Il ne s’agit là que d’une part de la menace ; puis les tourments se succéderont dans l’au-delà également.
On a aussi dit : il leur promit le châtiment s’ils persistaient dans la mécréance et la récompense s’ils croyaient ; or, lorsqu’ils mécrurent, il les atteignit une portion de ce qui leur avait été promis.
« Certes, Allah ne guide pas celui qui est outrancier » — à son propre détriment —, « imposteur » — à l’égard de son Seigneur : cette parole viserait Moûsâ et constituerait la suite du discours du croyant.
D’autres ont expliqué : « outrancier » dans son obstination, « imposteur » dans sa prétention, allusion à Pharaon ; ces mots seraient alors une parole d’Allah – Très-Haut.
Troisièmement — Sa parole, Exalté soit-Il : « …qui dissimulait sa foi ». Le Qâḍî Abû Bakr ibn al-ʿArabî dit : certains ont pensé que le responsable légal, s’il cache sa foi et ne la prononce pas de sa langue, n’est pas croyant du seul fait de sa conviction intérieure. Mâlik, pour sa part, a affirmé : « Si un homme conçoit la mécréance dans son cœur, il devient mécréant, même s’il ne la formule pas de sa bouche ; tandis que, s’il conçoit la foi dans son cœur, il ne devient croyant en aucune manière tant qu’il ne la prononce pas verbalement. » La dissimulation (taqiyyah) et la crainte ne l’empêchent pas de la prononcer entre lui et Allah – Très-Haut ; elles l’empêchent seulement d’en faire entendre la parole à autrui. Or, il n’est pas requis, pour la validité de la foi et de l’obligation religieuse, que d’autres l’entendent ; cette audition n’est exigée que pour qu’il préserve sa vie et ses biens.
Quatrièmement — Al-Bukhârî et Muslim rapportent d’après ʿUrwah ibn az-Zubayr : « Je demandai à ʿAbdullâh ibn ʿAmr ibn al-ʿÂs : “Indique-moi ce que les polythéistes firent de plus dur au Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui.” » Il répondit : « Tandis que le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – se trouvait dans la cour de la Kaʿbah, survint ʿUqbah ibn Abî Muʿayṭ ; il saisit l’épaule du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui –, enroula son vêtement autour de son cou et se mit à l’étrangler violemment. Abû Bakr arriva, prit cet homme par l’épaule et le repoussa loin du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui –, en disant : “Voulez-vous tuer un homme parce qu’il dit : ‘Mon Seigneur est Allah’, alors qu’il vous a apporté les preuves éclatantes de la part de votre Seigneur ?” » – selon la formulation d’al-Bukhârî.
At-Tirmidhî al-Ḥakîm l’a également rapporté dans Nawâdir al-Uṣûl, par la chaîne de Jaʿfar ibn Muḥammad, selon son père, d’après ʿAlî – qu’Allah l’agrée – qui dit : « Les Qurayš se réunirent trois jours après la mort d’Abû Ṭâlib avec l’intention de tuer le Messager d’Allah ﷺ. L’un le bousculait, l’autre le secouait¹. Le Prophète ﷺ demanda secours ce jour-là, mais personne ne lui répondit, hormis Abû Bakr – qui portait deux tresses ; il accourut, frappant celui-ci et repoussant celui-là. »
¹ Verbe signifiant « le frappait violemment ».