâliḥ a dit : les « voies des cieux » sont leurs sentiers. D’autres ont avancé qu’il s’agit des choses par lesquelles se maintiennent les cieux. Le mot « voies » est répété pour magnifier la chose : lorsqu’un élément est d’abord laissé vague puis précisé, cela en exalte l’importance. – Allah est plus savant.
« … afin que je puisse apercevoir le Dieu de Moïse » : c’est-à-dire le regarder d’un point dominant ; il s’imaginait qu’Il était un corps contenu dans les lieux. Quant à Pharaon