Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Ou bien… »
Le sens est : « Les pécheurs évoqués précédemment sont-ils meilleurs, ou bien celui qui est dévot ? »
« Ou bien celui qui est qânit… »
La proposition qui devait suivre le terme de comparaison « am » est sous-entendue ; à l’origine on lisait « am man », mais la lettre nûn a été assimilée à la mîm.

An-Naḥḥâs explique : « am » a la valeur de « bel» (mais plutôt), et « man » signifie « celui qui ». Ainsi l’estimation est : « Celui qui est qânit est-il meilleur que celui qui vient d’être mentionné ? »

Le terme « qânit » possède quatre acceptions :

  1. l’obéissant, selon Ibn Masʿûd ;
  2. celui qui fait preuve d’humilité dans sa prière, selon Ibn Shihâb ;
  3. celui qui se tient longuement debout en prière, selon Yaḥyâ b. Sallâm ;
  4. celui qui invoque son Seigneur. L’explication d’Ibn Masʿûd englobe l’ensemble de ces significations.

Il a été rapporté du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui — qu’il a dit : « Tout “qunut” mentionné dans le Coran signifie obéissance à Allâh — Exalté soit-Il. »

Il est rapporté de Jâbir que le Prophète — qu’Allâh le couvre d’éloges et de paix — fut interrogé : « Quelle est la meilleure des prières ? » Il répondit : « La prière au long qunût (qiyâm). » Nombre de savants ont interprété cela comme la prolongation de la station debout.

ʿAbdullâh transmit de Nāfiʿ, d’après Ibn ʿUmar, qu’interrogé au sujet du qunût il répondit : « Je ne connais du qunût que la station prolongée et la récitation du Coran. »

Mujâhid a dit : « Relèvent du qunût la prolongation de l’inclinaison (rukûʿ) et le fait de baisser le regard. » Les savants, lorsqu’ils se tenaient en prière, baissaient les yeux, se montraient humbles, ne se retournaient pas, ne s’agitaient pas et ne faisaient aucune mention des affaires de ce bas-monde, sauf par inadvertance.

An-Naḥḥâs conclut : « Le fondement du terme qunût est l’obéissance ; tout ce qui en a été dit revient à l’obéissance envers Allâh — Exalté soit-Il. » Ainsi toutes ces pratiques, et bien d’autres, entrent dans l’obéissance. Nāfiʿ rapporte qu’Ibn ʿUmar lui dit un jour : « Lève-toi et prie. » Je me levai vêtu d’un habit usé. Il me rappela et me dit : « Vois-tu ! Si je t’envoyais accomplir une mission, partirais-tu ainsi ? » Je répondis : « Je me serais certainement apprêté. » Il me dit alors : « Allâh est plus digne que tu te parais pour Lui. »

Les avis divergent quant à l’identité du « qânit » évoqué ici : Yaḥyâ b. Sallâm dit qu’il s’agit de l’Envoyé d’Allâh — paix et salut sur lui ; selon une version rapportée par Ḍaḥḥâk d’après Ibn ʿAbbâs, il s’agit d’Abû Bakr et ʿUmar — qu’Allâh les agrée ; Ibn ʿUmar voit en lui ʿUthmân — qu’Allâh l’agrée ; Muqâtil affirme que c’est ʿAmmâr b. Yâsir ; al-Kalbî cite Ṣuhayb, Abû Dharr et Ibn Masʿûd ; al-Kalbî rapporte aussi qu’il faut comprendre ce verset d’une manière générale pour quiconque se trouve dans cet état.

« Anâ’ al-layl » : al-Ḥasan dit : « Ce sont les heures de la nuit : son début, son milieu et sa fin. » Ibn ʿAbbâs dit : « C’est le cœur de la nuit. » Il disait encore : « Quiconque souhaite qu’Allâh lui facilite la station au Jour de la Résurrection, qu’Il le voie, dans l’obscurité de la nuit, prosterné et debout, craignant l’Au-delà et espérant la miséricorde de son Seigneur. » D’autres ont dit : « (Anâ’ al-layl) désigne l’intervalle entre le maghrib et le ʿishâ’. » La parole d’al-Ḥasan reste d’ordre général.

« Il craint l’Au-delà » : Saʿîd b. Jubayr dit : « c’est-à-dire le châtiment de l’Au-delà. »
« … et il espère la miséricorde de son Seigneur » : c’est-à-dire

" أَمَّنْ" فَالْمَعْنَى الْعَاصُونَ الْمُتَقَدِّمُ ذِكْرُهُمْ خَيْرٌ " أَمَّنْ هُوَ قانِتٌ" فَالْجُمْلَةُ الَّتِي عَادَلَتْ أَمْ مَحْذُوفَةٌ، وَالْأَصْلُ أَمْ مَنْ فَأُدْغِمَتْ فِي الْمِيمِ. النَّحَّاسُ: وَأَمْ بِمَعْنَى بَلْ، وَمَنْ بِمَعْنَى الَّذِي، وَالتَّقْدِيرُ: أَمِ الَّذِي هُوَ قَانِتٌ أَفْضَلُ مِمَّنْ ذُكِرَ. وَفِي قَانِتٍ أَرْبَعَةُ أَوْجُهٍ: أَحَدُهَا أَنَّهُ الْمُطِيعُ، قَالَهُ ابْنُ مَسْعُودٍ. الثَّانِي أَنَّهُ الْخَاشِعُ فِي صَلَاتِهِ، قَالَهُ ابْنُ شِهَابٍ. الثَّالِثُ أَنَّهُ الْقَائِمُ في صلاته، قاله يحيى ابن سَلَّامٍ. الرَّابِعُ أَنَّهُ الدَّاعِي لِرَبِّهِ. وَقَوْلُ ابْنِ مَسْعُودٍ يَجْمَعُ ذَلِكَ. وَقَدْ رُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ: " كُلُّ قُنُوتٍ فِي الْقُرْآنِ فَهُوَ طَاعَةٌ لِلَّهِ عَزَّ وَجَلَّ" وَرُوِيَ عَنْ جَابِرٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ سُئِلَ أَيُّ الصَّلَاةِ أَفْضَلُ؟ فَقَالَ: " طُولُ الْقُنُوتِ" وَتَأَوَّلَهُ جَمَاعَةٌ مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ عَلَى أَنَّهُ طُولُ الْقِيَامِ. وَرَوَى عَبْدُ اللَّهِ عَنْ نَافِعٍ عَنِ ابْنِ عُمَرَ سُئِلَ عَنِ الْقُنُوتِ فَقَالَ: مَا أَعْرِفُ الْقُنُوتَ إِلَّا طُولَ الْقِيَامِ، وَقِرَاءَةَ الْقُرْآنِ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: مِنَ الْقُنُوتِ طُولُ الرُّكُوعِ وَغَضُّ الْبَصَرِ. وَكَانَ الْعُلَمَاءُ إِذَا وَقَفُوا فِي الصَّلَاةِ غَضُّوا أَبْصَارَهُمْ، وَخَضَعُوا وَلَمْ يَلْتَفِتُوا فِي صَلَاتِهِمْ، وَلَمْ يَعْبَثُوا وَلَمْ يَذْكُرُوا شَيْئًا مِنْ أَمْرِ الدُّنْيَا إِلَّا نَاسِينَ. قَالَ النَّحَّاسُ: أَصْلُ هَذَا أَنَّ الْقُنُوتَ الطَّاعَةُ، فَكُلُّ مَا قِيلَ فِيهِ فَهُوَ طَاعَةٌ لِلَّهِ عَزَّ وَجَلَّ، فَهَذِهِ الْأَشْيَاءُ كُلُّهَا دَاخِلَةٌ فِي الطَّاعَةِ وَمَا هُوَ أَكْثَرُ مِنْهَا كَمَا قَالَ نَافِعٌ: قَالَ لِيَ ابْنُ عُمَرَ قُمْ فَصَلِّ فَقُمْتُ أُصَلِّي وَكَانَ عَلَيَّ ثَوْبٌ خَلِقٌ، فَدَعَانِي فَقَالَ لِي: أَرَأَيْتَ لَوْ وَجَّهْتُكَ فِي حَاجَةٍ أَكُنْتَ تَمْضِي هَكَذَا؟ فَقُلْتُ: كُنْتُ أَتَزَيَّنُ قَالَ: فَاللَّهُ أَحَقُّ أَنْ تَتَزَيَّنَ لَهُ. وَاخْتُلِفَ في تعيين القانت ها هنا، فَذَكَرَ يَحْيَى بْنُ سَلَّامٍ أَنَّهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ فِي رِوَايَةِ الضَّحَّاكِ عَنْهُ: هُوَ أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا. وَقَالَ ابْنُ عُمَرَ: هُوَ عُثْمَانُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: إِنَّهُ عَمَّارُ بْنُ يَاسِرٍ. الْكَلْبِيُّ: صُهَيْبٌ وَأَبُو ذَرٍّ وَابْنُ مَسْعُودٍ. وَعَنِ الْكَلْبِيِّ أَيْضًا أَنَّهُ مُرْسَلٌ فِيمَنْ كَانَ عَلَى هَذِهِ الْحَالِ. " آناءَ اللَّيْلِ" قَالَ الْحَسَنُ: سَاعَاتُهُ، أَوَّلُهُ وَأَوْسَطُهُ وَآخِرُهُ. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: " آناءَ اللَّيْلِ" جَوْفُ اللَّيْلِ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: مَنْ أَحَبَّ أَنْ يُهَوِّنَ اللَّهُ عَلَيْهِ الْوُقُوفَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ، فَلْيَرَهُ اللَّهُ فِي ظُلْمَةِ اللَّيْلِ سَاجِدًا وَقَائِمًا يَحْذَرُ الْآخِرَةَ، وَيَرْجُو رَحْمَةَ رَبِّهِ. وَقِيلَ: مَا بَيْنَ الْمَغْرِبِ وَالْعِشَاءِ. وَقَوْلُ الْحَسَنِ عَامٌّ. " يَحْذَرُ الْآخِرَةَ" قَالَ سعيد بن جبير: أي عذاب الآخرة. " وَيَرْجُوا رَحْمَةَ رَبِّهِ" أَيْ

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