Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

à soi-même, tel qu’on le trouve dans l’expression : « la mosquée du grand rassemblement » (مسجد الجامع) ou « la prière de midi » (صلاة الأُولى).

« Les injustes n’auront pour eux ni intime ami » – c’est-à-dire : aucun proche qui puisse leur être d’aucun profit – « ni intercesseur dont la parole soit écoutée », c’est-à-dire quelqu’un dont l’intercession soit agréée en leur faveur.

Sa parole – exalté soit-Il : « Il connaît la trahison des regards. »
Al-Muʾarrij dit : il y a ici antéposition et postposition ; le sens est : « Il connaît les yeux traîtres. » Ibn ʿAbbâs dit : c’est l’homme assis parmi des gens ; une femme passe et il leur vole un regard vers elle.
Et, de lui encore : c’est l’homme qui regarde une femme ; lorsque ses compagnons le voient, il baisse les yeux ; lorsqu’il les trouve inattentifs, il reprend furtivement son regard ; puis, s’ils le surprennent de nouveau, il détourne les yeux. Or Allâh – Puissant et Majestueux – sait parfaitement qu’il aimerait contempler sa nudité.
Mujâhid dit : il s’agit du vol furtif des regards vers ce qu’Allâh a interdit.
Qatâda dit : c’est le clin d’œil et le clignement dirigés vers ce qu’Allâh – Très-Haut – n’agrée pas.
Ad-Ḍaḥḥâk dit : c’est lorsqu’une personne déclare : « Je n’ai pas vu », alors qu’elle a vu, ou : « J’ai vu », alors qu’elle n’a rien vu.
As-Suddi dit : c’est le signe discret fait avec l’œil.
Sufyân dit : c’est le second regard après le premier.
Al-Farrâʾ dit : « la trahison des regards » désigne le second regard, tandis que « ce que recèlent les poitrines » renvoie au premier.
Ibn ʿAbbâs dit à propos de « ce que recèlent les poitrines » : à savoir se demander s’il commettrait l’adultère avec elle s’il se trouvait seul avec elle, ou non.
Et l’on a dit encore : « ce que recèlent les poitrines » désigne ce qu’elles cachent et dissimulent.

Lorsque ʿAbdullâh ibn Abî Sarḥ fut amené devant le Messager d’Allâh – que la paix et la bénédiction d’Allâh soient sur lui – après que les habitants de La Mecque se furent apaisés et qu’ʿUthmân – qu’Allâh l’agrée – lui eut demandé la sûreté, le Messager d’Allâh – ﷺ – garda longuement le silence, puis dit : « Oui. »
Lorsqu’il s’en fut allé, le Prophète – ﷺ – dit à ceux qui l’entouraient : « Je ne suis resté silencieux que pour que l’un de vous se lève et lui tranche la nuque. » Un homme des Anṣâr dit : « Pourquoi ne m’as-tu pas fait un signe, ô Messager d’Allâh ? » Il répondit : « Un Prophète n’use pas de la trahison des regards. »

« Allâh juge en toute vérité » : Il rétribue celui qui a baissé son regard devant ce qui est illicite, celui qui y a porté ses yeux, ainsi que celui qui avait résolu de commettre les turpitudes s’il en avait eu la possibilité.

« Quant à ceux qu’ils invoquent en dehors de Lui » – c’est-à-dire les idoles – « ils ne jugent rien », car ils ne savent rien, n’en ont pas le pouvoir et ne possèdent rien.

La récitation courante porte le verbe avec yâʾ (« ils invoquent »), énonçant un fait à propos des injustes ; c’est l’option d’Abû ʿUbayd et d’Abû Ḥâtim. Nāfiʿ, Shayba et Hishâm récitent avec tâʾ (« vous invoquez »).

« En vérité Allâh – Lui – est l’Audient, le Clairvoyant. » Le pronom « Lui » (هو) est ici un terme de séparation redondant ; il est toutefois permis de le considérer sujet, ce qui suit en étant l’attribut, l’ensemble constituant alors le prédicat de « Inna ».

نَفْسِهِ مِثْلَ مَسْجِدِ الْجَامِعِ وَصَلَاةِ الْأُولَى. " مَا لِلظَّالِمِينَ مِنْ حَمِيمٍ" أَيْ مِنْ قَرِيبٍ يَنْفَعُ " وَلا شَفِيعٍ يُطاعُ" فَيَشْفَعُ فِيهِمْ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " يَعْلَمُ خائِنَةَ الْأَعْيُنِ" قَالَ الْمُؤَرِّجُ: فِيهِ تَقْدِيمٌ وَتَأْخِيرٌ أَيْ يَعْلَمُ الْأَعْيُنَ الْخَائِنَةَ وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: هُوَ الرَّجُلُ يَكُونُ جَالِسًا مَعَ الْقَوْمِ فَتَمُرُّ الْمَرْأَةُ فَيُسَارِقُهُمُ النَّظَرَ إِلَيْهَا. وَعَنْهُ: هُوَ الرَّجُلُ يَنْظُرُ إِلَى الْمَرْأَةِ فَإِذَا نَظَرَ إِلَيْهِ أَصْحَابُهُ غَضَّ بَصَرَهُ، فَإِذَا رَأَى مِنْهُمْ غَفْلَةً تَدَسَّسَ بِالنَّظَرِ، فَإِذَا نَظَرَ إِلَيْهِ أَصْحَابُهُ غَضَّ بَصَرَهُ، وَقَدْ عَلِمَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ مِنْهُ أَنَّهُ يَوَدُّ لَوْ نَظَرَ إِلَى عَوْرَتِهَا. وَقَالَ مُجَاهِدٌ هِيَ مُسَارَقَةُ نَظَرِ الْأَعْيُنِ إِلَى مَا نَهَى اللَّهُ عَنْهُ. وَقَالَ قَتَادَةُ: هِيَ الْهَمْزَةُ بِعَيْنِهِ وَإِغْمَاضُهُ فِيمَا لَا يُحِبُّ اللَّهُ تَعَالَى. وَقَالَ الضَّحَّاكُ: هِيَ قَوْلُ الْإِنْسَانِ مَا رَأَيْتُ وَقَدْ رَأَى أَوْ رَأَيْتُ وَمَا رَأَى. وَقَالَ السُّدِّيُّ: إِنَّهَا الرَّمْزُ بِالْعَيْنِ. وَقَالَ سُفْيَانُ: هِيَ النَّظْرَةُ بَعْدَ النَّظْرَةِ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: " خائِنَةَ الْأَعْيُنِ" النَّظْرَةُ الثَّانِيَةُ " وَما تُخْفِي الصُّدُورُ" النَّظْرَةُ الْأُولَى. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: " وَما تُخْفِي الصُّدُورُ" أَيْ هَلْ يَزْنِي بِهَا لَوْ خَلَا بِهَا أَوْ لَا. وَقِيلَ: " وَما تُخْفِي الصُّدُورُ" تُكِنُّهُ وَتُضْمِرُهُ. ولما جئ بِعَبْدِ اللَّهِ بْنِ «١» أَبِي سَرْحٍ إِلَى رَسُولِ الله لي اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، بَعْدَ مَا اطْمَأَنَّ أَهْلُ مَكَّةَ وَطَلَبَ لَهُ الْأَمَانَ عُثْمَانُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، صَمَتَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ طَوِيلًا ثُمَّ قَالَ: " نَعَمْ" فَلَمَّا انْصَرَفَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِمَنْ حَوْلَهُ: " مَا صَمَتُّ إِلَّا لِيَقُومَ إِلَيْهِ بَعْضُكُمْ فَيَضْرِبَ عُنُقَهُ" فَقَالَ رَجُلٌ مِنَ الْأَنْصَارِ فَهَلَّا أَوْمَأْتَ إِلَيَّ يَا رَسُولَ اللَّهِ، فَقَالَ: " إِنَّ النَّبِيَّ لَا تَكُونُ لَهُ خَائِنَةُ أَعْيُنٍ" . " وَاللَّهُ يَقْضِي بِالْحَقِّ" أَيْ يُجَازِي مَنْ غَضَّ بَصَرَهُ عَنِ الْمَحَارِمِ، وَمَنْ نَظَرَ إِلَيْهَا، وَمَنْ عَزَمَ عَلَى مُوَاقَعَةِ الْفَوَاحِشِ إِذَا قَدَرَ عَلَيْهَا. " وَالَّذِينَ يَدْعُونَ مِنْ دُونِهِ" يَعْنِي الْأَوْثَانَ " لَا يَقْضُونَ بِشَيْءٍ" لِأَنَّهَا لَا تَعْلَمُ شَيْئًا وَلَا تَقْدِرُ عَلَيْهِ وَلَا تَمْلِكُ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ بِالْيَاءِ عَلَى الْخَبَرِ عَنِ الظَّالِمِينَ وَهِيَ اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدٍ وَأَبِي حَاتِمٍ. وَقَرَأَ نَافِعٌ وَشَيْبَةُ وَهِشَامٌ: " تَدْعُونَ" بِالتَّاءِ. " إِنَّ اللَّهَ هُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ" " هُوَ" زَائِدَةٌ فَاصِلَةٌ. وَيَجُوزُ أَنْ تَكُونَ فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ بِالِابْتِدَاءِ وَمَا بَعْدَهَا خَبَرٌ وَالْجُمْلَةُ خَبَرُ إِنَّ.
(١). عبد الله بن أبى سرح: كَانَ يَكْتُبُ الْوَحْيَ لِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، ثم ارتد ولحق بالمشركين، فَأَمَرَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِقَتْلِهِ يَوْمَ فَتْحِ مكة. راجع قصته في ج ٧ ص ٤٠ طبعه أولى أو ثانيه.

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