[Sourate Ṣâd (38) : versets 75 à 83]
75 – Il dit : « Ô Iblîs ! Qu’est-ce qui t’a empêché de te prosterner devant ce que J’ai créé de Mes deux mains ? T’es-tu enflé d’orgueil ou te tenais-tu parmi les êtres haut placés ? »
76 – Il répondit : « Je suis meilleur que lui : Tu m’as créé de feu, tandis que Tu l’as créé d’argile. »
77 – Il dit : « Sors d’ici, car tu es banni.
78 – Et certes, Ma malédiction est sur toi jusqu’au Jour de la Rétribution. »
79 – Il dit : « Seigneur ! Accorde-moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités. »
80 – Il répondit : « Tu es parmi ceux à qui un délai est accordé
81 – jusqu’au Jour du moment fixé. »
82 – Il dit : « Par Ta puissance, je les égarerai assurément tous,
83 – à l’exception de Tes serviteurs, parmi eux, les sincèrement dévoués. »
Paroles du Très-Haut :
« Il dit : “Ô Iblîs ! Qu’est-ce qui t’a empêché…” »
c’est-à-dire : qu’est-ce qui t’a détourné et retenu
« …de te prosterner » – de faire la prosternation –
« …devant ce que J’ai créé de Mes deux mains ». Il a attribué cette création à Lui-même par honneur pour cette créature, bien qu’Il soit le Créateur de toute chose. Il en est de même lorsqu’Il a rattaché à Lui-même l’Esprit, la Maison (la Kaʿba), la Chamelle et les mosquées. Il s’adresse aux gens selon ce qu’ils comprennent dans leurs usages : en effet, un notable parmi les créatures n’accomplit de ses propres mains qu’une action qu’il veut magnifier et ennoblir ; ainsi la mention des « mains » renvoie ici à cet aspect d’exaltation.
Mujâhid a dit : la « main » ici sert au renforcement et à l’insistance ; c’est, au sens figuré, « ce que J’ai Moi-même créé », comme Sa parole : « Et demeure le visage de ton Seigneur » (ar-Raḥmân, 27) – c’est-à-dire : demeure ton Seigneur.
D’autres ont affirmé : la comparaison établie par la “main” dans la création d’Allâh – qu’Il soit exalté – montre qu’il ne s’agit ni du bienfait, ni de la force, ni de la puissance ; ce sont plutôt deux attributs appartenant à Son Essence sublime.
On a également dit : par « main » Il entend la puissance ; l’Arabe dit : « Je n’ai pas de main sur cette affaire », ou : « Je n’ai pas deux mains pour porter ce fardeau ». Ce sens est corroboré, puisque la création n’advient que par la puissance, selon l’unanimité.
Le poète a dit :
« J’ai supporté de ‘Afrâ’ ce dont je n’ai pas la capacité…
– Même les montagnes imposantes n’ont pas deux mains. »
Il a aussi été dit : « ce que J’ai créé de Mes deux mains » signifie : ce que J’ai créé sans intermédiaire.
« T’es-tu enflé d’orgueil » : c’est-à-dire au sujet de la prosternation ;
« ou étais-tu parmi les hautains » : c’est-à-dire parmi ceux qui s’enorgueillissent vis-à-vis de leur Seigneur.
Muḥammad ibn Ṣâliḥ, rapportant de Shibl d’après Ibn Kathîr, ainsi que les gens de La Mecque, ont lu : « de Mes deux mains, t’es-tu enflé… » en reliant la hamza. La particule am devient alors disjointe, au sens de « mais », comme dans : « Ou bien disent-ils : “Il l’a forgé ?” »