de l’obéissance d’Allah, au point de se moquer de ceux qui s’y adonnent. Quant à l’expression « in kuntu », elle est à l’accusatif en fonction circonstancielle ; c’est comme s’il avait dit : « J’ai failli alors que j’étais railleur », c’est-à-dire : j’ai failli dans l’état même où je me moquais. D’autres ont dit : « Je n’ai été qu’en raillerie, divertissement et vanité », autrement dit : tout mon effort n’a consisté qu’à adorer autre qu’Allah — Très-Haut.
Parole du Très-Haut :
« ou que cette âme dise : “Si Allah m’avait guidé, j’aurais été parmi les pieux.” »
c’est-à-dire : s’Il m’avait orienté vers Sa religion, j’aurais été de ceux qui se prémunissent contre le polythéisme et les désobéissances. Cette parole : « Si Allah m’avait guidé, j’aurais été guidé » est une parole véridique. Elle se rapproche de l’argument que les polythéistes avancent, au sujet duquel le Seigneur — Puissant et Majestueux — a dit : « Ceux qui ont associé diront : Si Allah avait voulu, nous n’aurions pas associé. » C’est donc un mot de vérité mis au service du faux, comme le dit ‘Alî — qu’Allah l’agrée — lorsqu’un kharijite s’exclama : « Il n’y a de jugement qu’à Allah. »
Ou que cette âme dise, lorsqu’elle verra le châtiment : « Si j’avais un retour, afin que je sois… » — « fa-akûna » est à l’accusatif comme réponse au souhait ; si tu le veux, il peut aussi être coordonné à « karratan », car le sens est : que je revienne, comme l’a dit le poète :
« Porter une bure rude, qu’en mon œil soit l’aise,
M’est plus à cœur que les soieries et leurs fadaises. »
Al-Farrâ’ a également récité :
« Il ne t’en reste d’elle que souvenir et frayeur,
Et tu demandes aux caravaniers : vers quel ailleurs ? »
Il a mis « tus’ala » à l’accusatif en considérant la place de « dhikrâ », car le sens de la phrase est : il ne te reste d’elle que le souvenir. Il en est de même dans le vers : « Porter une bure et que mon œil se réjouisse », c’est-à-dire : « que je porte une bure et que mon œil se réjouisse. »
Abû Ṣâliḥ a dit : « Il y avait, parmi les Fils d’Israël, un homme savant qui trouva un feuillet où il était écrit : “Le serviteur peut œuvrer longtemps dans l’obéissance à Allah, puis son œuvre s’achève par l’action des gens du Feu et il entre dans le Feu ; et un homme peut œuvrer longtemps dans la désobéissance à Allah, puis son œuvre s’achève par l’action d’un homme des gens du Paradis et il entre au Paradis.” Il se dit alors : “Pourquoi donc fatiguerai-je mon âme ?” Il abandonna donc ses œuvres et se livra à la perversité et à la désobéissance. Iblîs lui dit : “Tu as une longue vie devant toi ; jouis donc du bas-monde, puis tu te repentiras.” Il s’enfonça alors dans la transgression et dépensa sa fortune dans la débauche. L’Ange de la mort vint à lui au moment où il goûtait le plaisir le plus intense. Il s’écria : “Hélas ! que de négligences vis-à-vis d’Allah ! Ma vie s’est consacrée à l’obéissance à Satan !” Il regretta alors qu’il ne lui servait plus à rien de regretter. Allah fit descendre le récit de sa situation dans le Coran et Il dit… »