« Paroles du Très-Haut :
“Nous avons certes fait descendre vers toi le Livre en toute vérité.”
Autrement dit : il s’agit bien de la Révélation du Livre provenant d’Allah ; Nous l’avons révélé en toute vérité, c’est-à-dire avec véracité, sans fausseté ni frivolité.
“Adore donc Allah, en Lui vouant un culte exclusif.”
« En Lui vouant un culte exclusif (mukhliṣan) » comporte deux points.
- « Mukhliṣan » est à l’accusatif de circonstance, c’est-à-dire : en unifiant (Allah) sans rien Lui associer.
« Pour Lui la dîn » signifie l’obéissance ; d’autres disent : l’adoration, et il serait alors complément d’objet.
“Certes, à Allah appartient la religion pure” : autrement dit, celle que n’altère aucune souillure.
D’après le ḥadith rapporté par al-Ḥasan, de Abû Hurayra : un homme dit : « Ô Messager d’Allah, je fais l’aumône d’un bien, et j’accomplis une action désirant par là le Visage d’Allah ainsi que les louanges des gens. » Le Messager d’Allah — que la paix et le salut soient sur lui — répondit : « Par Celui qui détient l’âme de Muḥammad en Sa main, Allah n’accepte rien dans lequel on Lui associe quiconque. » Puis le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — récita : « Certes, à Allah appartient la religion pure. »
Cette signification a déjà été exposée en détail dans al-Baqarah¹, an-Nisâ’² et al-Kahf³.
- Ibn al-‘Arabî dit : « Ce verset est une preuve de l’obligation de l’intention dans toute action, et la plus importante est l’ablution, qui constitue la moitié de la foi, contrairement à Abû Ḥanîfa et à al-Walîd b. Muslim d’après Mâlik, qui affirment que l’ablution suffit sans intention ; or, il ne saurait être la moitié de la foi ni extirper les fautes d’entre les ongles et les cheveux sans intention. »
Paroles du Très-Haut :
“Et ceux qui ont pris, en dehors de Lui, des protecteurs”
a savoir les idoles — le prédicat est sous-entendu : (ils ont dit) :
“Nous ne les adorons que pour qu’elles nous rapprochent d’Allah, d’un rapprochement (zulfa).”
Qatâda dit : lorsqu’on leur demandait : « Qui est votre Seigneur et votre Créateur ? Qui a créé les cieux et la terre et fait descendre l’eau du ciel ? » ils répondaient : « Allah. » On leur disait alors : « Quel sens y a-t-il donc à votre adoration des idoles ? » Ils disaient : « Elles ne font que nous rapprocher d’Allah (zulfa) et intercéder pour nous auprès de Lui. »
Al-Kalbî dit : la réponse à cette parole se trouve dans al-Aḥqâf : « Pourquoi donc ceux qu’ils avaient pris pour divinités afin d’être rapprochés (de Lui) ne les ont-ils pas secourus ? » [al-Aḥqâf : 28].
Le terme « zulfa » signifie proximité, c’est-à-dire : pour qu’elles nous fassent parvenir auprès de Lui ; le mot est ici employé à la place du nom verbal.
Dans la lecture d’Ibn Mas‘ûd, d’Ibn ‘Abbâs et de Mujâhid : « Et ceux qui ont pris, en dehors de Lui, des protecteurs ont dit : “Nous ne les adorons que pour qu’elles nous rapprochent d’Allah.” »
(Notes : ¹Tome 3, p. 307 ; ²tome 5, p. 425 ; ³tome 11, p. 69 sqq.)