« [As-Sajda : 3] et ce qui lui est analogue. Quant à ceux qui posent la question, la particule ʾam se trouve ici à la place de la hamza interrogative ; il s’agit d’une formule d’affirmation et de réprimande : t’es-tu donc enorgueilli de toi-même lorsque tu as refusé de te prosterner devant Adam, ou bien appartenais-tu à ceux qui, de nature, se montrent arrogants, si bien que tu t’es enflé d’orgueil pour cela ?
Parole du Très-Haut :
« Il dit : “Je suis meilleur que lui.” »
Al-Farrâʾ rapporte que certains Arabes disent : « Je suis akhyar (plus meilleur) que lui » ou « asharr (plus mauvais) que lui » ; telle est la forme originelle, mais l’usage fréquent a entraîné la suppression de la voyelle.
« Tu m’as créé de feu, et Tu l’as créé d’argile. »
Iblîs plaça le feu au-dessus de l’argile ; c’est là ignorance de sa part, car les substances sont, en soi, de même nature ; il fit donc une analogie erronée, point déjà éclairci dans la sourate al-Aʿrâf.
« Il dit : “Sors-en !”, c’est-à-dire du Paradis ;
“car, en vérité, tu es lapidé”, voué à être atteint par les astres et les bolides ;
“et Ma malédiction pèse sur toi”, c’est-à-dire Mon expulsion et Mon éloignement de Ma miséricorde,
“jusqu’au Jour de la Rétribution.” »
Cette formule montre qu’il persistera dans la mécréance, car la malédiction cessera alors ; une fois précipité dans le Feu, la réalité de la malédiction apparaîtra.
« Il dit : “Seigneur ! Accorde-moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités.” »
Le maudit voulut ne pas mourir ; sa requête ne fut pas exaucée : on ne fit que le repousser à un terme déterminé, le jour où toute créature mourra ; on le renvoya à cette échéance par mépris à son égard.
« Il dit : “Par Ta puissance, certes je les égarerai tous,
— sauf Tes serviteurs, parmi eux, que Tu as voués à la sincérité.” »
Chassé à cause d’Adam, il jura par la puissance d’Allah qu’il détournerait les fils d’Adam, en enjolivant les passions et en jetant le doute dans leurs cœurs.
Le sens de « je les égarerai » est : je les inciterai à la désobéissance, tout en sachant qu’il ne peut qu’insuffler des suggestions, et qu’il ne corrompt que celui qui, de toute manière, n’aurait pas été droit sans ces suggestions. C’est pourquoi il dit : « sauf Tes serviteurs, parmi eux, qui sont sincères » : ceux que Tu as réservés à Ton adoration et protégés contre moi. Cette question a déjà été exposée dans la sourate al-Hijr.
[Ṣâd (38), versets 84-88]
« Il dit : “Et, par la vérité — et c’est la vérité que Je dis —
Je remplirai l’Enfer de toi et de tous ceux d’entre eux qui te suivront.
Dis : Je ne vous demande pour cela aucun salaire, et je ne suis pas de ceux qui se posent en prétentieux ;
ce (Coran) n’est qu’un Rappel pour les mondes ;
et vous en connaîtrez certainement la nouvelle, après quelque temps.” »
Parole du Très-Haut :
« Il dit : ‘Par la vérité — et c’est la vérité que Je dis’ »
Tel est le mode de récitation des habitants des Deux Lieux saints, des gens de Baṣra et d’al-Kisâʾî. Ibn ʿAbbâs, Mujâhid, ʿĀṣim, al-Aʿmach et Ḥamza l’ont lu en élevant le premier mot. Al-Farrâʾ le juge également recevable.