Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Qatâda a dit : « Ces gens-là sont de trois catégories.
– Une catégorie dira : “Hélas pour moi ! Que de négligences j’ai commises à l’égard d’Allah !”
– Une autre dira : “Si Allah m’avait guidé, j’aurais compté parmi les pieux.”
– Et une autre encore dira : “Si je pouvais revenir (à la vie), je ferais partie des bienfaisants.”

Allah – Très-Haut – répondit à leurs propos : « Bien au contraire ! Mes signes sont certes venus à toi ! »

Az-Zajjâj a dit : Le mot « balâ » sert de réponse à une négation, bien qu’aucun terme négatif n’apparaisse ici. En effet, l’assertion : « Si Allah m’avait guidé » signifie implicitement : « Il ne m’a pas guidé ». C’est comme si l’orateur disait : « Tu ne m’as pas guidé », et il lui est rétorqué : « Au contraire ! Le chemin de la guidée t’a été clairement exposé, si bien que, si tu avais voulu croire, tu en avais la pleine possibilité. »

« Mes signes » désigne le Coran. D’aucuns ont dit qu’il s’agit des miracles ; c’est-à-dire que la preuve t’a été rendue manifeste, mais tu l’as reniée et traitée de mensonge.

« Et tu t’es enflé d’orgueil » : autrement dit, tu t’es élevé au-dessus de la foi,
« et tu fus parmi les mécréants. »

Il emploie ici le masculin : « tu t’es enflé / tu fus », bien que le mot « nafs » (âme) puisse concerner le masculin et le féminin. On dit, par exemple : « trois âmes ». Al-Mubarrid rapporte que les Arabes disent : « une seule nafs », c’est-à-dire un seul être humain. Ar-Rabî‘ ibn Anas rapporte, d’après Umm Salama, que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui et sur sa famille – récita : « Mes signes te sont certes parvenus, tu les as traités de mensonges, tu t’es montré hautain et tu as été parmi les mécréants. »

Al-A‘mash a, quant à lui, récité : « Bien au contraire ! Ses signes lui sont certes parvenus. » Cela indique le rappel. Ar-Rabî‘ ibn Anas n’a pourtant pas rencontré Umm Salama, mais la lecture reste recevable, car le mot « nafs » s’emploie pour le masculin et pour le féminin.

Certains ont contesté cette lecture, estimant que, si la lettre tâ est infléchie au féminin, il conviendrait de dire : « et tu fus parmi les mécréantes » ou « parmi les infidèles (féminin) ».

An-Nahhâs répondit : « Cela n’est pas obligatoire ; autrement, il faudrait aussi dire : “et je fus parmi les railleuses” ou “parmi les moqueuses”, alors que le texte dit : “et certes j’étais parmi les railleurs”, sans forme féminine. L’implicite, en arabe – lorsque la tâ est brisée –, est : “tu t’es enflé d’orgueil et tu as été” parmi l’ensemble des railleurs, ou parmi les gens moqueurs, ou parmi ce peuple de railleurs. »

قتادة: هؤلان أصناف، صنف منهم قال: " يا حَسْرَتى عَلى مَا فَرَّطْتُ فِي جَنْبِ اللَّهِ" . وَصِنْفٌ مِنْهُمْ قَالَ: " لَوْ أَنَّ اللَّهَ هَدانِي لَكُنْتُ مِنَ الْمُتَّقِينَ" ، وَقَالَ آخَرُ: " لَوْ أَنَّ لِي كَرَّةً فَأَكُونَ مِنَ الْمُحْسِنِينَ" فَقَالَ اللَّهُ تَعَالَى رَدًّا لِكَلَامِهِمْ (بَلى قَدْ جاءَتْكَ آياتِي) قَالَ الزَّجَّاجُ: " بَلى " جَوَابُ النَّفْيِ وَلَيْسَ فِي الْكَلَامِ لَفْظُ النَّفْيِ، وَلَكِنَّ مَعْنَى " لَوْ أَنَّ اللَّهَ هَدانِي" مَا هَدَانِي، وَكَأَنَّ هَذَا الْقَائِلَ قَالَ ما هديت، فقيل، بلى قَدْ بُيِّنَ لَكَ طَرِيقُ الْهُدَى فَكُنْتَ بِحَيْثُ لَوْ أَرَدْتَ أَنْ تُؤْمِنَ أَمْكَنَكَ أَنْ تُؤْمِنَ. " آياتِي" أَيِ الْقُرْآنُ، وَقِيلَ: عَنَى بِالْآيَاتِ الْمُعْجِزَاتِ، أَيْ وَضَحَ الدَّلِيلُ فَأَنْكَرْتَهُ وَكَذَّبْتَهُ، (وَاسْتَكْبَرْتَ) أَيْ تَكَبَّرْتَ عَنِ الْإِيمَانِ (وَكُنْتَ مِنَ الْكافِرِينَ) . وَقَالَ: " اسْتَكْبَرْتَ وَكُنْتَ" وَهُوَ خِطَابُ الذَّكَرِ، لِأَنَّ النَّفْسَ تَقَعُ عَلَى الذَّكَرِ وَالْأُنْثَى. يُقَالُ،: ثَلَاثَةُ أَنْفُسٍ، وَقَالَ الْمُبَرِّدُ: تَقُولُ الْعَرَبُ نَفْسٌ وَاحِدٌ أَيْ إنسان واحد. وروى الربيع ابن أَنَسٍ عَنْ أُمِّ سَلَمَةَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وآله وَسَلَّمَ قَرَأَ " قَدْ جاءَتْكَ آياتِي فَكَذَّبْتَ بِها وَاسْتَكْبَرْتَ وَكُنْتَ مِنَ الْكافِرِينَ" . وَقَرَأَ الْأَعْمَشُ " بَلَى قد جاءته آياتي" وهذا يدل على التذكر- والربيع ابن أَنَسٍ لَمْ يَلْحَقْ أُمَّ سَلَمَةَ إِلَّا أَنَّ الْقِرَاءَةَ جَائِزَةٌ، لِأَنَّ النَّفْسَ تَقَعُ لِلْمُذَكَّرِ وَالْمُؤَنَّثِ. وَقَدْ أَنْكَرَ هَذِهِ الْقِرَاءَةَ بَعْضُهُمْ وَقَالَ: يَجِبُ إِذَا كُسِرَ التَّاءُ أَنْ تَقُولَ وَكُنْتِ مِنَ الْكَوَافِرِ أَوْ مِنَ الْكَافِرَاتِ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا لا يلزم، إلا تَقُولَ وَكُنْتِ مِنَ الْكَوَافِرِ أَوْ مِنَ الْكَافِرَاتِ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا لَا يَلْزَمُ، أَلَا تَرَى أَنَّ قَبْلَهُ، " أَنْ تَقُولَ نَفْسٌ: ثُمَّ قَالَ:" وَإِنْ كُنْتُ لَمِنَ السَّاخِرِينَ " وَلَمْ يَقُلْ مِنَ السَّوَاخِرِ وَلَا مِنَ السَّاخِرَاتِ، وَالتَّقْدِيرُ فِي الْعَرَبِيَّةِ عَلَى كَسْرِ التَّاءِ" وَاسْتَكْبَرْتَ وَكُنْتَ" مِنَ الْجَمْعِ السَّاخِرِينَ أَوْ مِنَ النَّاسِ السَّاخِرِينَ أَوْ مِنَ القوم الساخرين. [سورة الزمر (٣٩) : الآيات ٦٠ الى ٦٤] وَيَوْمَ الْقِيامَةِ تَرَى الَّذِينَ كَذَبُوا عَلَى اللَّهِ وُجُوهُهُمْ مُسْوَدَّةٌ أَلَيْسَ فِي جَهَنَّمَ مَثْوىً لِلْمُتَكَبِّرِينَ (٦٠) وَيُنَجِّي اللَّهُ الَّذِينَ اتَّقَوْا بِمَفازَتِهِمْ لَا يَمَسُّهُمُ السُّوءُ وَلا هُمْ يَحْزَنُونَ (٦١) اللَّهُ خالِقُ كُلِّ شَيْءٍ وَهُوَ عَلى كُلِّ شَيْءٍ وَكِيلٌ (٦٢) لَهُ مَقالِيدُ السَّماواتِ وَالْأَرْضِ وَالَّذِينَ كَفَرُوا بِآياتِ اللَّهِ أُولئِكَ هُمُ الْخاسِرُونَ (٦٣) قُلْ أَفَغَيْرَ اللَّهِ تَأْمُرُونِّي أَعْبُدُ أَيُّهَا الْجاهِلُونَ (٦٤)

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