Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

durant vingt ans.

An-Nakkâch rapporte d’après ad-Ḍaḥḥâk qu’Allah – Très-Haut – leur dépêcha un Messager issu des djinns, nommé Yûsuf.

Wahb ibn Munabbih a déclaré : « Le Pharaon de Mûsâ est le même que le Pharaon de Yûsuf ; il jouit d’une longévité exceptionnelle. » D’autres soutiennent toutefois qu’il s’agit d’un autre Pharaon.

An-Naḥḥâs dit : « Rien, dans le verset, n’indique qu’il s’agisse de ce même Pharaon ; car lorsqu’un Prophète vient avec des preuves décisives pour ses contemporains comme pour ceux qui leur succèdent, il est dès lors venu à tous avec ces preuves, et il leur incombe de les reconnaître. »

« Vous n’avez cessé d’être dans le doute au sujet de ce qu’il vous a apporté » : c’est-à-dire que vos ancêtres persistèrent dans le doute ; « jusqu’à ce qu’il mourût et que vous disiez : “Jamais Allah n’enverra de messager après lui.” » Autrement dit : aucun homme ne revendiquera la mission prophétique.

« C’est ainsi qu’Allah égare » : par un égarement semblable, Allah égare celui qui est outrancier – c’est-à-dire polythéiste – et plein de doutes, hésitant quant à l’Unicité d’Allah – Exalté soit-Il.

La parole d’Allah – Très-Haut – : « Ceux qui disputent au sujet des signes d’Allah » – c’est-à-dire de Ses arguments manifestes – « sans qu’aucune autorité ne leur soit venue », c’est-à-dire sans preuve ni démonstration. Le terme « alladhîna » est, du point de vue grammatical, à l’accusatif, en apposition à « man ».

Az-Zajjâj a dit : ainsi Allah égare ceux qui contestent les versets d’Allah ; « alladhîna » se trouve donc à l’accusatif. Il ajoute qu’il est également permis de le considérer au nominatif, au sens : « ce sont ceux qui », ou en proposition indépendante, comme dans « Kabura maqtan… ».

On a ensuite affirmé qu’il s’agit là des paroles du Croyant de la famille de Pharaon ; d’autres estiment qu’il s’agit du début d’un discours d’Allah – Très-Haut.

Le mot « maqtan » est ici explicatif : « leur polémique est extrêmement haïssable », comme dans : « Quelle détestable parole… » (al-Kahf, 5). Le « maqt » d’Allah – Très-Haut – signifie Son blâme, Sa malédiction et la descente du châtiment sur eux.

« De même », c’est-à-dire, tout comme Allah a scellé les cœurs de ces polémistes, de même Allah scelle – Il appose un sceau – sur le cœur de tout orgueilleux tyran, de sorte qu’il ne comprend plus la bonne direction et n’accepte pas la vérité.

La lecture la plus répandue est : « sur le cœur de tout orgueilleux », en annexant « cœur » à « orgueilleux » ; tel est le choix d’Abû Ḥâtim et d’Abû ʿUbayd.

Le passage comporte une ellipse : le sens est : « Ainsi Allah scelle chaque cœur, celui de tout orgueilleux tyran » ; le second « kul­li » (chaque) a été omis parce que le contexte en tient lieu. Sans admettre cette suppression, le sens deviendrait : Il scelle l’intégralité de son cœur – ce qui n’est pas visé ; le propos est qu’Il scelle, cœur après cœur, ceux des orgueilleux tyrans.

Une preuve de cette suppression de « kul­li » se trouve dans le vers d’Abû Dawûd ¹ :
« A-kulla imri’in taḥsabīna imra… – wa nârun tuqadu bil-layli nârâ »

¹ Vers cité à titre grammatical pour attester l’ellipse de « kul­li ».}

عِشْرِينَ سَنَةً. وَحَكَى النَّقَّاشُ عَنِ الضَّحَّاكِ: أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى بَعَثَ إِلَيْهِمْ رَسُولًا مِنَ الْجِنِّ يُقَالُ لَهُ يُوسُفُ. وَقَالَ وَهْبُ بْنُ مُنَبِّهٍ: إِنَّ فِرْعَوْنَ مُوسَى هُوَ فِرْعَوْنُ يُوسُفَ عُمِّرَ. وَغَيْرُهُ يَقُولُ: هُوَ آخَرُ. النَّحَّاسُ: وَلَيْسَ فِي الْآيَةِ مَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّهُ هُوَ، لِأَنَّهُ إِذَا أَتَى بِالْبَيِّنَاتِ نَبِيٌّ لِمَنْ مَعَهُ وَلِمَنْ بَعْدَهُ فَقَدْ جَاءَهُمْ جَمِيعًا بِهَا وَعَلَيْهِمْ أَنْ يُصَدِّقُوهُ بِهَا. " فَما زِلْتُمْ فِي شَكٍّ مِمَّا جاءَكُمْ بِهِ" أَيْ أَسْلَافُكُمْ كَانُوا فِي شَكٍّ. " حَتَّى إِذا هَلَكَ قُلْتُمْ لَنْ يَبْعَثَ اللَّهُ مِنْ بَعْدِهِ رَسُولًا" أَيْ مَنْ يَدَّعِي الرِّسَالَةَ " كَذلِكَ يُضِلُّ اللَّهُ" أَيْ مِثْلَ ذَلِكَ الضَّلَالِ " يُضِلُّ اللَّهُ مَنْ هُوَ مُسْرِفٌ" مشرك " مُرْتابٌ" شَاكٌّ فِي وَحْدَانِيَّةِ اللَّهِ تَعَالَى. قَوْلُهُ تَعَالَى: " الَّذِينَ يُجادِلُونَ فِي آياتِ اللَّهِ" أَيْ في حججه الظاهرة " بِغَيْرِ سُلْطانٍ" أَيْ بِغَيْرِ حُجَّةٍ وَبُرْهَانٍ وَ " الَّذِينَ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ عَلَى الْبَدَلِ مِنْ " مَنْ" وَقَالَ الزَّجَّاجُ: أَيْ كَذَلِكَ يُضِلُّ اللَّهُ الَّذِينَ يُجَادِلُونَ فِي آيَاتِ اللَّهِ فَ " الَّذِينَ" نَصْبٌ. قَالَ: وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ رَفْعًا عَلَى مَعْنَى هُمُ الَّذِينَ أَوْ عَلَى الِابْتِدَاءِ وَالْخَبَرُ " كَبُرَ مَقْتاً" . ثُمَّ قِيلَ: هَذَا مِنْ كَلَامِ مُؤْمِنِ آلِ فِرْعَوْنَ. وَقِيلَ: ابْتِدَاءُ خِطَابٍ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى. " مَقْتاً" عَلَى الْبَيَانِ أَيْ " كَبُرَ" جِدَالُهُمْ " مَقْتاً" ، كقوله: كَبُرَتْ كَلِمَةً " [الكهف: ٥] وَمَقْتُ اللَّهِ تَعَالَى ذَمُّهُ لَهُمْ وَلَعْنُهُ إِيَّاهُمْ وَإِحْلَالُ الْعَذَابِ بِهِمْ." كَذلِكَ " أَيْ كَمَا طَبَعَ اللَّهُ عَلَى قُلُوبِ هَؤُلَاءِ الْمُجَادِلِينَ فَكَذَلِكَ" يَطْبَعُ اللَّهُ " أَيْ يَخْتِمُ" عَلى كُلِّ قَلْبِ مُتَكَبِّرٍ جَبَّارٍ " حَتَّى لَا يَعْقِلَ الرَّشَادَ وَلَا يَقْبَلَ الْحَقَّ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ" عَلى كُلِّ قَلْبِ مُتَكَبِّرٍ " بِإِضَافَةِ قَلْبِ إِلَى الْمُتَكَبِّرِ وَاخْتَارَهُ أَبُو حَاتِمٍ وَأَبُو عُبَيْدٍ. وَفِي الْكَلَامِ حَذْفٌ وَالْمَعْنَى: " كَذلِكَ يَطْبَعُ اللَّهُ عَلى كُلِّ قَلْبِ " عَلَى كُلِّ" مُتَكَبِّرٍ جَبَّارٍ " فَحَذَفَ" كُلِّ " الثَّانِيَةِ لِتَقَدُّمِ مَا يَدُلُّ عَلَيْهَا. وَإِذَا لَمْ يُقَدَّرْ حَذْفُ" كُلِّ " لَمْ يَسْتَقِمِ الْمَعْنَى، لِأَنَّهُ يَصِيرُ مَعْنَاهُ أَنَّهُ يَطْبَعُ عَلَى جَمِيعِ قَلْبِهِ وَلَيْسَ الْمَعْنَى عَلَيْهِ. وَإِنَّمَا الْمَعْنَى أَنَّهُ يَطْبَعُ عَلَى قُلُوبِ الْمُتَكَبِّرِينَ الْجَبَّارِينَ قَلْبًا قَلْبًا. وَمِمَّا يَدُلُّ عَلَى حَذْفِ" كُلِّ" قَوْلُ أَبِي دُوَادَ «١» : أَكُلَّ امْرِئٍ تَحْسِبِينَ امرأ ... - ونار توقد بالليل نارا
(١). هو جارية بن الحجاج الإيادى. وقيل اسمه حنظلة بن الشرقي، وكان في عصر كعب بن مامة الإيادى الذي يضرب به المثل في الجود." الشعر والشعراء لابن قتيبة".

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