Quiconque est interrogé sur ce qu’il ne sait pas, qu’il dise : « Je ne sais pas » et qu’il ne s’aventure pas à parler à tort et à travers, car le fait de dire « Je ne sais pas » est déjà une science.
Allah – le Très-Haut, le Tout-Puissant – a dit à Son Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – :
« Dis : « Je ne vous réclame pour cela aucun salaire et je ne suis pas de ceux qui se forcent (à inventer). » »
Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :
« Le prétentieux se reconnaît à trois signes : il conteste celui qui lui est supérieur, convoite ce qui lui est inaccessible et parle de ce qu’il ignore. »
Ad-Dâraqutnî a rapporté, d’après Nâfiʿ, d’après Ibn ʿUmar :
Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – entreprit un de ses voyages. Il marcha de nuit et passa auprès d’un homme assis auprès de son bassin d’eau (maqrāʾa).
ʿUmar lui dit : « Ô propriétaire du bassin, les bêtes sauvages ont-elles, cette nuit, lapé dans ton bassin ? »
Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit alors : « Ô propriétaire du bassin, ne lui réponds pas ; cet homme est porté à l’affectation. Ce qui se trouve dans leurs ventres leur appartient, et pour nous reste ce qu’il y a au-dessus : une eau bonne à boire et à se purifier. »
Dans le Muwaṭṭaʾ, Yahyâ b. ʿAbd ar-Raḥmân b. Ḥâṭib rapporte :
ʿUmar b. al-Khaṭṭâb partit en compagnie d’un groupe dans lequel se trouvait ʿAmr b. al-ʿÂṣ, jusqu’à ce qu’ils parvinssent à un bassin.
ʿAmr b. al-ʿÂṣ dit : « Ô propriétaire du bassin, les bêtes sauvages viennent-elles s’abreuver à ton bassin ? »
ʿUmar répliqua : « Ô propriétaire du bassin, ne nous en informe pas ; nous venons à l’eau après les bêtes et elles viennent après nous. » (La question des eaux a déjà été traitée dans l’explication de la sourate al-Furqân.)
« Il (le Coran) n’est qu’un Rappel destiné aux mondes » – c’est-à-dire aux djinns et aux hommes.
« Vous en connaîtrez certes la nouvelle d’ici quelque temps. » Autrement dit, vous saurez bientôt que ce Rappel, le Coran, est vérité.
Quant à l’expression « d’ici quelque temps » :
– Qatâda dit : après la mort ;
– az-Zajjâj l’a rapporté ainsi.
– Ibn ʿAbbâs, ʿIkrima et Ibn Zayd disent : le Jour de la Résurrection.
– al-Far râʾ dit : après la mort et avant la mort.
C’est-à-dire : la réalité de ce que je vous dis se manifestera à vous « d’ici quelque temps », c’est-à-dire dans l’avenir, lorsque les sabres des musulmans vous atteindront.
As-Suddî a dit : il s’agit du jour de Badr.
Al-Ḥasan disait : « Ô fils d’Adam, l’heure de la mort t’apportera la certitude de la nouvelle. »
On demanda à ʿIkrima au sujet de quelqu’un qui a juré d’accomplir telle chose « d’ici quelque temps ». Il répondit : « Parmi les “temps” (Ḥîn) il en est que l’on n’atteindra jamais, comme dans la parole d’Allah : “Vous en connaîtrez certes la nouvelle d’ici quelque temps”, et il en est d’autres que l’on peut atteindre, tels que Ses paroles : “Elle donne son fruit en toute saison, par la permission de son Seigneur” (Ibrâhîm, 25) : depuis la cueillette des dattes jusqu’à leur arrivée à maturité, il y a six mois. »
Cette question a déjà été exposée dans la sourate al-Baqarah et dans la sourate Ibrâhîm – et toute louange appartient à Allah.