« Seuls les endurants recevront leur pleine récompense, sans aucune mesure. »
Le terme « ṣâbir » (endurant) est un éloge ; toutefois, il ne convient proprement qu’à celui qui s’abstient des péchés. Si l’on veut parler de quelqu’un qui supporte une épreuve, on dira : « ṣâbirun ‘alâ kadhâ » (endurant face à telle chose), selon an-Naḥḥâs. — L’explication détaillée en a déjà été donnée dans la sourate « al-Baqarah ».
Sourate az-Zumar (39), versets 11 à 16
11. Dis : « Il m’a été ordonné d’adorer Allah en Lui vouant exclusivement le culte. »
12. « Et il m’a été ordonné d’être le premier des soumis (musulmans). »
13. Dis : « Je crains, si je désobéis à mon Seigneur, le châtiment d’un Jour terrible. »
14. Dis : « C’est Allah que j’adore, en Lui vouant sincèrement ma religion. »
15. « Adorez donc, en dehors de Lui, ce que vous voulez. » Dis : « En vérité, les perdants sont ceux qui, au Jour de la Résurrection, auront perdu leur propre personne et leur famille ; oui, telle est la perte manifeste. »
16. Au-dessus d’eux, des nappes de feu, et au-dessous d’eux, d’autres nappes ; c’est ainsi qu’Allah fait peur à Ses serviteurs. – Ô Mes serviteurs, craignez-Moi donc !
Parole du Très-Haut : « Dis : “Il m’a été ordonné d’adorer Allah en Lui vouant exclusivement la religion.” » – Cette injonction a déjà été mentionnée au début de la sourate.
« Et il m’a été ordonné d’être le premier des musulmans » : c’est-à-dire le premier de cette communauté, et tel fut bien le cas ; car il fut le premier à s’opposer à la religion de ses ancêtres, à ôter et briser les idoles, à se soumettre à Allah, à croire en Lui et à appeler vers Lui – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui.
La particule lâm dans « li-an akûna » est, selon al-Jurjânî et d’autres, une lâm supplémentaire (de liaison). D’autres la considèrent comme une lâm exprimant la finalité. Il y a dans la phrase une ellipse : « Il m’a été ordonné d’adorer [Allah] afin que je sois le premier des musulmans. »
Il – le Prophète – vise par là le châtiment du Jour de la Résurrection ; il prononça ces paroles lorsque son peuple l’invita à la religion de ses pères.
Abû Ḥamzah ath-Thumâlî et Ibn al-Musayyib, entre autres, ont dit : ce verset est abrogé par la parole du Très-Haut : « Afin qu’Allah te pardonne tes fautes passées et futures » (al-Fatḥ, 2) ; ce verset fut donc révélé avant que les fautes du Prophète – paix et salut sur lui – ne soient pardonnées.