« … afin qu’il avertisse du Jour de la Rencontre » : c’est-à-dire que le Messager n’est envoyé que pour mettre en garde contre le Jour de la Résurrection.
Ainsi, l’expression :
« afin qu’il avertisse »
renvoie au Messager.
D’aucuns ont dit : afin qu’Allah, en suscitant Ses envoyés auprès des créatures, avertisse
« le Jour de la Rencontre ».
Ibn ʿAbbâs, al-Ḥasan et Ibn as-Samayqaʿ ont lu :
« … afin que tu avertisses »,
avec la deuxième personne, adressée au Prophète – que la paix soit sur lui.
« Le Jour de la Rencontre » :
Ibn ʿAbbâs et Qatâda disent : le jour où les habitants du ciel et les habitants de la terre se rencontreront.
Qatâda – de même qu’Abû l-ʿÂliya et Muqâtil – a dit : le jour où la créature rencontrera le Créateur.
Il a été dit encore : les adorateurs et les adorés se rencontreront.
Et il a été dit : l’oppresseur et l’opprimé.
Il a été dit aussi : chaque être humain rencontrera la rétribution de son œuvre.
Et l’on a dit : les premiers et les derniers se réuniront sur une même étendue ; un sens rapporté d’Ibn ʿAbbâs. Toutes ces explications sont justes quant au sens.
« Le Jour où ils seront à découvert »
est un substitut du premier « Jour ».
On a dit encore :
« ils » est sujet, au nominatif, et
« à découvert » est son prédicat ; l’ensemble est alors en position de complément après un nom annexé, d’où la suppression de la tanwîn sur « yawm ». Cette construction, selon Sîbawayh, n’est admissible que lorsque le complément circonstanciel a le sens de « idh » ; on dira : « Je t’ai rencontré le jour où Zayd était émir. » S’il avait le sens de « idhâ », il ne serait pas correct de dire : « Je te rencontrerai le jour où Zayd est émir. »
Le sens de
« à découvert »
est : sortant de leurs tombeaux, sans que rien ne les couvre, car, ce jour-là, la terre sera une plaine parfaitement plate, sans courbe ni élévation, comme cela a été expliqué plus haut dans Sûrat Tâ-Hâ.
« Rien d’eux ne se cache à Allah ». On a dit : c’est cette proposition qui régit :
« le Jour où ils seront à découvert » ; autrement dit, rien d’eux ni de leurs actes ne Lui est dissimulé
le Jour où ils seront à découvert.
« À qui appartient la royauté aujourd’hui ? » – cela, lorsque toute la création aura disparu.
Al-Ḥasan a dit : C’est Lui, le Très-Haut, qui interroge et c’est Lui qui répond, car Il le prononce à un moment où nul ne peut répondre ; Il se répond donc à Lui-même – exalté soit-Il – et dit :
« À Allah, l’Unique, le Dominateur suprême. »
An-Naḥḥâs : La version la plus authentique est celle rapportée par Abû Wâʾil d’après Ibn Masʿûd : « Les gens seront rassemblés sur une terre blanche, semblable à l’argent, sur laquelle Allah – Majesté et Puissance à Lui – n’a jamais été désobéi ; puis un héraut recevra l’ordre de proclamer : “À qui appartient la royauté aujourd’hui ?” Les serviteurs, croyants comme mécréants, répondront : “À Allah, l’Unique, le Dominateur suprême.” Les croyants prononceront cette réponse dans la joie et la délectation, tandis que les mécréants la proféreront dans l’affliction, la soumission et l’humiliation. » Supposer que cette parole soit prononcée alors que les créatures n’existent plus est improbable, car cela n’aurait aucune utilité ; et ce propos est authentiquement rapporté d’Ibn Masʿûd ; il ne relève ni de l’analogie ni de l’interprétation.