Al-Jawni rapporte : « Moïse – sur lui la paix – exhorta un jour les Enfants d’Israël. Là-dessus, un homme, saisi d’émotion, déchira sa tunique. Allah révéla alors à Moïse : “Dis à celui qui a déchiré son vêtement de ne pas le faire, car Je n’aime pas les gaspilleurs ; qu’il ouvre plutôt son cœur pour Moi.” »
Zayd ibn Aslam dit : « Ubayy ibn Kaʿb récita (le Coran) auprès du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – en présence de ses Compagnons. Tous furent touchés et se mirent à pleurer, et le Prophète – paix et salut sur lui – déclara : “Profitez de l’invocation lorsque les cœurs sont attendris, car c’est là une miséricorde.” »
D’après al-ʿAbbâs, le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Lorsque la peau du croyant se hérisse de crainte envers Allah, ses péchés tombent de lui comme tombent les feuilles d’un arbre desséché. »
Ibn ʿAbbâs rapporte que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit : « Il n’est pas de serviteur dont la peau frissonne par crainte d’Allah sans qu’Allah ne l’interdise au Feu. »
Shahr ibn Ḥawshab rapporte d’Umm ad-Dardâʾ qu’elle disait : « La crainte (al-wajal) dans le cœur de l’homme est pareille à l’embrasement d’une palme desséchée. N’éprouves-tu qu’un simple frisson ? » Je répondis : « Si. » Elle dit alors : « Invoque Allah, car la supplication à ce moment-là est exaucée. »
Thâbit al-Bunânî raconte : « Un homme affirma : “Je sais quand mon invocation est exaucée.” On lui demanda : “D’où le sais-tu ?” Il répondit : “Lorsque ma peau se hérisse, que mon cœur tremble et que mes yeux débordent de larmes ; c’est alors que mon invocation est exaucée.” »
On dit en arabe : « La peau de l’homme s’est hérissée (iqshaʿarra) » ; le participe est « muqshaʿirr », et le pluriel « qashâʿir », la lettre mîm étant retranchée car ajoutée ; on dit aussi : « Il fut saisi d’un frisson (qushaʿrîrah). »
Le poète Imruʾ al-Qays a dit :
« J’ai passé la plus longue nuit d’hiver à lutter,
Et mon cœur, par crainte, était tout frissonnant. »
On a également dit : « Parce que le Coran atteint le summum de l’éloquence et de la magnificence, lorsque les hommes constataient leur incapacité à lui opposer quoi que ce soit, leurs peaux se hérissaient devant lui, magnifiant sa grandeur, s’émerveillant de l’harmonie parfaite de ses mots et redoutant ce qu’il renferme. » Ceci rejoint la parole du Très-Haut : « Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne, tu l’aurais vue s’humilier et se fendre sous la crainte d’Allah. » (Al-Ḥashr, 21) – la fissuration (taṣadduʿ) y est proche du frisson (iqshiʿrâr), et l’humilité (khushûʿ) se rapproche de Sa parole : « Puis leurs peaux et leurs cœurs s’adoucissent au rappel d’Allah. »
La douceur du cœur signifie sa sensibilité, sa quiétude et son apaisement.
« Voilà la guidance d’Allah » : c’est-à-dire que le Coran est la guidance qu’Allah accorde. D’autres ont dit : « Ce qu’Allah a octroyé à ces gens, à savoir la crainte de Son châtiment et l’espoir de Sa récompense, constitue la guidance d’Allah. »
« Et quiconque Allah égare n’a point de guide » : c’est-à-dire celui qu’Il abandonne n’aura personne pour le diriger. Ce verset réfute les Qadarites et autres. Tout cela a déjà été exposé en détail ailleurs – qu’Allah soit loué.
Ibn Kathîr et Ibn Muḥayṣin ont marqué une pause sur le mot « hâdî » – aux deux occurrences – en le prononçant avec la lettre yâʾ, tandis que les autres lecteurs s’en sont abstenus.