Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Je redoute un verset du Livre d’Allah :
« Et il leur apparaîtra, de la part d’Allah, ce qu’ils n’avaient jamais envisagé. »
J’ai donc peur qu’il ne me devienne manifeste ce que je n’avais, moi non plus, jamais envisagé.

« Et il leur apparut » : c’est‐à‐dire, il leur devint visible ;
« les mauvaises conséquences de ce qu’ils avaient acquis » : c’est‐à‐dire le châtiment dû à ce qu’ils avaient amassé comme mécréance et désobéissances.
« Et les enveloppa » : c’est‐à‐dire, cela les cerna et s’abattit sur eux ;
« ce qu’ils tournaient en dérision ».

[Surat az-Zumar (39), versets 49 à 52]
49 – Lorsque l’homme est touché par un malheur, il Nous implore ; puis, lorsque Nous lui accordons de Notre part une faveur, il dit : « Je ne l’ai reçue qu’en vertu d’un savoir. » Non ! C’est plutôt une épreuve, mais la plupart d’entre eux ne savent pas.
50 – Ceux qui les ont précédés avaient déjà prononcé cette parole, mais ce qu’ils avaient acquis ne leur fut d’aucune utilité.
51 – Les conséquences funestes de ce qu’ils avaient acquis les frappèrent ; et ceux d’entre eux qui ont été injustes seront pareillement atteints par les conséquences funestes de ce qu’ils ont acquis ; ils ne sauraient réduire Allah à l’impuissance.
52 – Ne savent-ils donc pas qu’Allah étend largement la subsistance à qui Il veut et la restreint ? Voilà bien là des signes pour des gens qui croient.

Le Très-Haut dit :
« Lorsque l’homme est touché par un malheur, il Nous implore… »
On a dit que ce verset fut révélé au sujet de Ḥudhayfah ibn al-Mughirah.

« Puis, lorsque Nous lui accordons de Notre part une faveur, il dit : “Je ne l’ai reçue qu’en vertu d’un savoir.” »
Qatādah a dit : « …en vertu d’un savoir » – à savoir la connaissance que j’ai des moyens de gagner ma vie. Il rapporta également : « …en vertu d’un savoir », c’est-à-dire : parce que, selon moi, c’est un bien.

On a aussi dit : « …en vertu d’un savoir » – c’est-à-dire suivant une science qu’Allah a de mon mérite.

Al-Ḥasan a déclaré : « …en vertu d’un savoir » – c’est-à-dire par un savoir qu’Allah m’a enseigné.

Et l’on a dit encore : le sens est qu’il affirme : « Je sais que si l’on m’a accordé cela ici-bas, c’est que je jouis d’un rang auprès d’Allah. »

Allah dit alors : « Non ! C’est plutôt une épreuve » – autrement dit, les bienfaits qui t’ont été accordés constituent une tentation par laquelle tu es éprouvé.

Al-Farrāʾ a expliqué que le pronom féminin « hiya » est employé à cause du féminin de « fitnah » ; l’expression « huwa fitnatun » aurait néanmoins été permise.

An-Naḥḥās a dit : le sens implicite est : « Au contraire, Je la lui ai donnée comme épreuve. »

« Mais la plupart d’entre eux ne savent pas » – c’est-à-dire qu’ils ne réalisent pas que le fait de leur accorder les richesses est une mise à l’épreuve.

Le Très-Haut dit encore :
« Ceux qui, avant eux, avaient déjà proféré cette parole… » – le verbe est conjugué au féminin en raison du mot « parole ».

« Ceux qui les ont précédés » : il s’agit des mécréants avant eux, tel Qārûn et d’autres, lorsque celui-ci déclara : « C’est bien grâce à un savoir qui est en moi que cela m’a été donné. »

« Mais ce qu’ils acquéraient ne leur fut d’aucune utilité » – ici, « mā » est employé pour la négation : ni leurs biens ni leurs enfants ne les protégèrent en rien du châtiment d’Allah.

Et l’on a dit

أَخَافُ آيَةً مِنْ كِتَابِ اللَّهِ " وَبَدا لَهُمْ مِنَ اللَّهِ مَا لَمْ يَكُونُوا يَحْتَسِبُونَ" فَأَنَا أَخْشَى أَنْ يَبْدُوَ لِي مَا لَمْ أَكُنْ أَحْتَسِبُ. " وبَدا لَهُمْ" أَيْ ظَهَرَ لَهُمْ " سَيِّئاتُ مَا كَسَبُوا" أَيْ عِقَابُ مَا كَسَبُوا مِنَ الْكُفْرِ وَالْمَعَاصِي. " وَحاقَ بِهِمْ" أَيْ أَحَاطَ بِهِمْ ونزل " ما كانُوا بِهِ يَسْتَهْزِؤُنَ." [سورة الزمر (٣٩) : الآيات ٤٩ الى ٥٢] فَإِذا مَسَّ الْإِنْسانَ ضُرٌّ دَعانا ثُمَّ إِذا خَوَّلْناهُ نِعْمَةً مِنَّا قالَ إِنَّما أُوتِيتُهُ عَلى عِلْمٍ بَلْ هِيَ فِتْنَةٌ وَلكِنَّ أَكْثَرَهُمْ لَا يَعْلَمُونَ (٤٩) قَدْ قالَهَا الَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ فَما أَغْنى عَنْهُمْ مَا كانُوا يَكْسِبُونَ (٥٠) فَأَصابَهُمْ سَيِّئاتُ مَا كَسَبُوا وَالَّذِينَ ظَلَمُوا مِنْ هؤُلاءِ سَيُصِيبُهُمْ سَيِّئاتُ مَا كَسَبُوا وَما هُمْ بِمُعْجِزِينَ (٥١) أَوَلَمْ يَعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ يَبْسُطُ الرِّزْقَ لِمَنْ يَشاءُ وَيَقْدِرُ إِنَّ فِي ذلِكَ لَآياتٍ لِقَوْمٍ يُؤْمِنُونَ (٥٢) قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَإِذا مَسَّ الْإِنْسانَ ضُرٌّ دَعانا" قِيلَ: إِنَّهَا نَزَلَتْ فِي حُذَيْفَةَ بْنِ الْمُغِيرَةِ. " ثُمَّ إِذا خَوَّلْناهُ نِعْمَةً مِنَّا قالَ إِنَّما أُوتِيتُهُ عَلى عِلْمٍ" قَالَ قَتَادَةُ: " عَلى عِلْمٍ" عِنْدِي بِوُجُوهِ الْمَكَاسِبِ، وَعَنْهُ أَيْضًا " عَلى عِلْمٍ" على خير عندي قيل: " عَلى عِلْمٍ" أَيْ عَلَى عِلْمٍ مِنَ اللَّهِ بِفَضْلِي. وَقَالَ الْحَسَنُ: " عَلى عِلْمٍ" أَيْ بِعِلْمٍ عَلَّمَنِي اللَّهُ إِيَّاهُ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى أَنَّهُ قَالَ قَدْ عَلِمْتُ أَنِّي إِذَا أُوتِيتُ هَذَا فِي الدُّنْيَا أَنَّ لِي عِنْدَ اللَّهِ مَنْزِلَةً، " فَقَالَ اللَّهُ:" بَلْ هِيَ فِتْنَةٌ " أَيْ بَلِ النِّعَمُ الَّتِي أُوتِيتَهَا فِتْنَةٌ تُخْتَبَرُ بِهَا. قَالَ الْفَرَّاءُ: أَنَّثَ" هِيَ " لِتَأْنِيثِ الْفِتْنَةِ، وَلَوْ كَانَ بَلْ هُوَ فِتْنَةٌ لَجَازَ. النَّحَّاسُ: التَّقْدِيرُ بَلْ أَعْطَيْتُهُ فِتْنَةً." وَلكِنَّ أَكْثَرَهُمْ لَا يَعْلَمُونَ " أَيْ لَا يَعْلَمُونَ أَنَّ إِعْطَاءَهُمُ الْمَالَ اخْتِبَارٌ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " قَدْ قالَهَا " أُنِّثَ عَلَى تَأْنِيثِ الْكَلِمَةِ." الَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ " يَعْنِي الْكُفَّارَ قَبْلَهُمْ كَقَارُونَ وَغَيْرِهِ حَيْثُ قَالَ:" إِنَّما أُوتِيتُهُ عَلى عِلْمٍ عِنْدِي "." فَما أَغْنى عَنْهُمْ مَا كانُوا يَكْسِبُونَ "" مَا" لِلْجَحْدِ أَيْ لَمْ تُغْنِ عَنْهُمْ أَمْوَالَهُمْ وَلَا أَوْلَادَهُمْ مِنْ عَذَابِ اللَّهِ شَيْئًا. وَقِيلَ:

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