Sa parole – exalté soit-Il : « Puis, lorsqu’il leur eut apporté la vérité émanant de Nous » – c’est-à-dire le miracle manifeste – « ils dirent : “Tuez les fils de ceux qui ont cru avec lui.” »
Qatâdah a dit : « Cette mise à mort est distincte de la première, car Pharaon avait cessé d’exterminer les nouveau-nés après la naissance de Mûsâ. Mais lorsque Allâh envoya Mûsâ, il rétablit le massacre contre les Banû Isrâ’îl afin de les châtier, de décourager quiconque d’embrasser la foi et d’empêcher que leur nombre n’augmente, de sorte qu’ils ne prennent appui sur les mâles de leur descendance. Allâh les détourna cependant de ce dessein en leur infligeant divers genres de châtiments : les grenouilles, les poux, le sang, le déluge, jusqu’à ce qu’ils quittèrent l’Égypte ; alors Allâh les noya. »
Tel est le sens de Sa parole : « La ruse des mécréants n’est vouée qu’à l’égarement », c’est-à-dire à la perte et à la destruction ; les hommes ne se détournent pas de la foi, quand bien même on leur infligerait de semblables tourments, car la ruse du mécréant se dissipe et s’avère vaine.
Sa parole – exalté soit-Il : « Et Pharaon dit : “Laissez-moi tuer Mûsâ, et qu’il invoque donc son Seigneur !” »
– « Je tue » (aqtul) est au jussif, parce qu’il constitue l’apodose de l’impératif.
– « Et qu’il invoque » (wal-yadʿu) est également au jussif, parce qu’il s’agit d’un impératif.
– « Laissez-moi » (dharûnî), bien qu’impératif, n’est pas au jussif ; sa forme ressemble pourtant à celle du jussif car il est bâti (indéclinable).
On a dit encore : ces propos laissent entendre qu’on avait dit à Pharaon : « Nous craignons qu’il ne supplie contre toi et que son invocation ne soit exaucée. » Il répondit : « Eh bien, qu’il invoque son Seigneur ! » c’est-à-dire : « Que rien de ce qu’il avance au sujet de son Seigneur ne vous effraie ; cela n’a aucune réalité, et moi, je suis votre seigneur suprême. »
« Je crains qu’il ne change votre religion » : c’est-à-dire votre adoration envers moi pour la tourner vers l’adoration de son Seigneur ;
« ou qu’il ne fasse apparaître la corruption sur terre » : s’il ne bouleverse pas votre religion, il provoquera la corruption sur terre, à savoir les dissensions qui surgiront entre les gens par sa faute.
La lecture des Médinois, d’Abû ʿAbd ar-Raḥmân as-Sulamî, d’Ibn ʿÂmir et d’Abû ʿAmr est : « aw an yuzhira fî l-arḍi l-fasâda ».
La lecture des Koufiens est : « aw an yaẓhara » – avec ouverture du yâ, « al-fasâdu » au nominatif. Il en est ainsi dans les maṣâḥif des Koufiens : « aw » y figure avec une alif – et c’est l’opinion d’Abû ʿUbayd, qui la préfère parce qu’elle comporte une lettre supplémentaire et crée une pause, et parce que « aw » peut, selon lui, signifier « wa ».
An-Naḥḥâs objecte : « D’après les grammairiens chevronnés, il n’est pas permis que “aw” ait le sens de “wa”, car cette équivalence ruinerait les significations. Si une telle substitution était recevable, on n’aurait pas eu besoin de recourir ici à “aw”, puisque la conjonction “wa” exprime la crainte des deux choses à la fois, alors que “aw” ne vise que l’une des deux ; à savoir : “Je crains qu’il ne change votre religion ; et si cela lui est impossible, qu’il ne fasse apparaître la corruption sur terre.” »
Sa parole – exalté soit-Il : « Et Mûsâ dit : “Je me réfugie auprès de mon Seigneur et le vôtre” ». Lorsque Pharaon le menaça de mort, Mûsâ chercha protection auprès d’Allâh
« contre tout superbe » : c’est-à-dire quiconque, par orgueil, se détourne de la foi en Allâh ; sa caractéristique est qu’« il ne croit pas au Jour du compte ».