Ses Compagnons et son peuple. – Il en est ainsi de Sa parole :
« Quel discours, après celui-là, croiront-ils donc ? »,
et de Sa parole :
« Est-ce donc de ce discours que vous vous étonnez ? »,
et de Sa parole :
« Laisse-Moi donc avec celui qui dément ce discours. »
(Sourate al-Qalam, v. 44)
Al-Qushayrî dit : certains ont imaginé que le terme ḥadîth provient de l’idée de ḥudûth (survenance), en concluant que la Parole d’Allâh serait créée ; c’est une illusion, car ici le mot ḥadîth n’a pas le même sens que dans Sa parole :
« Il ne leur vient aucun rappel de leur Seigneur qui soit nouveau… »,
la « nouveauté » ne se rapportant qu’à la récitation et non au Texte révélé, tout comme le dhikr se distingue de Celui qui est mentionné lorsque nous énonçons les Noms du Seigneur, — exalté soit-Il.
Le mot « kitâban » est à l’accusatif, en apposition à « ahsana l-ḥadîth » ; on peut aussi y voir un état.
« Mutashâbihan » : dont chaque partie ressemble à l’autre par la beauté et la sagesse, chacune confirmant l’autre, sans contradiction ni divergence.
Qatâdah dit : « Ses versets et ses lettres se ressemblent mutuellement. »
D’autres ont dit : « Il ressemble aux Livres qu’Allâh a fait descendre sur Ses prophètes par les ordres, interdictions, exhortations et mises en garde qu’il renferme, bien qu’il soit plus général et plus inimitable encore. »
Il le décrit ensuite en disant :
« Mathânî » : les récits, exhortations et prescriptions y sont répétés ; il est également répété à la récitation, de sorte qu’on ne s’en lasse jamais.
« Taqshaʿirru » : les peaux frémissent et se contractent de crainte devant les menaces qu’il renferme.
« Puis leurs peaux et leurs cœurs s’adoucissent au rappel d’Allâh » : c’est-à-dire à la mention des versets de miséricorde.
On a dit aussi : à la mise en pratique du Livre d’Allâh et à la foi en lui.
On a dit encore : « au rappel d’Allâh » désigne l’Islâm.
Deuxième point.
D’après Asmâ’ bint Abî Bakr aṣ-Ṣiddîq – qu’Allâh les agrée, elle et son père – elle dit : « Les Compagnons du Prophète – paix et bénédiction d’Allâh sur lui –, lorsqu’on leur récitait le Coran, tels que Dieu les a décrits, leurs yeux se remplissaient de larmes et leurs peaux frémissaient. »
On lui dit : « Des gens, aujourd’hui, lorsqu’on leur récite le Coran, l’un d’eux tombe évanoui. »
Elle répondit : « Je cherche protection auprès d’Allâh contre Satan le réprouvé. »
Saʿîd ibn ʿAbd ar-Raḥmân al-Jumaḥî rapporte : Ibn ʿUmar passa devant un homme des gens du Coran, étendu à terre. Il demanda : « Qu’a donc cet homme ? » On répondit : « Lorsqu’on lui récite le Coran et qu’il entend la mention d’Allâh, il s’effondre. » Ibn ʿUmar dit : « Nous, nous craignons Allâh et pourtant nous ne tombons pas. » Puis il ajouta : « Le Diable pénètre dans l’un d’eux ; cela n’était pas la pratique des Compagnons de Muḥammad – paix et bénédiction d’Allâh sur lui. »
ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz dit : On mentionna devant Ibn Sîrîn ceux qui sont pris de convulsions lorsque le Coran leur est récité. Il dit : « Qu’une chose nous départage : que l’un d’eux s’asseye sur le faîte d’une maison, les jambes pendantes, puis qu’on lui récite le Coran du début à la fin ; s’il se jette alors lui-même, il est véridique. »
Et Abû ʿImrân dit