Allah, Très-Haut, a dit :
« Et ils diront : “Louange à Allah qui a tenu Sa promesse à notre égard et nous a fait hériter la terre ; nous nous installons au Paradis où bon nous semble.” »
(Sourate Az-Zumar, v. 74)
L’explication première – et la plus évidente – est qu’il s’agit là d’un ordre d’émigrer, c’est-à-dire : quittez La Mecque pour un endroit où vous serez en sécurité.
Al-Mâwardî a dit : Il est possible que l’expression « l’immensité de la terre » renvoie à l’abondance de subsistance, car c’est de la terre qu’Allah leur accorde leur provision ; son sens serait alors : « La subsistance d’Allah est vaste ». Cela paraît plus conforme au contexte, car Il a mentionné Son immensité à titre de bienfait.
Je dis : le verset constitue donc une preuve qu’il est permis de se déplacer d’une contrée au coût de la vie élevé vers une contrée moins onéreuse, comme l’a déclaré Sufyân ath-Thawrî : « Installe-toi dans un lieu où tu peux remplir ton sac de pain pour un seul dirham. »
« Ceux qui sont patients seront rétribués sans compter », c’est-à-dire sans limite fixée.
On a dit : leur récompense sera augmentée, car si elle était strictement proportionnelle à leurs œuvres, elle relèverait d’un compte.
Et l’on a dit : « sans compte » signifie sans contrôle ni revendication, contrairement aux bienfaits de ce bas-monde qui font l’objet d’un compte. Ici, les « patients » désignent les jeûneurs ; la preuve en est la parole du Prophète — paix et bénédictions sur lui — rapportant les Paroles d’Allah — Puissant et Majestueux : « Le jeûne M’appartient et c’est Moi qui en donne la récompense. » Les savants ont dit : toute rétribution est mesurée au moyen d’un boisseau ou d’une balance, sauf celle du jeûne : elle est versée à pleines mains et puisée à grands seaux — cela a été rapporté d’Ali, qu’Allah l’agrée.
Mâlik ibn Anas, au sujet du verset « Ceux qui sont patients seront rétribués sans compter », a dit : il s’agit de la patience face aux calamités et aux peines de ce monde. Il ne fait aucun doute que quiconque se soumet à ce qui l’atteint et s’abstient de ce qui lui est interdit, sa récompense est sans limite.
Qatâdah a dit : « Par Allah, il n’y aura là ni mesure ni balance. »
Anas rapporte que le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — a dit :
« Les balances seront dressées ; on amènera les gens de l’aumône et l’on leur remettra leurs salaires selon les balances, ainsi que pour la prière et le pèlerinage. Puis on amènera les gens éprouvés : il ne leur sera dressé ni balance ni ouvert registre ; leur rétribution leur sera versée sans compte. Allah, Très-Haut, a dit : “Ceux qui sont patients seront rétribués sans compter”, au point que les gens qui vécurent dans l’aisance en ce bas-monde souhaiteront que leurs corps eussent été découpés par les cisailles, en voyant le mérite dont jouiront les éprouvés. »
D’après Al-Husayn ibn ‘Alî — qu’Allah les agrée tous deux —, il a dit : J’ai entendu mon grand-père, le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — dire :
« Accomplis les obligations, tu seras parmi les plus dévots des gens ; contente-toi de ce qu’Allah t’accorde, tu seras parmi les plus riches des gens. Ô mon fils ! Au Paradis se trouve un arbre appelé “l’Arbre de l’Épreuve” ; on amènera les gens éprouvés, il ne leur sera dressé ni balance ni ouvert registre ; leur rétribution leur sera versée en abondance. »
Puis le Prophète — paix et bénédictions sur lui — récita le verset.