Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ainsi, la préposition « min » se rapporte, selon lui, à un adjectif sous-entendu qualifiant le mot « rajul » ; cet élément est déplacé, et l’on comprend : « Un homme croyant, issu de la famille de Pharaon », c’est-à-dire, faisant partie de ses gens et de ses proches. Quant à ceux qui tiennent qu’il était Israélite, ils considèrent que le terme « muʾmin » dépend du verbe « yaktumu » et occupe la place du deuxième complément d’objet de ce verbe.

Al-Qushayrî dit : L’avis de ceux qui le voient Israélite est faible, car en arabe on dit : « katamahu amra kadhâ » (il lui a caché telle chose) et non « katama minhu ». Allah – Très-Haut – a dit : « Ils ne cacheront à Allah aucune parole » (An-Nisâʾ, 42). De plus, Pharaon n’aurait jamais toléré qu’un fils d’Israël tienne un tel discours.

Deuxième point : Sa parole – exalté soit-Il – : « Tuez-vous un homme parce qu’il dit : “Mon Seigneur est Allah” ? » ; autrement dit, simplement parce qu’il dit : « Mon Seigneur est Allah ». Ici, le mot « an » est au régime de l’accusatif par suppression de la préposition.

« Alors qu’il est venu à vous avec les preuves éclatantes », à savoir les neuf signes, « de la part de votre Seigneur. Et s’il est menteur, son mensonge retombera sur lui ». Le croyant n’exprimait pas là un doute sur la mission de Mûsâ – sur lui la paix –, mais usait de diplomatie pour calmer la situation et détourner le mal. Quant à la forme « wa in yakun » avec la nûn finale, elle serait valable ; toutefois, cette nûn est omise par fréquent usage, selon Sîbawayh, ou parce qu’il s’agit de la nûn de l’iʿrâb, selon Abû al-ʿAbbâs.

« Et s’il est véridique, il vous atteindra quelque chose de ce qu’il vous promet » : autrement dit, si ne vous frappe qu’une partie de ce qu’il annonce, vous périrez. Pour Abû ʿUbaydah, l’expression « quelque chose de ce qu’il vous promet » signifie en réalité « tout ce qu’il vous promet ». Il s’appuie sur ces vers de Labîd (1) :

A Je quitte un lieu sitôt qu’il ne me plaît point,
A Ou la Mort y saisit des âmes dans son coin ;
B Je romps mes liens, fuis l’ombre où le trépas s’emploie,
B Car nul ne garde un foyer que le destin ne broie.

Ainsi, « une partie » vaut « le tout », car si une fraction du châtiment les atteint, c’est forcément l’ensemble qui les atteint, et cela adoucit l’exhortation.

Al-Mâwardî note, lui aussi, que le mot « partie » peut servir à désigner « le tout », par délicatesse dans le discours et ampleur d’expression, comme le dit le poète (2) :

A L’homme patient atteint parfois le but qu’il vise,
A Tandis que l’empressé s’égare et se brise ;
B La mesure conduit le cœur vers la réussite promise,
B Mais la hâte, bien souvent, aux faux pas se précipite et s’enlise.

Il a été avancé encore que le croyant s’exprima ainsi parce qu’il les avait alertés de plusieurs sortes de châtiments, chacun étant fatal ; c’est comme s’il les mettait en garde contre le fait qu’un seul de ces fléaux les frappe. D’autres estiment que Mûsâ leur promit soit un châtiment d’ici-bas, soit un châtiment de l’au-delà s’ils persistaient dans la mécréance ; le sens serait alors : « L’un ou l’autre de ces deux châtiments vous atteindra ». On a enfin dit : il s’agit précisément du châtiment terrestre qu’il leur annonçait, lequel vous atteindra.

(1) Vers de Labîd ibn Rabîʿah.
(2) Vers anonymes souvent cités dans la littérature linguistique.

ف " من" عنده متعلقة بمحذوف صفة لرجل، تأخير، والتقدير: وَقَالَ رَجُلٌ مُؤْمِنٌ مَنْسُوبٌ مِنْ آلِ فِرْعَوْنَ. أَيْ مِنْ أَهْلِهِ وَأَقَارِبِهِ. وَمَنْ جَعَلَهُ إِسْرَائِيلِيًّا ف " مُؤْمِنٌ" مُتَعَلِّقَةٌ بِ " يَكْتُمُ" فِي مَوْضِعِ الْمَفْعُولِ الثَّانِي لِ " يَكْتُمُ" . الْقُشَيْرِيُّ: وَمَنْ جَعَلَهُ إِسْرَائِيلِيًّا فَفِيهِ بُعْدٌ، لِأَنَّهُ يُقَالُ كَتَمَهُ أَمْرَ كَذَا وَلَا يُقَالُ كَتَمَ مِنْهُ. قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " وَلا يَكْتُمُونَ اللَّهَ حَدِيثاً" [النساء: ٤٢] وَأَيْضًا مَا كَانَ فِرْعَوْنُ يَحْتَمِلُ مِنْ بَنِي إِسْرَائِيلَ مِثْلَ هَذَا الْقَوْلِ. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " أَتَقْتُلُونَ رَجُلًا أَنْ يَقُولَ رَبِّيَ اللَّهُ" أَيْ لِأَنْ يَقُولُ وَمِنْ أَجْلِ " أَنْ يَقُولَ رَبِّيَ اللَّهُ" وَمِنْ أَجْلِ " أَنْ يَقُولَ رَبِّيَ اللَّهُ" فَ " أَنْ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ بِنَزْعِ الْخَافِضِ. " وَقَدْ جاءَكُمْ بِالْبَيِّناتِ" يَعْنِي الْآيَاتِ التِّسْعَ " مِنْ رَبِّكُمْ وَإِنْ يَكُ كاذِباً فَعَلَيْهِ كَذِبُهُ" وَلَمْ يَكُنْ ذلك لشك منه في رسالته وصدقه، ولكم تلطفا في الاستكفاف واستنزلا عَنِ الْأَذَى. وَلَوْ كَانَ وَ " إِنْ يَكُنْ" بالنون جاز ولكم حُذِفَتِ النُّونُ لِكَثْرَةِ الِاسْتِعْمَالِ عَلَى قَوْلِ سِيبَوَيْهِ، وَلِأَنَّهَا نُونُ الْإِعْرَابِ عَلَى قَوْلِ أَبِي الْعَبَّاسِ. " وَإِنْ يَكُ صادِقاً يُصِبْكُمْ بَعْضُ الَّذِي يَعِدُكُمْ" أَيْ إِنْ لَمْ يُصِبْكُمْ إِلَّا بَعْضُ الَّذِي يَعِدُكُمْ بِهِ هَلَكْتُمْ. وَمَذْهَبُ أَبِي عُبَيْدَةَ أَنَّ مَعْنَى " بَعْضُ الَّذِي يَعِدُكُمْ" كُلُّ الَّذِي يَعِدُكُمْ، وَأَنْشَدَ قَوْلَ لَبِيدٌ: تَرَّاكُ أَمْكِنَةٍ إِذَا لَمْ أَرْضَهَا ... أَوْ يَرْتَبِطْ بَعْضَ النُّفُوسِ حِمَامُهَا «١» فَبَعْضُ بِمَعْنَى كُلُّ لِأَنَّ الْبَعْضَ إِذَا أَصَابَهُمْ أَصَابَهُمُ الْكُلُّ لَا مَحَالَةَ لِدُخُولِهِ فِي الْوَعِيدِ، وَهَذَا تَرْقِيقُ الْكَلَامِ فِي الْوَعْظِ. وَذَكَرَ الْمَاوَرْدِيُّ: أَنَّ الْبَعْضَ قَدْ يُسْتَعْمَلُ فِي مَوْضِعِ الْكُلِّ تَلَطُّفًا فِي الْخِطَابِ وَتَوَسُّعًا فِي الْكَلَامِ، كَمَا قَالَ الشاعر «٢» : قَدْ يُدْرِكُ الْمُتَأَنِّي بَعْضَ حَاجَتِهِ ... - وَقَدْ يَكُونُ مع المتعجل الزَّلَلُ وَقِيلَ أَيْضًا: قَالَ ذَلِكَ لِأَنَّهُ حَذَّرَهُمْ أَنْوَاعًا مِنَ الْعَذَابِ كُلُّ نَوْعٍ مِنْهَا مُهْلِكٌ فَكَأَنَّهُ حَذَّرَهُمْ أَنْ يُصِيبَهُمْ بَعْضُ تِلْكَ الْأَنْوَاعِ. وَقِيلَ وَعَدَهُمْ مُوسَى بِعَذَابِ الدُّنْيَا أَوْ بِعَذَابِ الْآخِرَةِ إِنْ كَفَرُوا فَالْمَعْنَى يُصِبْكُمْ أَحَدُ الْعَذَابَيْنِ. وَقِيلَ: أَيْ يُصِبْكُمْ هَذَا الْعَذَابُ الَّذِي يَقُولُهُ في الدنيا
(١). ويروى: أو يعتلق بدل يرتبط كما في اللسان وغيره. (٢). هو عمر القطامي.

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