Le Messager d’Allah ﷺ demeura silencieux jusqu’à ce que fût révélé :
« Et ceux qui n’invoquent pas, avec Allah, une autre divinité, ne tuent pas la vie qu’Allah a rendue sacrée, sauf en toute justice, et ne commettent pas la fornication… » (Al-Furqân, v. 68, jusqu’à la fin du verset). Il la lui récita, et l’homme dit : « J’y vois une condition ; or il se peut que je ne fasse pas d’œuvres vertueuses. Je reste sous ta protection jusqu’à ce que j’entende la parole d’Allah. »
Puis fut révélé :
« Certes, Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne des associés ; mais Il pardonne, à qui Il veut, ce qui est en deçà de cela. » (An-Nisâ’, v. 48)
Le Prophète ﷺ le fit alors venir et lui récita ce verset. Il répondit : « Il se peut que je fasse partie de ceux à qui Il ne veut pas pardonner. Je demeure sous ta protection jusqu’à ce que j’entende la parole d’Allah. »
Alors fut révélé :
« Ô Mes serviteurs qui avez été prodigues à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah ! » (Az-Zumar, v. 53)
Il déclara : « Oui, maintenant ! Je ne vois plus de condition. » Et il embrassa l’islam.
Hammâd ibn Salamah rapporte, d’après Thâbit, d’après Shahr ibn Ḥawshab, d’après Asmâʾ, qu’elle entendit le Prophète ﷺ réciter :
« Dis : “Ô Mes serviteurs qui avez été prodigues à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Certes, Allah pardonne tous les péchés et Il n’en tient aucun compte ; Il est, en vérité, le Tout-Pardonnant, le Très Miséricordieux.” »
Dans le muṣḥaf d’Ibn Masʿûd on lit : « Certes, Allah pardonne tous les péchés à qui Il veut. »
Abû Jaʿfar an-Naḥḥâs dit : « Ces deux lectures se rejoignent dans le sens : Allah pardonne à qui Il veut. Allah – Puissant et Majestueux – connaît déjà ceux à qui Il veut pardonner ; il s’agit du repentant, ou de celui qui n’a commis qu’un péché véniel sans que ne s’y ajoute un péché majeur. La parole qui suit : “Et revenez repentants vers votre Seigneur” montre qu’Il vise par là le pénitent.
Ainsi, le repentant voit tous ses péchés absous, comme l’indique Sa parole : “Je suis certes Tout-Pardonnant pour qui se repent.” (Tâ-Hâ, v. 82). Il n’y a là aucune ambiguïté. »
ʿAlî ibn Abî Ṭâlib a dit : « Il n’est point, dans le Coran, de verset plus vaste que celui-ci : “Dis : Ô Mes serviteurs qui avez été prodigues à votre propre détriment…” », assertion déjà citée dans la sourate « Subḥân ».
ʿAbdullâh ibn ʿUmar affirma : « C’est le verset le plus porteur d’espérance du Coran. » Ibn ʿAbbâs répliqua : « Le verset le plus porteur d’espérance est la parole du Très-Haut : “Ton Seigneur est détenteur d’un pardon pour les gens, malgré leur injustice.” » (Ar-Raʿd, v. 6) – ainsi qu’il a été mentionné dans la sourate Ar-Raʿd.
On lit « wa lâ taqniṭû » en cassant la nûn, ou « wa lâ taqnaṭû » en l’ouvrant ; ce point a été exposé dans la sourate Al-Ḥijr.
Parole du Très-Haut :
« Et revenez repentants vers votre Seigneur » : c’est-à-dire, retournez-Lui en obéissance. Après avoir montré que celui qui se repent du polythéisme se voit pardonné, Il ordonne la repentance et le retour vers Lui ; l’inaaba est le retour sincère à Allah.
« Et soumettez-vous à Lui » : c’est-à-dire, humiliez-vous devant Lui et obéissez-Lui,
« avant que ne vous vienne le châtiment » dans ce bas-monde.